Traités d'Utrecht (1713)
Cet article concerne le Traité d'Utrecht de 1713. Pour les autres sens, voir Traité d'Utrecht
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Les Traités d'Utrecht sont deux traités de paix qui mirent fin à la guerre de Succession d'Espagne. Le premier fut signé à Utrecht le 11 avril 1713 entre la France et la Grande-Bretagne, le second fut signé à Utrecht le 13 juillet 1713 entre l'Espagne et la Grande-Bretagne.
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Guerre de succession d'Espagne
Le Congrès d'Utrecht
Le Congrès débute en décembre 1712. La France de Louis XIV est alors au plus mal, et cède irrémédiablement du terrain face aux troupes de la Grande-Alliance (qui regroupe l'ensemble de l'Europe, sauf l'Espagne). La victoire du maréchal de Villars à la bataille de Denain lui permet de négocier in extremis des conditions moins défavorables.
Le traité est le premier rédigé en français : il inaugure la primauté du français comme langue diplomatique, jusqu'au Traité de Versailles, en 1919.
Éléments des traités
Relégation de l'Espagne au second rang
L'Espagne est la grande perdante de la guerre : elle perd toutes ses possessions européennes : Italie et Pays-Bas vont à l'Autriche et à la Savoie ; son territoire métropolitain même est amputé de Gibraltar et de Minorque.
Recul de la France
Les traités d'Utrecht consacrent le recul de la France, après le glorieux règne de Louis XIV. Même si le roi de France a réussi à placer son fils sur le trône espagnol, celui-ci renonce à ses droits sur la couronne de France. De plus, une partie des colonies canadiennes et antillaises sont perdues.
Sur la rive droite du Rhin, Louis XIV abandonne Brisach, Fribourg-en-Brisgau, et Kehl et s'engage à détruire les fortifications de la rive gauche. En contrepartie, il obtient Orange de Frédéric Ier Hohenstaufen.
Il doit également renoncer à soutenir les Stuart en Angleterre, détruire les fortifications de Dunkerque et accepter la Barrière (voir Hollande). Enfin, la France perd des colonies au Canada.
Ascension de l'Autriche
L'Autriche remplace l'Espagne en Italie, où elle reprend une partie du Milanais, Mantoue, Naples et la Sardaigne, qu'elle échange la contre la Sicile avec la Savoie. Elle obtient également les Pays-Bas du sud (Belgique actuelle).
La Hollande en léger repli
Bien que victorieuse, la Hollande perd sa position de maîtresse des mers.
Elle obtient cependant d'occuper huit places fortes qui constituent une Barrière contre la France : Furnes, Ypres, Menin, Tournai, Mons, Charleroi, Namur et Gand. Les conditions en sont réglées au traité de la Barrière, signé le 15 novembre 1715 à Anvers avec l'Autriche.
Début de l'ascension de l'Angleterre
Territorialement, l'Angleterre s'accroît considérablement en prenant les colonies de Terre-Neuve, de la Baie d'Hudson, l'Acadie, Saint-Christophe aux Antilles à la France.
Elle acquiert la suprématie sur les mers, aux dépens de la Hollande. Cette suprématie est encore renforcée par les bases de Gibraltar et de Minorque, prises à l'Espagne en 1704.
Enfin, elle obtient le monopole de l'asiento (traite des esclaves dans les colonies espagnoles) pour 30 ans.
Italie et Allemagne
Les deux régions restent divisées, mais les puissances qui les unifieront au XIXe siècle émergent : la Prusse et la Savoie.
La Savoie retrouve la Savoie, occupée par la France depuis le début de la guerre. Elle obtient également la Sicile, qu'elle échangera pour la Sardaigne, le Milanais et le titre royal. Enfin, elle échange Barcelonnette contre Fenestrelle et d'Exiles avec la France.
L'Électeur de Brandebourg Frédéric Ier de Hohenzollern obtient le titre de roi en Prusse, la haute-Gueldre et Neuchâtel.
Traités annexes
Outre le traité d'Anvers (dit de la Barrière), en 1715, le traité d'Utrecht est complété l'année suivante par le traité de Rastadt. Signé le 6 mars 1714 par le maréchal de Villars et le prince Eugène, qui représente l'empereur d'Allemagne, il en précise les modalités d'application pour ce qui concerne la France et l'Empire.
Le traité de Bade du 7 septembre 1714 en étend les clauses à toutes les principautés allemandes.
