Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres

Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres (titre parfois abrégé en Vies des philosophes) est un ouvrage de Diogène Laërce et l'une des seules traces de nombreux philosophes grecs anciens.

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Première page de l'édition de 1594, traduction de Thomas Aldobrandini
Sommaire

Caractères généraux de l'œuvre

On trouve plusieurs titres de l'œuvre :

L'ouvrage, écrit à une date incertaine (au plus tôt au début du IIIe siècle de notre ère, peut-être bien plus tard) est une compilation des vies de philosophes, classés par école, en commençant parfois par le fondateur. Certaines parties de l'œuvre ne sont peut-être pas de Diogène, et y ont sans doute été ajoutées tardivement. Aux livres III (47) et X (29) Diogène semble s'adresser à une femme à laquelle il aurait dédicacé son œuvre.

L'œuvre relève à la fois du genre des successions (filiation des philosophes), des écoles (classement des écoles, et exposé des doctrines) et des vies. Le plan de chaque vie est globalement identique. Diogène commence par en retracer la vie, avec une abondance d'anecdotes diverses, qui retracent notamment les relations qu'il aurait eues avec les autres philosophes. La doctrine est retracée à grands traits, parfois avec quelques incohérences. Suit une liste des œuvres, les circonstances de la mort, et un épigramme composé par Diogène Laërce.

Le recueil est composé de dix livres. Les sept premiers livres suivent une tradition « ionienne » à partir de Thalès et Anaximandre. Le livre VII s'interrompt au catalogue des œuvres de Chrysippe et il manque les notices de plusieurs philosophes stoïciens. Les deux suivants sont tous à peu près des philosophes grecs de la péninsule italique (sauf Héraclite).

Le dernier, consacré à Épicure, est inhabituel. C'est l'un des plus admiratifs (sa fin est qualifiée pae Diogène de couronnement) et il contient en plus des résumés de longues Lettres qui sont l'un de nos meilleurs document sur l'épicurisme ancien, la Lettre à Hérodote, Lettre à Pythoclès et Lettre à Ménécée. Ce chapitre justifie l'hypothèse que Diogène Laërce était lui-même un épicurien ou qu'il avait du moins des sympathie pour cette école.

Plan de l'œuvre

Proémion (Introduction)

Dans l'introduction, Diogène traite de l'origine de la philosophie, annonce le plan de son ouvrage en classant les écoles philosophiques. On peut se représenter le plan voulu par Diogène par le tableau suivant (ce tableau n'est pas exhaustif, il ne donne pas tous les philosophes dont parle l'auteur, mais a pour but de faire voir la structure d'ensemble de l'œuvre) :

Philosophie ionienne (livre I à VII)Philosophie italique (Livre VIII à X)
Thalès de Milet, les sept sages (livre I)Pythagore (Livre VIII)
Anaximandre, Anaxagore, Archélaos, Socrate (livre II)Empédocle
Platon (Livre III)Xénophane (livre IX)
Speusippe (Livre IV)Aristote (Livre V)Antisthène (Livre VI)Héraclite (non italique)
XénocrateThéophrasteDiogèneParménide
PolémonStratonCratès de ThèbesMélissos
CrantorLyconHipparchiaZénon d'Élée
ArcésilasDémétrios de PhalèreZénon de Kition (livre VII)Leucippe
LacydèsHéraclideCléantheDémocrite
Carnéade ChrysippeÉpicure (Livre X)

Livre I Les Sept sages

Livre II Autour de Socrate

Livre III Platon

Livre IV L'Académie

Livre V Les Péripatéticiens

Livre VI Les Cyniques

Livre VII Les Stoïciens

Manquent (d'après la table des matières du Parisinus graecus 1759) :

Livre VIII Les Pythagoriciens

Livre IX Isolés et sceptiques

Livre X Épicure

Les sources de Diogène Laërce

Bibliographie

Manuscrits

Autres sources

Éditions

Traductions

Études

Liens externes

See also: Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, Académie de Platon, Anacharsis, Anaxagore, Anaximandre, Anaximène, Antiquité, Antisthène, Archytas, Arcésilas