Zhuang Zi

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Zhuang Zi

Le personnage

Si l'on est sûr qu'il a réellement existé, on ne sait cependant que très peu de choses sur la personne de ce philosophe taoïste chinois qui vécut à l'époque des Royaumes Combattants (IVe siècle av. J.-C.). Les « Annales Historiques » de Sima Qian rapportent qu'il était originaire de la culture méridionale de Chu qui s'épanouissait dans le bassin moyen du fleuve Bleu. Il occupa des charges administratives subalternes et refusa le poste de Premier ministre que lui offrait le Seigneur de Chu.

Il termina sa vie complètement retiré du monde menant une vie nomade proche du peuple.

L'œuvre

La pensée de Zhuangzi nous est parvenue dans un texte écrit dans une prose d'une grande qualité littéraire composé de 33 chapitres dont seuls les 7 premiers (dits chapitres internes) sont attribués avec certitude à Zhuangzi lui-même.

On présente traditionnellement Zhuangzi comme un successeur de Laozi mais certains n'hésitent pas à remettre cette conception en cause et affirment l'antériorité de Zhuangzi qui deviendrait alors de ce fait le véritable fondateur de la pensée taoïste.

Le concept central de la philosophie de Zhuangzi est le Dao (道) que l'on peut définir comme le cours de choses naturel et spontané. Zhuangzi se moque de l'homme, seul être à tenter de se détacher du Dao en imposant son action et son discours. Là se situe en effet le problème : toutes les tentatives pour discourir sur la réalité visant à acquérir les bases de la connaissance fondatrice de l'action sont vaines étant donné que le discours ne fait qu'opérer des découpages partisans de cette réalité.

La question posée par Zhuangzi est donc la suivante : si le discours n'est pas un instrument approprié permettant d'acquérir des connaissances certaines, que reste t-il à l'homme et comment doit-il envisager sa position dans l'univers ? La réponse est toute trouvée et se situe dans le non-agir (wuwei 無為) qui loin d'être synonyme de « ne rien faire » invite l'homme à se fondre dans le Dao en se débarrassant de sa volonté d'agir et de modifier le cours des choses.

Cette recherche d'une position cosmique s'incarne dans la figure du Sage qui ne s'embarrasse d'aucune question métaphysique ni d'aucun conflit d'aucune sorte. Le Saint puise directement sa force et sa vitalité dans la Dao. Libéré de toute contrainte, il n'est soumis qu'aux processus naturels et spontanés (naissance, croissance, déclin, mort) d'autant plus difficiles à accepter que la nature proprement humaine de l'homme le pousse à désirer et à vouloir influer sur sa destinée. Ce n'est que dans ce renoncement que l'homme peut espérer fusionner avec le Dao et retourner à l'origine. Il ne s'agit pas de nier l'existence du réel mais d'adopter vis-à-vis de lui une posture particulière qui consiste à essayer de s'en détacher plutôt que de chercher à l'influencer.

Le non-agir tel que le conçoit Zhuangzi est une démarche strictement individuelle, sans prétention politique, à la différence de la conception de Laozi pour qui le politique est le lieu par excellence dans lequel le non-agir doit s'exercer.

Une image connue du Zhuang Zi est l'histoire ou le sage reve qu'il est un papillon, mais en fin de compte, il se demande si ce n'est pas plutot le papillon qui reve qu'il est Zhuang Zi. Ces idees sont aussi retrouvees dans le Bouddhisme Zen Chinois.

Bibliographie


Philosophie chinoise
Figures : Confucius, Mencius, Xun Zi, Lao Zi, Zhuang Zi, Lie Zi, Mo Zi, Han Fei Zi, Ho Yen, Huainan Zi, Sunzi, Wang Bi, Zhu Xi.
Courants : Confucianisme, Taoïsme, Mohisme, Légisme, Néoconfucianisme.
Textes : classiques chinois.

See also: Zhuang Zi, Bouddhisme, Classiques chinois, Confucianisme, Confucius, Han Fei Zi, Lao Zi, Lie Zi, Légisme