Théologie de la libération
Mouvement religieux issu de l'Église catholique et apostolique romaine né en Amérique latine en 1972 et inspiré par le communisme (plutôt marxiste), ce courant prône la libération des peuples et entend ainsi renouer avec la tradition chrétienne de solidarité.
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Histoire
Le mouvement a été théorisé en 1972 par le théologien Gustavo Gutiérrez, dans son essai Théologie de la libération. Il eut immédiatement une grande popularité en Amérique latine.
En août 1975 se tient le congrès théologique de Mexico, auquel participent plus de 700 personnes sur le thème Libération et captivité.
En 1976, le théologien Leonardo Boff publie Teologia do Cativeiro e da Libertação (Lisbonne : Multinova).
En 1979 lors de la IIIe conférence générale de l'épiscopat Sud-américain,(Conférence de Puebla), les évêques définissent le concept d'option préférentielle pour les pauvres.
Lors d'un voyage à Mexico en janvier 1979, le pape Jean-Paul II déclare que « cette conception du Christ comme une figure politique, un révolutionnaire (...) est incompatible avec les enseignements de l'Église ».
La théologie de la libération a fait l'objet de deux condamnations du Vatican en 1984 et 1986. Tout en reconnaissant la légitimité d'un combat contre la misère, la Congrégation pour la doctrine de la foi condamnait les emprunts faits à la philosophie marxiste et tentait de recadrer les aspirations des peuples sud-américains dans la doctrine sociale de l'Église.
Principes
Dans la tradition chrétienne, les pauvres ont tenu depuis les origines une place particulière : ils sont à la fois des modèles (« Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous » Lc 6, 20) et des objets de compassion et de charité. La théologie de la libération dépasse ce point de vue, et propose non seulement de libérer les pauvres de leur pauvreté, mais en plus d'en faire les acteurs de leur propre libération.
Elle dénonce dans le capitalisme la cause de l'aliénation à la pauvreté de millions d'individus.
Aujourd'hui, les thèses soutenues par les théologiens de la libération font de moins en moins appel au marxisme, et rejoignent les mouvements altermondialistes dans leurs actions contre la mise en place d'un ordre néolibéral mondial.
Critiques
Le pape Jean-Paul II et le courant de l'Opus Dei, très influent au Vatican, se sont montrés défavorables à ce mouvement, à cause de ses théories reprenant des concepts marxistes comme la lutte des classes. La théologie de la libération était ressentie comme une menace pour l'unicité et l'impact public de l'Église catholique. En outre, affirmer la lutte des classes pouvait dans une certaine mesure encourager la participation à des actions violentes comme la guérilla, ce que refusait le Vatican.
Toutefois Jean-Paul II aurait finalement reconnu que la théologie de la libération pouvait être « bonne, utile et nécessaire », dans une lettre à la Conférence des évêques du Brésil.
Dans le document Interprétation de la Bible dans l'Église de la Commission Biblique Pontificale 1993, qui a été présenté à Jean-Paul II par le cardinal Ratzinger, la théologie de la libération est reconnue comme une approche possible (paragraphe 1.E.1).
Bibliographie
Ignacio Madera Vargas, « Une expérience colombienne de la fatalité - une parole habitée par le destin interpelle une théologie de la liberté » in Destin, prédestination, destinée sous la direction d'Adolphe Gesché, Cerf 1995 ISBN 2-204051098
Source
- José-Maria Mayrink, « Retour annoncé de la théologie de la libération », dans Courrier international, 2005, n° 754, p. 15.
Liens externes
- Un article sur les liens entre la théologie de la libération et le marxisme, par Michael Löwy
