Vase de Soissons

L'épisode légendaire du vase de Soissons nous est parvenu par Grégoire de Tours (dans son Historia Francorum). Il aurait eu lieu peu de temps après une bataille ayant opposé en 481 Clovis Ier, roi des Francs Saliens, à Syagrius, « roi des romains » (selon Grégoire de Tours ; il s'agissait en fait d'un aristocrate à la tête d'une coalition de troupes romaines résistant aux Francs) pour la conquête de la ville de Soissons, alors sous la coupe des Romains de Syagrius.

La légende raconte qu'au milieu du butin arraché à Syagrius on découvrit un vase (probablement en argent) dont l'évêque de Reims demanda la restitution auprès de Clovis. Toutefois les coutumes franques voulaient que les parts du butin fussent tirées au sort.

Le tirage fait, Clovis n'obtint pas le vase mais afin de préserver ses bonnes relations avec le clergé, celui-ci tenta néanmoins de le récupérer; prétextant un passe-droit, il l'exigea du guerrier désigné par le sort. Le soldat frappa le vase d'un coup de sa francisque et le donna au roi.

Quelque temps après Clovis, passant ses guerriers en revue, reconnut le soldat insolent. Prétextant que sa tenue et ses armes laissassent à désirer, il les lui prit et les jetta à terre. Le soldat se baissa alors pour les récupérer et Clovis lui brisa le crâne, disant :

« Ainsi as-tu fait au vase de Soissons. »

Ce récit montre à quel point la rancune peut être tenace et a longtemps servi de prétexte historique pour prouver le prétendu fier caractère des Français.

Il possède cependant des fondements historiques : bien que l'histoire du guerrier paraisse inventée, il est possible que l'attachement de Clovis pour un objet appartenant au clergé gallo-romain soit une preuve indirecte de sa volonté plus ou moins affichée de s'en faire un allié.

N.B. : Le vase n'aurait pas été cassé par le coup de hache, comme le laisse entendre la légende, mais simplement cabossé.

See also: Vase de Soissons, 481, Clovis Ier, Francisque, Francs, Grégoire de Tours, Soissons, Syagrius