Viktor Iouchtchenko

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Viktor Iouchtchenko

Viktor Andriyovitch Iouchtchenko, ou Viktor Iouchtchenko (Віктор Андрійович Ющенко) (né le 23 février 1954) est un homme politique ukrainien. C'est le Président de la République d'Ukraine depuis le 23 janvier 2005. Il a été Premier ministre de fin 1999 à 2001 et c'est le chef de la coalition politique « Notre Ukraine » (Nacha Ukrayina) depuis 2002. Il a été le principal opposant au parti politique gouvernemental, lors de l'élection présidentielle de novembre 2004, parti représenté par l'alors Premier ministre, Viktor Ianoukovitch.

Son visage est abîmé depuis peu par une forme extrême d'acné, provoquée semble-t-il par une intoxication aux dioxines conduisant certains à s'interroger sur une éventuelle tentative d'empoisonnement.

Sommaire

Biographie

Iouchtchenko est né dans un village de l'oblast de Soumy (Khoruzhivka), dans la famille d'un enseignant. Il a étudié l'économie à Ternopil' et ensuite a travaillé comme comptable rural dans l'oblast d'Ivano-Frankivs'k. En 1976, il a été embauché par la filiale de la Banque d'État de l'URSS pour l'oblast de Soumy et a ensuite été promu à une position supérieure à Kiev.

En 1993, il commença à travailler pour la nouvelle Banque nationale d'Ukraine et arriva à sa tête en 1997. À ce poste, il joua un rôle important dans la création de la monnaie ukrainienne la hryvnia, et à l'établissement d'un système de régulation moderne pour les banques commerciales.

En décembre 1999, Iouchtchenko a été nommé Premier ministre par le président Leonid Koutchma. Des progrès économiques significatifs ont eu lieu pendant le mandat de Iouchtchenko, mais des critiques disent que cela a été rendu possible par la prospérité générale et à la conjoncture économique, et très peu par son action gouvernementale. Peu après, les membres de son gouvernement (en particulier la vice-première ministre Iouliya Tymochenko) ont été impliqués dans des luttes de pouvoir avec les patrons des puissantes entreprises énergétiques du charbon et du gaz naturel. Le conflit aboutit à un vote de défiance du parlement en 2001, où le groupe du président Koutchma s'allie avec les communistes pour défaire le gouvernement en place. Iouchtchenko est alors démis de ses fonctions de premier ministre.

En 2002, Iouchtchenko devient chef de la coalition politique Notre Ukraine, qui reçoit plusieurs sièges parlementaires lors des élections de l'année. Cependant, le nombre de sièges gagnés n'est pas suffisant pour obtenir une majorité, et les efforts pour former une coalition échouent. Depuis, Iouchtchenko est resté le chef du groupe Notre Ukraine. Il est souvent considéré comme le leader de l'opposition, car les autres partis d'opposition sont moins influents et moins représentés au parlement.

Iouchtchenko est marié à Kateryna Iouchtchenko-Tchoumatchenko (sa seconde épouse). Elle est citoyenne étasunienne, née à Chicago, et sa famille est d'origine ukrainienne. Ancienne fonctionnaire du Département d'État des États-Unis, elle a été accusée par les opposants de Iouchtchenko, apparemment sans preuve, de servir d'agent d'influence du gouvernement étasunien auprès de son mari, en étant un agent en activité de la CIA.

Iouchtchenko a cinq enfants : trois filles et deux fils.

Portrait politique et élection présidentielle 2004

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Depuis la fin de son mandat de premier ministre, Iouchtchenko est devenu un leader politique charismatique et est extrêmement populaire auprès des Ukrainiens ordinaires. En 2001-2004, dans les sondages, sa popularité était bien plus élevée que celle du président de l'époque, Leonid Koutchma.

En tant qu'homme politique, Viktor Iouchtchenko est largement perçu comme un amalgame de libéralisme occidental et de nationalisme ukrainien modéré. Ses opposants (et alliés) l'ont parfois critiqué pour son indécision et son mutisme sur certains sujets, alors que ses défenseurs trouvent que ce sont là les signes de l'acceptation par Iouchtchenko du travail en équipe, du consensus, et de la négociation. Il lui est aussi souvent reproché d'être incapable de former une équipe forte et soudée qui soit exempte des querelles internes.

En 2004, à l'approche du terme du mandat du président sortant Koutchma, Iouchtchenko s'est déclaré candidat indépendant au poste de président de la république. Son principal rival était le Premier ministre Viktor Ianoukovitch.

Depuis son mandat de premier ministre, Iouchtchenko a sérieusement modernisé sa plateforme politique, en ajoutant des partenariats sociaux et d'autres idées libérales aux idées traditionnelles de l'intégration européenne, et, spécialement, combattre la corruption.

Les partisans de Iouchtchenko se sont organisés au sein la coalition électorale «Syla Narodu» ("pouvoir au peuple"), qui est conduite par Iouchtchenko et par sa nouvelle alliée politique, la très controversée, Iouliya Tymochenko ; la coalition du groupe Notre Ukraine formant la principale force constituante.

La campagne politique de Iouchtchenko a été construite sur le dialogue direct avec les électeurs, car le gouvernement a empêché la plupart des principales chaînes de télévision de donner un temps de parole équitable aux candidats. Pendant ce temps, son rival Ianoukovitch, est apparu fréquemment dans les actualités télévisées. La campagne a souvent été houleuse et virulente, avec des accusations de coups bas des deux côtés.

L'empoisonnement

Iouchtchenko est tombé sérieusement malade au début de septembre 2004 et a été expatrié pour être soigné.

Le diagnostic a été une crise aigüe du pancréas, provoqué par des changements de l'œdème intestinal provenant d'une infection virale sérieuse et de substances chimiques qui ne sont pas normalement présentes dans des produits alimentaires. En d'autres mots, il aurait été empoisonné, ce que Iouchtchenko considère comme le travail d'agents du gouvernement.

Suite à la maladie, son visage a été sévèrement défiguré, un problème évident pour un homme forcé de compter sur les rencontres personnelles pour se faire connaître des électeurs pendant la campagne. Son empoisonnement semble plus vraisemblable depuis le 11 décembre 2004 et le rapport de médecins viennois concluant (après avoir antérieurement conclu le contraire) à une intoxication à la dioxine de type Seveso. L'organisme de Iouchtchenko présentait des concentrations de dioxine mille fois supérieures à la norme.

L'élection présidentielle

Le premier tour de l'élection présidentielle a eu lieu le 31 octobre 2004, et a vu Iouchtchenko obtenir 39,87% des suffrages face à Ianoukovitch qui a obtenu 39,32%. Comme aucun candidat n'a atteint les 50% de votants nécessaires pour une victoire au premier tour, un second tour a eu lieu le 21 novembre 2004. Les observateurs internationaux, venus surveiller les élections, ont rapporté beaucoup d'irrégularités (remplacements d'urnes, destructions de bulletins, passages à tabac d'électeurs, corruptions d'électeurs, etc.) à travers le pays. D'après les sondages de sortie des urnes, il aurait gagné les élections dans les provinces du centre et de l'ouest du pays.

L'allégation de fraude électorale, combinée avec le fait que les sondages de sortie des urnes ont enregistré un résultat (une marge de 11% d'avance pour Iouchtchenko) radicalement différent du décompte officiel des suffrages (une marge de 6% d'avance pour Ianoukovitch), a provoqué le refus de Iouchtchenko et de ses partisans d'accepter les résultats. Jusqu'ici, ils ont organisé des rassemblements à travers la nation, y compris une manifestation de démonstration de masse sur la Place de l'Indépendance à Kiev, et ont mis en application à grande échelle une grève générale. Plusieurs municipalités, y compris celles de Kiev et de Lviv ont annoncé qu'elles n'accepteraient pas l'autorité d'une présidence de Ianoukovitch et cela a entraîné une protestation massive le 23 novembre 2004, devant le siège de la Verkhovna Rada.

Pendant le rassemblement, les dizaines de milliers de défenseurs de Iouchtchenko sont sortis dans les rues, malgré le froid et la neige, arborant des drapeaux oranges, la couleur de la coalition de Iouchtchenko, et acclamant son nom. À l'intérieur de la Verkhovna Rada, le chef de l'opposition a prêté symboliquement serment devant les défenseurs du parlement, criant : « bravo, Iouchtchenko! ». Ce mouvement resté très pacifique et ordonné, a été qualifié de révolution orange par les médias internationaux, en raison du rôle spectaculaire de cette couleur.

Suite à la manifestations et aux différentes preuves d'irrégularités dans l'organisation du second tour, la Cour Suprême ukrainienne a décidé d'invalider le second tour et d'organiser un troisième tour. Ce dernier eu lieu le 26 décembre, sous la surveillance de plus 12 000 observateurs internationaux (dont un important contingent de l'OSCE).

Après le décompte total des voix, la Commission centrale des élections ukrainienne a désigné comme vainqueur Victor Iouchtchenko avec 51,99% des voix, devançant ainsi Viktor Ianoukovitch qui a obtenu 44,2% des voix. L'équipe de ce dernier a annoncé qu'elle porterait plainte pour invalider le résultat suite à plusieurs irrégularités qu'elle aurait découvertes.

Après plusieurs procédures de l'équipe de Viktor Ianoukovitch visant à invalider le résultat, la Cour suprême ukrainienne a finalement rejeté toutes les demandes et a déclaré Victor Iouchtchenko vainqueur de l'élection présidentielle le 20 janvier 2005.

Ce dernier a prêté serment le 23 janvier, en présence de plusieurs représentants de gouvernements étrangers, avant d'aller fêter sa victoire avec ses supporters sur la Place de l'Indépendance à Kiev.

La présidence

Le plus dur pour Victor Iouchtchenko est de former son gouvernement d'union nationale (composé de plusieurs partis politiques), de combattre l'importante corruption qui mine le pays et de se rapprocher de l'Union européenne sans dégrader ses relations avec la Russie. Sur ce dernier point, Victor Iouchtchenko va effectuer sa première visite officielle, le 24 janvier, en Russie, de manière à montrer que malgré les différents, l'Ukraine reste tout de même très proche de la Russie.

Le 4 février, Ioulia Timochenko est élue par 373 députés (pour une majorité requise de 226 députés) comme la nouvelle Première ministre.

Andrii Iouchtchenko

Le père de Viktor Iouchtchenko, Andrii, a été soldat de l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale. Prisonnier de guerre, il a réussi à s'évader sept fois des camps de prisonniers où il fut enfermé, dont les camps de concentration de Dachau et de Buchenwald. Interné au camp d'Auschwitz de février à juillet 1944, il avait effectué des travaux forcés de construction.

Rentré dans son village de Soumy en Ukraine, il s'est marié et est devenu professeur d'anglais dans une école. Il décède en 1992.

Voir aussi

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Wikimedia Commons possède des documents multimédia sur Viktor Iouchtchenko.

Liens internes

Liens externes

See also: Viktor Iouchtchenko, 11 décembre, 1944, 1954, 1976, 1992, 1993, 1997