Végétarisme

Le végétarisme est une pratique alimentaire qui exclut d'un régime la majorité, voire tous les éléments provenant des animaux et les produits qui en sont dérivés (comme le lard, le suif, la gélatine, la cochenille, le caviar). La plupart des régimes végétariens contemporains incluent le miel ainsi que le lait de vache et les autres produits laitiers. Certains incluent les œufs.

Sommaire

Formes de végétarisme

Chaque végétarien choisit ce qu'il consomme ou pas. Le végétarisme est une pratique peu courante en France, mais les pays où il est plus répandu pratiquent des distinctions telles que :

Aux États-Unis, végétarien est usuellement synonyme de ovo-lacto végétarien. Certaines personnes qui se disent végétariennes, mangent de la chair d'oiseaux (« volailles ») ou de poissons (voir la section Catégories non-végétariennes), il est souvent nécessaire, lorsque l'on commande un repas végétarien, de bien préciser que l'on ne veut aucune viande, ni poulet, ni poisson.

Au Royaume-Uni, à cause de sa minorité hindoue assez importante, végétarisme fait souvent référence à la pratique hindoue décrite plus loin.

Formes religieuses ou culturelles

Formes spécifiques

Catégories non-végétariennes


Les catégories suivantes ne sont habituellement pas considérées comme végétariennes :

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Aliments d'un régime végétarien

Motivations

Bien que choisir de manger ou non de la viande est souvent un choix rationnel, certains végétariens pensent que ce choix doit se baser sur des informations qui ne sont délibérément pas diffusées à cause de l'influence de l'industrie de la viande. La décision de devenir végétarien peut être due à une combinaison de raisons :

Religion

(voir religion et alimentation)

Une grande partie des végétariens le sont pour des raisons religieuses. Beaucoup de religions, dont le bouddhisme, l'hindouisme, le taoïsme, et spécialement le jaïnisme, enseignent que toute vie devrait avoir une valeur et ne devrait pas être détruite volontairement pour une gratification humaine non nécessaire.

Beaucoup des premiers chrétiens (dont les Pères du désert) étaient végétariens. Ensuite, les ordres Trappiste, Bénédictin et Carthusien encouragèrent le végétarisme, comme les Adventistes du septième jour. Au 19e siècle, des membres de la secte de la Bible Chrétienne établirent le premier groupe végétarien en Angleterre et aux États-Unis.
Les Rastafariens suivent en général un régime appelé I-tal, qui évitent d'absorber de la nourriture qui a été artificiellement préservée, aromatisée ou altérée chimiquement. De nombreux Rasta considèrent que cela interdit aussi de manger de la viande.
La Genèse 1:29 établit « Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. ». Selon de nombreux spécialistes de la Bible juive, cela signifie que l'objectif initial de Dieu était que l'homme soit végétarien. Pour beaucoup de Rabbins, Dieu donna par la suite la permission aux hommes de manger de la viande à cause de la faiblesse des hommes, mais l'idéal pour les hommes serait d'être végétariens. Cependant, d'autres avancent que les gens peuvent manger des animaux car Dieu donna leur domination à Eve et à Adam .(La Torah et le végétarisme).

Éthique

Il existe aujourd'hui de petites minorités dans le monde pour lesquelles la viande est un aliment de base ; principalement les membres de chasseurs nomades ou les sociétés gardant des troupeaux à l'instar des inuits et des saamis. Depuis que la plupart des gens peuvent vivre en parfaite santé avec une alimentation végétarienne, ils peuvent choisir d'être végétarien s'ils le souhaitent. Pourtant une majorité continue à manger de la viande par tradition, par commodité ou pour le plaisir. Les « végétariens éthiques » considèrent que la tradition, la commodité et le plaisir sensuel ne sont pas des justifications suffisantes pour la souffrance occasionnée par la production de viande. Certains considèrent par ailleurs que la plupart des gens désapprouveraient les conditions de vie des animaux d'élevage s'ils avaient pleinement conscience de la réalité de la production industrielle. Ce type de végétarisme est souvent associé avec le mouvement de Libération Animale, quand bien même tous les végétariens éthiques ne souscrivent pas à cette notion de droit de l'animal.

L'antispécisme est un mouvement philosophique qui s'oppose à ce que l'on profite de son appartenance à une espèce pour justifier sa domination sur d'autres individus appartenant à d'autres espèces. Il est légitime de comparer le spécisme avec le racisme ou le sexisme au niveau de l'attitude intellectuelle qui en ressort. L'antispécisme peut être considéré comme l'intellectualisation des motivations éthiques, étant donné qu'il met en évidence la nécessité de stopper la souffrance animale.

D'autres raisons existent mais ne sont pas forcément prépondérantes comme par exemple le principe de non-violence (généralisé à la violence que subissent les animaux) ou la volonté de revaloriser la mort et la souffrance jusqu'alors banalisées.

(Pour plus de détails sur les motivations d'ordres éthiques, voir cette page)

Intérêt environnemental ou écologique

Beaucoup de personnes pensent que la production de viande et de produits d'origine animale dans la quantité actuelle et probablement future n'est pas soutenable du point de vue de l'environnement. On soutient également que même si l'agriculture industrielle moderne est soutenable, elle change les écosystèmes plus rapidement qu'ils ne peuvent s'adapter. Bien que l'agriculture végétarienne produise certains des problèmes de la production animalière, l'impact environnemental de cette dernière est bien plus grand.

L'eau devient une ressource de plus en plus rare dans de nombreux endroits du monde. Sa consommation trop importante par les humains endommage les rivières et les écosystèmes et mène à la salinité et la désertification. Un régime végétarien consomme considérablement moins d'eau qu'un régime basé sur la viande. Cela est dû au fait que, pour produire de la viande, de l'eau doit être utilisée dans la production de nourriture pour animaux, qui doit être donnée aux animaux pendant leur vie entière. La perte d'eau (et d'énergie) entre les niveaux trophiques est très importante. Quand les grains vont directement aux humains, cette inefficience est évitée. En effet, la production de viande nécessite 60 fois plus d'eau que celle d'une même quantité de céréales et bien que les céréales contiennent moins de protéines, pour obtenir la même quantité de protéine l'agriculture réclame 13 fois moins de ressources que l'élevage. Il faut toutefois rappeler que les protéines animales ne sont pas les mêmes que les protéines végétales. Un régime carné consomme environ 4000 litres d'eau par jour tandis qu'un régime végétarien en consomme 1500 [1]. Aux États-Unis, plus de la moitié de l'eau consommmée est utilisée pour la production de bétail.

Les protéines animales requièrent de plus grandes dépenses d'énergie fossile, huit fois plus que pour une quantité comparable de protéine végétale. Cette consommation d'énergie fossile produit du dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre. La production animalière produit également du fumier. Aux États-Unis (le plus grand émetteru mondial de gaz à effet de serre), le bétail produit environ 20% des émissions totales de méthane. Une tonne de méthane a un potentiel de réchauffement de la planète de 23 tonnes de dioxyde de carbone.

L'élevage en batterie, bien qu'utilisant moins de surface, requiert de grandes quantités de nourriture qui doivent être cultivées sur de grands étendues de terre. La production animalière de plein-air requiert du terrain de pâturage, ce qui a motivé l'utilisation de terres non développées et la déforestation. L'empiètement des terres sauvages a augmenté le rythme de l'extinction des espèces et endommagé les services offerts par la nature, tels que le traitement naturel de la pollution. Les terrains sur-pâturés perdent leur capacité à supporter la production animale, ce qui rend nécessaire davantage d'expansion agricole. D'après l'ONU, la déforestation due à l'élevage est une des principales raisons de la perte d'espèces végétales et animales dans les forêts tropicales. La surpêche et le chalutage sont également destructeurs pour les écosystèmes marins.

Santé

Les statistiques indiquent que le régime végétarien a une incidence plus faible sur les risques cardio-vasculaires, certains cancers, l'ostéoporose et l'arthritisme. L'Association Diététique Américaine affirme, « Quand bien même des facteurs extérieurs, tels que l'activité physique et le fait de s'abstenir de fumer et de boire de l'alcool, pourraient jouer un rôle, une alimentation sans viande est clairement un facteur contribuant à réduire d'avantage le taux de morbidité et de mortalité de plusieurs maladies dégénératives chroniques que ne le ferait un régime non-végétarien ».

Des chercheurs comme Dean Ornish ont obtenu des résultats positifs en traitant des maladies du cœur de certains patients avec un régime végétarien strict et un programme visant à diminuer le stress. Des préoccupations nutritionnelles encouragent aussi les régimes favorisant les fruits, les légumes et les céréales et minimisant la viande et l'absorption de lipides.
En effet, la denture et l'appareil digestif de l'homme sont très différents de ceux des carnivores. L'intestin en particulier ne mesure que quatre à cinq fois la longueur du corps chez ces derniers, contre dix à douze fois chez l'homme. Ce parcours est trop long pour la viande qui a ainsi le temps de libérer ses toxines qui sont absorbées par la muqueuse intestinale avant de passer dans le sang. Ces déchets toxiques (urates, acide lactique, corps gras saturés, albumine) et les purines de la viande sont très difficiles à éliminer par le foie et les reins. Ce surcroît de travail fatigue et encrasse à la longue ces organes.

L'espérance de vie moyenne des individus végétariens est supérieure à celle des individus omnivores.

Esthétique

Quelques personnes considèrent intuitivement la viande peu appétissante, particulièrement crue, et préfèrent simplement s'abstenir de consommer de la chair animale pour des raisons esthétiques ou émotionnelles.

Considérations pragmatiques

À l'époque moderne, la viande produite industriellement est mêlée avec des produits chimiques (hormones de croissances, antibiotiques, contraceptifs, colorants et pesticides). D'ailleurs, la viande des animaux élevés aux hormones (notamment les vaches et les porcs engraissés ainsi que les saumons d'élevage) contiennent des proportions plus importantes de graisses et une valeur nutritionnelle moins importante que les viandes des animaux sauvages et libres qui leur correspondent. Par conséquent, beaucoup de gens sont végétariens non pour des raisons éthiques ou esthétiques, mais simplement parce que la viande de nos jours est moins nutritionnelle tandis que les plantes ont juste légèrement moins de valeur nutritive.

Solidarité

Bien qu'il ne soit peut-être pas déclencheur, il existe parmi les arguments avancés par les végétariens celui de la solidarité envers les peuples du tiers monde puisque qu'un bœuf fournit 1500 repas alors que les céréales qu'il a consommé sa vie durant fourniraient 18 000 repas (selon arsitra). Le végétarisme permettrait ainsi d'économiser la nourriture et d'endiguer les famines. Cependant, sans qu'il soit nécessaire que les populations occidentales deviennent végétariennes, une meilleure gestion des ressources alimentaires et agricoles permettrait aussi de pallier les famines existantes.

Considérations supplémentaires

Choisir de ne pas manger de viande pour l'une ou plusieurs des raisons mentionnées ici doit être perçu comme un choix rationnel. De la même manière, choisir de manger de la viande est un choix rationnel, bien qu'il peut exister des raisons qui ne le sont pas. L'absence de régime n'est pas naturelle. L'être humain est omnivore depuis des temps immémoriaux ; nous possédons les dents (incisives et molaires) et l'appareil digestif des créatures qui mangent à la fois la viande et les plantes. Quasiment tous les grands primates auxquels l'homme est relié sont omnivores, à l'exception du gorille. Par le passé, beaucoup de gens mangeaient la viande peu fréquemment, car souvent elle n'était pas disponible ou abordable. D'un point de vue évolutionniste, le végétarisme strict est assez récent dans l'histoire humaine. Bien que le phénomène ne soit pas entièrement compris, quelques personnes ne peuvent s'accommoder du régime végétarien strict, devenant alors pâles et faibles. Cela semblerait être lié au type sanguin.

Une carence en vitamine B12 peut résulter du végétalisme. Tandis que tous les aliments basés sur des animaux contiennent des quantités satisfaisantes de B12, peu de plantes en contiennent suffisamment (sauf le tempeh, un produit indonésien à base de soja fermenté qui n'est pas disponible partout). Toutefois, un assortiment de nourriture a des vitamines ajoutées comme les steaks aux céréales, des boissons douces, le lait de soja, marmite, vegemite... Les suppléments de B12 tels que les pilules à vitamines sont souvent préparés à partir de déchets d'abattoir et ne conviennent donc pas aux végétariens, même si le nombre de marques ne contenant pas de produits animaux augmente. B12 est stockée dans l'organisme pendant quelques mois, les symptômes de l'insuffisance n'apparaissent donc pas immédiatement lorsqu'on débute un régime purement végétalien, mais peuvent éventuellement être sévères. Cependant la déficience qui en résulte est assez rare chez les végétaliens de l'ouest, car que le problème est bien connu.

Quelques nutriments importants (acides aminés, lipides, vitamines A, D, K et E) sont présentes en grande quantité dans la viande, mais avec une attention minimale, un régime végétarien contenant une bonne proportion de tous ces nutriments peut être suivie. L'Association Diététique Américaine déclare : « À elles seules, les sources végétales de protéines peuvent fournir des quantités adéquates d'acides aminés si elles sont consommées de façon variée et que les besoins énergétiques sont satisfaits ». Il est plus commun de trouver des signes de scorbut et des autres conséquences des déficiences en vitamine C chez les gens qui ne se sustentent qu'au fast food. Pourtant il est important pour les végétariens et les véganistes d'être conscients de leurs besoins en protéines, B12 et autres nutriments. Comme tous les régimes, celui qui interdit les produits animaux doit être équilibré et inclure une variété d'aliments.

Un problème soulevé par le choix du végétarisme pour éviter la souffrance animale est que la culture agricole des plantes est aussi néfaste aux animaux. L'écoulement des champs (ruissellement, dû a de mauvaises pratiques agricoles ne prenant pas en compte l'érosion) nuit à la vie aquatique en polluant les voies d'eau par les sédiments, les nutrients et les produits chimiques. Les machines de fermes automatiques tuent de petits animaux involontairement, tandis que la taille des haies détruit l'habitat d'autres animaux (même si la taille des haies est d'un point de vue écologique une bonne chose, cela favorise la biodiversité). Les pesticides tuent aussi bien des insectes nuisibles que ceux bénéfiques. Cependant, beaucoup de végétariens préconisent l'agriculture biologique et considèrent que les conséquences de la culture agricole représentent un mal presque inévitable, même si des progrès sont possibles.

Les végétariens (à l'exception des fruitaliens) tuent aussi des plantes dans le but d'avoir de la nourriture. Un végétarien peut soutenir que les plantes n'ont pas le même mécanisme sensoriel pour ressentir la douleur (pas de système nerveux, donc pas d'émotions ni de douleur), donc la comparaison n'est pas entièrement précise. Cependant, l'éthologie moderne a de son côté tiré des conclusions qui vont dans le sens d'une nette distinction entre le règne animal et le règne végétal. Chez certaines plantes, lorsqu'on les coupe, on constate une légère augmentation de leur température interne, mais ce n'est qu'une réaction chimique, aucunement assimilable à une émotion au sens que l'on utiliserait pour un animal, le biologiste parlera de stress chez les végétaux mais le sens en est très différent.

Convictions analogues

Alors que le végétarisme est généralement défini strictement comme étant à la base un régime alimentaire, beaucoup de végétariens motivés religieusement, éthiquement ou environnementalement (avec les mouvements de Libération Animale et les partis verts) s'efforcent de minimiser les dommages causés aux animaux de tous les points de vue possible.

De nombreux végétariens religieusement motivés considèrent qu'éviter le contact avec les produits fabriqués à partir des parties du corps d'un animal (cuir, suif, savon) est une part intégrale de leur définition du végétarisme. D'autres considèrent le cuir fabriqué à partir d'animaux morts de causes naturelles comme acceptable. Comme ceci est impraticable pour beaucoup d'hindous, certains n'utilisent absolument aucun produit fabriqué avec de la peau de vache. Quelques états ont même interdit l'abattage de vaches dans les lieux de pèlerinages ou dans des régions entières dans lesquelles les hindous sont attachés au caractère sacré des vaches.

Beaucoup des végétariens motivés pour des raisons de santé sont aussi concernés par l'agriculture biologique ou/et par l'utilisation d'OGM dans la production alimentaire.

Végétariens célèbres

Statistiques

La population végétarienne est estimée en France entre quelques centaines de milliers d'individus (Quid 1997) et jusqu'à 1,5% de la population française (CFES, 1996), soit un million de personnes. Les statistiques (Vegetarian Society et la Vegan Society) indiquent 3,5 millions de végétariens au Royaume-Uni. Quand aux Indiens, 22% seraient végétariens (Shaakahar ki maansahar ? par le Dr. V.V. Gokhale et Kalyan Gangwal), principalement représentés par les Jaïnistes (3 à 4 millions).

En France, en 2002, la consommation de viande a provoqué la mort de :

De plus, 13,8 milliards d'œufs et 22,7 milliards de litres de lait de vache ont été produits (chiffres de l'OFIVAL).

Voir aussi

Liens internes

Liens vers d'autres projets wikimedia

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Ressources pour les végétariens

Points de vue « pour »

Points de vue « contre »

See also: Végétarisme, Adaptation, Adolph Hitler, Agriculture biologique