Thomas d'Aquin
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Saint Thomas d'Aquin (né vers 1225 à Aquin (Italie), mort le 7 mars 1274) était un théologien et philosophe dominicain, considéré comme l'un des principaux maîtres de la scolastique et de la religion catholique pour laquelle il est un Docteur de l'Église.
De son nom dérivent thomisme et thomiste, qualifiant, entre autres, sa philosophie.
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Biographie
Thomas d'Aquin est né en 1224 ou 1225 au château de Rocca Secca, dans le royaume des Deux-Siciles ; de 1230 à 1235, il est oblat à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin. À partir de 1239, il étudie à l'université de Naples où il découvre sans doute Aristote avec des traductions à partir de l'arabe fournies par Frédéric II. Il entre dans l’ordre des dominicains (ordre alors jeune et suscitant l'enthousiasme religieux et intellectuel) en 1244, contre l’avis de sa famille qui voulait en faire l'abbé du Mont-Cassin.
Sa mère le fait alors enlever et l’assigne à résidence. Retenu pendant un an à Rocca Secca, il lit la Bible et le Livre des sentences de Pierre Lombard. Thomas ne changeant pas d’avis, sa famille finit par accepter son choix. Il est ensuite étudiant à Paris de 1245 à 1248, puis suit son maître Albert le Grand (dominicain commentateur d'Aristote) à Cologne jusqu'en 1252. Il est bachelier biblique (lectures commentées des Écritures) à Paris de 1252 à 1254, puis bachelier sententiaire (i.e. commentateur du Livre des sentences du Lombard) de 1254 à 1256. De 1256 à 1259, il est maître en théologie (il est choisi avant l’âge requis). De 1259 à 1268, il enseigne la théologie en Italie, puis revient à Paris de 1269 à 1272, où il doit faire face à des attaques contre les Ordres Mendiants, mais aussi à des rivalités avec les franciscains et à des disputes avec certains maîtres ès arts (en particulier Siger de Brabant, dont la mort mystérieuse est racontée par Dante, qui évoque également de manière énigmatique la rivalité entre Thomas et Siger dans le Paradis de la Divine Comédie).
Il retourne ensuite à Naples en 1272, comme maître régent de l’école dominicaine. À partir du 6 décembre 1273, il cesse d’écrire, peut-être parce qu’il tient désormais ses œuvres pour vaines ; sa santé décline et, aphasique, il meurt le 7 mars 1274, au monastère cistercien de Fossa Nova, en se rendant au concile de Lyon.
Pour suivre l'enseignement d’Aristote au XIIIe siècle, il va discuter et le plus souvent réfuter les commentaires d’Avicenne et d’Averroès, théologiens musulmans qui l'ont précédé dans la lecture d'Aristote. Averroès, par exemple, doutait de l'unicité de l'âme et de l'intellect, ce qu'entendait réfuter Thomas. Curieusement, Platon et Aristote avaient en leur temps exprimé un désaccord du même ordre.
La philosophie thomiste essaie de concilier l’autonomie humaine, l’immortalité de l’âme et la croyance en Dieu comme Cause Unique de tout bien. Sa certitude est que l’étude philosophique, aussi poussée soit-elle, ne contredira en aucun cas l’enseignement de la religion, puisque - écrit-il - les deux ont un même objet, qui est la vérité.
Après avoir été brièvement condamné en 1277, puis réhabilité, il est canonisé en 1323 par le pape Jean XXII..
Théologie et philosophie
Selon Thomas, la philosophie étudie d'abord les êtres créés, pour s'élever ensuite à la connaissance de Dieu ; dans l'ordre de la théologie, au contraire, on commence par l'étude de Dieu, et c'est précisément cet ordre qui est suivi dans les Sommes. Dès lors, l'ordre de la théologie peut être ainsi spécifié : « l'objet principal de la doctrine sacrée est de transmettre la connaissance de Dieu, non pas seulement selon ce qu'il est en lui-même, mais aussi selon qu'il est le principe et la fin des choses, spécialement de la créature raisonnable ». Philosophie et théologie diffèrent donc par l'objet premier de la connaissance humaine, et elles différeront aussi en conséquence par leur méthode : il y a un statut épistémologique propre à chacun de ces deux discours, ce qui pose la question de savoir si l'on aboutit dans les deux domaines à des vérités qui s'accordent ou non et de quelle manière. La thèse de Thomas est que foi et raison ne peuvent se contredire car elles émanent toutes deux de Dieu ; la théologie et la philosophie ne peuvent donc pas parvenir à des vérités divergentes.
Dieu selon Thomas
Selon Thomas, qui s'oppose à Bonaventure, l'existence de Dieu n'est pas une évidence : ce n'est pas une idée innée que tout homme à en lui et que la simple réflexion (pour écarter les préjugés, comme, plus tard, chez Descartes) lui fait découvrir. Thomas est aristotélicien : nous n'avons pas de notion naturelle d'un être infini, et nous n'avons aucune intuition intellectuelle.
Nous pouvons cependant connaître que Dieu est par la lumière naturelle, c'est-à-dire par la raison. Nous ne sommes pas encore ici dans la véritable théologie ; que Dieu est, c'est ce que montre la philosophie naturelle. Thomas reprend ainsi pour le montrer cinq voies de raisonnement pour saisir le réel existant.
La création
L'homme et sa destination
Anecdotes
- Deux novices voulant plaisanter lui dirent de regarder à la fenêtre, car on voyait, disaient-ils, un bœuf en train de voler. Thomas se déplaça à la fenêtre, et leur répondit : « J'aurais été moins étonné de voir un bœuf voler qu'un religieux mentir » (la nomenclature des péchés en répertoriait alors un véniel qui se nommait le mensonge joyeux).
- Alors qu'on lui posait la question « Que faisait Dieu avant de créer le monde ? », il répondit : « Il créait un enfer pour y mettre ceux qui posent de telles questions ! »
- Il ne se privait pourtant pas lui-même de ce genre d'interrogations : l'un des paragraphes de la Somme théologique a pour question « Puisque Dieu est tout-puissant, peut-il faire un rocher si lourd qu'il n'arriverait pas à le soulever ? », et son analyse n'est pas sans rappeler ce que l'on nommera plus tard les définitions autoréférentielles.
- Environ un mois avant sa mort, il affirma avoir eu en rêve une vision qui l'épouvantait et lui faisait paraître tout à coup son œuvre comme dérisoire. De ce jour, il cessa d'y travailler.
Une phrase qui résume l'œuvre
« En matière de foi et de mœurs, il faut croire Saint Augustin plus que les philosophes, s'ils sont en désaccord ; mais si nous parlons médecine, je m'en remets à Galien et à Hippocrate, et s'il s'agit de la nature des choses, c'est à Aristote que je m'adresse, ou à quelque autre expert en la matière. »
La rédaction de la Somme théologique montre cependant que même en matière de foi et de mœurs, il préféra apporter sa propre compilation d'arguments et ses propres conclusions que de s'en remettre à Augustin. On sait aussi par ailleurs qu'il avait toujours critiqué le point de vue d'Augustin qui se gaussait qu'on pût croire à la théorie des antipodes, conséquence de la rotondité de la Terre adoptée par Aristote.
L'avis de G.K. Chesterton
« Thomas d'Aquin fut l'un des grands libérateurs de l'esprit humain, en réconciliant raison et religion. Il lui ouvrit les voies de l'expérimentation scientifique, il rendit aux impressions sensorielles leur dignité de fenêtres de l'âme, et à l'intellect son droit divin à se nourrir de faits vérifiés. Il permit à la Foi de s'assimiler la substantifique moelle de la plus dense et la plus trapue des philosophies antiques. »
Bibliographie
- De ente et essentia
- De principiis naturae
- Contre ceux qui attaquent le culte de Dieu et la religion
- De veritate
- Commentaire des Sentences,
- Somme contre les gentils (Summa contra gentiles) (commencée en 1258).
- Contre les erreurs des Grecs
- Catena Aurea (collection de citations patristiques sur les quatre Évangiles)
- Somme théologique (Summa theologica) (1273).
- De potentia
- De malo
- Compendium de théologie
- De l'unité de l'intellect contre les averroïstes
- Lectura super Ionnem.
Lien externes
Voir aussi
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