Victor Hugo

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Série : Littérature
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Victor Hugo, 1883
Victor Hugo (26 février 180222 mai 1885) est le plus important des auteurs romantiques de langue française.

Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose.

Sommaire

Biographie

Il est né à Besançon en 1802, mais passe son enfance à Paris. Des séjours à Naples et en Espagne, à la suite de son général de père, l'influenceront. Il fonde avec ses frères en 1819 une revue, le Conservateur littéraire, qui attire déjà l'attention sur son talent. La même année, il remporte le concours de l'Académie des Jeux Floraux (voir Clémence Isaure).

Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors vingt ans. Il participe aux réunions du Cénacle de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son développement. C'est avec Cromwell, publié en 1827, qu'il fera éclat. Dans la préface de ce drame, il s'oppose aux conventions classiques, en particulier à l'unité de temps et à l'unité de lieu, qu'il met véritablement en pratique dans la pièce Hernani

De 1826 à 1837, il séjourne fréquemment au Château des Roches à Bièvres, propriété de Bertin l'Aîné, directeur du Journal des Débats. Au cours de ses séjours il y rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer et rédige des recueils de poésie dont le célèbres ouvrage des Feuilles d'Automne.

Il a, jusqu'à un âge avancé, de nombreuses maîtresses. La plus célèbre est Juliette Drouet, actrice, qui lui consacre sa vie, le sauva de l'emprisonnement lors du coup d'état de Napoléon III . Il écrit pour elle de nombreux poèmes. Tous deux passaient ensemble l'anniversaire de leur rencontre, et remplissaient à cette occasion, année après année, un cahier commun qu'ils nommaient Le livre de l'anniversaire.

Élevé par sa mère vendéenne dans l'esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l'intérêt de la démocratie (« J'ai grandi », écrit-il dans un poème où il s'en justifie). Son idée est que « là où la connaissance n'est que chez un homme, la monarchie s'impose. Là où elle est dans un groupe d'hommes, elle doit faire place à l'aristocratie. Et quand tous ont accès aux lumières du savoir, alors le temps est venu de la démocratie ». Devenu partisan d'une démocratie libérale et humanitaire, il est élu député de la Deuxième République en 1848, et soutient la candidature du « prince Louis-Napoléon », mais s'exile après le coup d'État du 2 décembre 1851 qu'il condamne vigoureusement pour des raisons morales (Histoire d'un crime).

Sous le Second Empire, opposé à Napoléon III, il vit en exil à Jersey, puis à Guernesey et à Bruxelles. Il est l'un des seuls proscrits à refuser l'amnistie décidée quelque temps après (« Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là »). La perte de sa fille Léopoldine à Villequier en 1843 l'ayant laissé désemparé, il se laisse tenter à Jersey, en son souvenir, par des expériences de spiritisme consignées dans un ouvrage étrange nommé Les tables tournantes de Jersey.

Conformément à ses dernières volontés, c'est dans le corbillard des pauvres qu'il est enterré au Panthéon. Son cercueil étant au préalable resté plusieurs jours sous l'Arc de triomphe, on considère que trois millions de personnes se déplacent alors pour lui rendre un dernier hommage.

Sa pensée politique

À partir de 1849, Victor Hugo consacre un quart de son œuvre à la politique, un quart à la religion et un autre à la philosophie humaine et sociale. Si la pensée de Victor Hugo peut sembler complexe et parfois contradictoire, elle n'en est pas pour autant manichéenne.

Réformiste, il souhaite changer la société mais pas de société. S'il justifie l'enrichissement, il dénonce violemment le système d'inégalité sociale. Il est contre les riches qui capitalisent leurs gains sans les réinjecter dans la production. L'élite bourgeoise ne le lui pardonnera pas. De même, il s'oppose à la violence si celle-ci s'exerce contre un pouvoir démocratique mais il la justifie (conformément d'ailleurs à la déclaration des droits de l'homme) contre un pouvoir illégitime. C'est ainsi qu'en 1851, il lance un appel aux armes - « Charger son fusil et se tenir prêt » - qui n'est pas entendu. Il maintient cette position jusqu'en 1870. Quand éclate la guerre franco-allemande, Hugo la condamne : « guerre de caprice » et non de liberté. Puis, l'empire est renversé et la guerre continue, contre la république ; le plaidoyer de Hugo en faveur de la fraternisation reste sans réponse. Alors, le 17 septembre, il publie un appel à la levée en masse et à la résistance. Les républicains modérés sont horrifiés : mieux vaut Bismarck que les « partageux » ! Le peuple de Paris, quant à lui, se mobilise et l'on s'arrache Les Châtiments.

En accord avec lui-même, Hugo ne pouvait être communard : « Ce que représente la Commune est immense, elle pourrait faire de grandes choses, elle n'en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des choses odieuses, c'est lamentable. Entendons-nous, je suis un homme de révolution. J'accepte donc les grandes nécessités, à une seule condition : c'est qu'elles soient la confirmation des principes et non leur ébranlement. Toute ma pensée oscille entre ces deux pôles : civilisation-révolution ». La construction d'une société égalitaire ne saurait découler que d'une recomposition de la société libérale elle-même. » Pourtant, devant la répression qui s'abat sur les communards, le poète dit son dégoût : « Des bandits ont tué 64 otages. On réplique en tuant 6 000 prisonniers ! »

Dénonçant jusqu'à la fin la ségrégation sociale, Hugo déclare lors de la dernière réunion publique qu'il préside : « La question sociale reste. Elle est terrible, mais elle est simple, c'est la question de ceux qui ont et de ceux qui n'ont pas ! ». Il s'agissait précisément de récolter des fonds pour permettre à 126 délégués ouvriers de se rendre au premier Congrès socialiste de France, à Marseille.

Victor Hugo a prononcé pendant sa carrière politique plusieurs grands discours :

Le personnage n'a pas toujours aussi devancé la pensée de son temps. Ainsi le 18 mai 1879, lors d'un banquet célébrant l'abolition de l'esclavage, Victor Hugo prononce un discours en faveur de la colonisation menée par la IIIe République: La Méditerranée est un lac de civilisation; ce n'est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur l'un de ses bords le vieil univers et sur l'autre l'univers ignoré, c'est-à-dire d'un côté toute la civilisation et de l'autre toute la barbarie [...]. Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez-la. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue; non pour le sabre, mais pour le commerce; non pour la bataille, mais pour l'industrie; non pour la conquête, mais pour la fraternité. Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites! faites des routes, faites des ports, faites des villes; croissez, cultivez, colonisez, multipliez.

À lire

Œuvres

Hommages

Liens externes

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Wikisource propose des textes de Victor Hugo dans le domaine public
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See also: Victor Hugo, 17 septembre, 1802, 1819