Fonction (mathématiques)

Mathématiques > Algèbre abstraite > Correspondance et relation > fonction

Sommaire

Présentation

On peut voir une fonction comme une « transformation » d’un objet en un autre objet. Ainsi, il y a des fonctions qui transforment les nombres en nombres (par exemple les polynômes, les fonctions trigonométriques...), des fonctions qui transforment des formes géométriques en formes géométriques (par exemple les rotations, translations, homothéties...), des fonctions qui transforment une forme géométrique en un nombre (par exemple la longueur d’un segment, l’aire délimitée par un polygone...).

Définition

c’est donc un triplet ( E , F , G ) où G   est un sous-ensemble de E xF   dans lequel chaque élément de E   n’apparait au plus qu’une fois.
  • E   est l’ensemble de départ de f ;
  • F   est l’ensemble d’arrivée de f ;
  • et G   est le graphe de f ; G   est noté parfois « Gf » ou « G( f ) » pour préciser de quelle fonction on parle.
Pour tout x de D( f ) , on note « f ( x ) » l’unique élément de F tel que   ( x , f ( x )) ∈ G.
  • Si X et Y sont deux variables, dans Y = f ( X ) , X est une variable indépendante et Y une variable dépendante ( de X ).
L’ensemble-image de f, noté « Im( f ) » , est un sous-ensemble de F.
C’est un sous-ensemble de F , et on a : Im( f ) = f ( E ).
C’est un sous-ensemble de E , et on a : D( f ) = f -1( F ).

Notion d’application

Définition

c’est donc un triplet ( E , F , G ) où G   est un sous-ensemble de E xF   dans lequel chaque élément de E   apparait une et une seule fois.

Exemples

Restriction d’une fonction

Soit la fonction f : EF  . Si E ' est un sous-ensemble de E , on appelle restriction de f à E '   la fonction notée « f |E ' » de E ' dans F dont le graphe est :

G( f |E ' ) = { ( x , y ) | xE ' ∧ yFy = f( x ) }

Remarque : la condition   y = f ( x )   ci-dessus implique que x appartient à D( f ) et que y appartient à Im( f ).

Composition des fonctions

La composition de deux fonctions permet d’obtenir une troisième fonction, en « appliquant » la deuxième fonction au résultat de la première.

Soient deux fonctions :   f : EF   et   g : FG   ; leur fonction composée g o f   a pour graphe:

G_{g \circ f} = \left\{ ( x , z ) \in E \times G \; | \; \exists y \in F /\, ( x , y )\in G_f \and ( y , z ) \in G_g \right\} \,

(c’est bien la même composition que celle qui est définie pour les relations en général!)

En particulier, si x est dans l’ensemble de définition de g o f , on a : g o f ( x ) = g [ f ( x )].

Il faut noter que la composée de deux applications est une application, et que la composée de deux fonctions est une fonction; mais cette dernière composée peut avoir un domaine de définition vide!

Injectivité et surjectivité

\forall x \in E , \forall y \in E , [ f ( x ) = f ( y ) ] \Rightarrow [ x = y ] \,.
Cela signifie que la fonction « distingue » les différents éléments de son domaine de définition.
La composée de deux injections est une injection et, inversement, si g o f   est une injection, alors f   est une injection.
\forall y \in F , \exists x \in E /\, f ( x ) = y.
En d'autres termes, f est surjective ssi l'image de f est l'ensemble d'arrivée tout entier; cela signifie que tout élément de l'ensemble d'arrivée peut être vu comme image d'un élément de l'espace de départ.
La composée de deux surjections est une surjection et, inversement, si g o f   est une surjection, alors g   est une surjection.
La composée de deux bijections est une bijection mais inversement, si dans le cas où la composée de deux applications est une bijection, on peut seulement en déduire que l'une est une injection et l'autre une surjection.

Réciproque d'une fonction

Décomposition canonique

On appelle relation binaire associée canoniquement à la fonction f   la correspondance f -1 o f   définie dans E par :

« x est en relation avec y ssi x et y ont une image commune par f »

Cette relation est toujours symétrique et transitive, mais n'est une relation d'équivalence que si f est une application ( voir l'article « Opération sur des correspondances » ).

Nous pouvons alors définir l'ensemble quotient E / ( f -1 o f   ) et la surjection canonique s correspondante, associée à l'application f. Cette surjection associe à tout élément x   de E   sa classe d'équivalence par f -1 o f  , qui n'est autre que f -1 ( { f ( x ) } ), ensemble des antécédents de f ( x ).

Considérons alors la correspondance i de E / ( f -1 o f   ) dans F définie par :

« A est en relation avec y ssi A est l'ensemble des antécédents de y par f -1 o f   »

Cette correspondance est une injection, l' injection canonique associée à l'application f. On montre aisément que : f = i o s.

En résumé : Toute application peut être décomposée de façon unique en une surjection et une injection.
Cette décomposition est la décomposition canonique de l'application. Dans cette décomposition :


Ce qui précède peut être étendue à une fonction quelconque, à condition de « compléter » le graphe de f -1 o f   par la diagonale de E, de façon à rendre la relation réflexive et en faire ainsi une relation d'équivalence. Nous retrouvons alors la décomposition précédente, à ceci près que i n'est plus qu'une fonction.

En résumé : Toute fonction peut être décomposée de façon unique en une surjection et une fonction injective.
Cette décomposition est la décomposition canonique de la fonction.

Parité d’une fonction réelle

Une fonction f : E\to F, avec E\subseteq\R et F\subseteq\R,  est  :

See also: Fonction (mathématiques), Algèbre abstraite, Correspondance et relation, Ensemble, Fonction trigonométrique, Mathématiques, Objet, Opération sur des correspondances, Produit cartésien, Relation binaire