Temps de travail
Le temps de travail permet de mesurer la période de temps qu'un individu (une personne) passe au service de son employeur et qui est théoriquement payé. Par exemple, on dit qu'une personne qui travaille neuf heures par jour, cinq jours par semaine, a un temps de travail de 45 heures par semaine.
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Histoire du temps de travail
Avant l'ère industrielle
La croyance populaire décrit la vie de l'ère pré-industrielle comme étant sombre et très laborieuse. Le train de vie de l'époque ne correspondait pas à celui d'aujourd'hui, et « très laborieux » ne décrit pas objectivement la situation. Les personnes non esclaves travaillaient généralement moins d'heures par an qu'elles ne le font aujourd'hui, mais sur un cycle moins régulier : leur temps de travail excédait les standards modernes pendant la saison quand le surcroît de travail était utile, mais se réduisait durant les saisons creuses.
Ceci dépend du système de production agricole. L'agriculture intensive et l'élevage tolèrent moins facilement les arrêts. L'esclavage, qui était légal et pas rare à cette époque, a peut-être été un autre facteur contribuant au faible nombre d'heures travaillées des gens libres, car les esclaves absorbaient une large proportion de la demande de main-d'œuvre. L'esclavage était, effectivement, presque gratuit et les esclaves pouvaient donc travailler pendant de nombreuses heures, souvent tant qu'il faisait jour, et même durant la nuit quand la lune était pleine.
La révolution industrielle a facilité la possibilité de travailler toute l'année, puisque le travail n'était plus saisonnier, et l'éclairage artificiel a rendu possible de travailler plus longtemps dans la journée. Les esclaves, les serfs et les paysans pauvres, souvent manipulés s'endettaient, et désavantagés par rapport aux classes sociales supérieures, ils ont migré des fermes vers les manufactures /usines pour des tâches fastidieuses et dangereuses, sur des périodes de temps supérieures. Les avancées technologiques du début du capitalisme et les stimulants coloniaux comme le café, le thé et le sucre ont rendu possible un travail de 70 heures par semaine et par personne.
Avant les négociations collectives et les lois de protection des travailleurs, il n'y avait pas de frein pour la productivité à outrance des entreprises - qui devaient rentabiliser au maximum des équipements coûteux - malgré les conditions de travail très dures imposées à une main d'œuvre bon marché. Les registres indiquent que les cadences de travail pouvaient atteindre 12 à 16 heures par jour, parfois six jours par semaine.
Le calendrier républicain a alloué le jour decadi (dixième jour de la décade), c'est-à-dire un jour de repos sur dix.
Depuis l'ère industrielle
Quand les syndicats et les négociations collectives se sont développés, les travailleurs ont commencé à demander de meilleurs salaires et de plus faibles horaires de travail.
La première réglemenation a concerné le temps de travail des enfants. Après les rapports du docteur René Villermé, c'est la loi du 22 mars 1841 qui interdit le travail des enfants de moins de 8 ans et limite à 8 heures pour ceux âgés entre 8 et 12 ans. D'autres limitations seront édictées en 1892.
La fête du travail, célébrée mondialement le 1er mai commémore les morts liés à une grève en 1886 à Chicago pour travailler 8 heures par jour. Le gauchiste français Paul Lafargue a plaidé pour une baisse substantielle du temps de travail. Le temps de travail, dans la plupart des pays industrialisés, est descendu, jusqu'à environ 40 heures après la Seconde Guerre mondiale.
Ce sont les accords de juin 1936 qui ont marqué la principale étape de la baisse du temps de travail à 40 heures hebdomadaires. Toutefois son application fut de courte durée avec la fin du gouvenement de Front Populaire puis le gouvernement de Vichy. Ce n'est qu'après la Libération que l'horaire légal 40h commencera à s'appliquer.
Après sa victoire de 1981, François Mitterrand fait adopter les 39h hebdomaires, annoncées alors comme un premier pas vers les 35h. La loi sur les 39 h et la 5e semaine de congés payés est votée le 13 janvier 1982.
En 2000, la France a adopté la semaine de 35 heures, mais également favorisé des mesures d'annualisation et de flexibilité du temps de travail.
En raison de la culture orientée travail dans beaucoup de pays industrialisés durant la deuxième moitié du XXe siècle, le temps de travail n'a plus baissé. Parfois les travailleurs font des journées plus longues pour avoir plus de vacances. Aux États-Unis, et également dans d'autres pays, le temps de travail a au contraire augmenté.
Règlemention européenne
Le temps de travail est limité par la directive « 93-104 », votée en 1993 à 48h dans 15 pays d'Europe.
Les Britanniques ont imposé un article 18 dit « clause d'opt out » pour leur pays. L'opt out est le « droit »... pour un salarié de renoncer à ce droit, et d'accepter « librement », en signant son contrat de travail individuel, de travailler plus de 48h à la condition qu'il soit suivi par la médecine du travail, que les heures faites au-dessus de 48h soient comptabilisées, et qu'un bilan global soit effectué sur l'ensemble des salariés concernés.
Ce principe de l'opt out et son éventuelle extension à toute l'Union européenne, sous une forme amendée, a suscité un vif débat en 2004 et 2005. Le Parlement européen a exprimé son refus de ce principe par un vote le 13 mai 2005 (par 345 voix contre 264 et 43 abstentions). Le texte voté étendrait en revanche l'annualisation du temps de travail avec le calcul des 48 h hebdomadaires sur 12 mois au lieu de 4. La Commission européenne n'a cependant pas renoncé à « sauver » le principe de l'opt-out.
Importance du temps de travail
Le « Temps de travail » est une quantité qui peut-être mesurée pour un individu, ou de manière agrégée pour une société. Dans le dernier cas, une semaine de 40 heures implique que les individus salariés dans la société travailleront, en moyenne ou au maximum, 40 heures par semaine. Bien souvent, les sociologistes s'intéressent aux variables agrégées. Si un individu travaille 60 heures par semaine, cela peut simplement signifier qu'il ou qu'elle est simplement enthousiaste pour son travail, il ne s'agit pas d'une cause collective. Cependant, si l'allongement du temps de travail devient la norme dans la société, ces heures ne sont certainement pas volontaires, et cela représente une baisse des loisirs et un problème de santé publique.
La définition du temps de travail idéal différe dans chaque société, mais la plupart des pays industrialisés placent cette valeur entre 30 et 40 heures par semaine, en dehors des périodes de vacances, qui durent généralement entre 3 et 5 semaines payées (5 en France). Les sociétés diffèrent dans leur capacité à réaliser cet objectif : Par exemple, aux États-Unis, beaucoup de travailleurs ont peu de temps de vacances, voire n'en ont pas du tout.
Quand le temps de travail est trop faible (travail partiel), cela représente du chômage. Les individus vivant dans une telle société tendront donc, à travailler moins que ce dont ils sont capables, et à être payés moins. Le résultat est l'augmentation de la pauvreté.
Alternativement, un temps de travail trop élevé causera des problèmes de santé liés au stress, à large échelle, ainsi qu'une baisse de l'activité des loisirs. De plus, les enfants reçoivent moins d'attention des parents surchargés, et leur éducation s'en ressent. La manière exacte dont un temps de travail excessif affecte la culture, la santé publique, et l' éducation sont sujets à débats, mais l'existence d'un tel danger n'est pas contesté.
De plus, si la demande de travail reste constante, augmenter le temps de travail pour les travailleurs réduira le nombre de travailleurs. Les entreprises vont réduire leurs effectifs, ce qui induira davantage de chômage. Ceci profite aux entreprises et aux classes sociales les plus favorisées, mais à une situation perdante pour tous les travailleurs : Les employés travaillent plus d'heures qu'ils ne le souhaitent (pour un salaire identique) alors que ceux qui voudraient travailler ne le peuvent pas.
Beaucoup de nations ont imposé des limites au temps de travail afin de combattre le chômage, mais il n'existe pas de consensus pour mesurer l'efficacité de ces mesures politiques.
Les raisons de l'augmentation du temps de travail
A la fin des années 1990, le temps de travail officiel était de 40 heures aux États-Unis. Cependant, beaucoup de travailleurs faisaient plus d'heures que ce qui était déclaré. Par exemple, dans des secteurs comme l'investissement bancaire, une semaine de 40 heures est considérée comme un comportement de « fainéant » pouvant entraîner la perte de son emploi. En France, le temps de travail officiel était de 39 heures jusqu'en 2000.
Certaines nations ont renforcé leur politique de temps de travail plus que d'autres, les États-Unis sont un exemple de pays où les politiques de temps de travail ne sont pas strictement respectées. Les États-Unis autorisent légalement beaucoup de types de compensations, les deux plus courantes sont les primes et le salaire de travail. Les primes sont compensées sur une base horaire, alors que les salaires sont calculés à la semaine.
La semaine de 40 heures ne s'applique que pour le salaire du travail de base. Légalement, on peut demander aux salariés de travailler plus de 40 heures, mais les entreprises doivent alors payer 50% en plus pour chaque heure après la quarantième. Après 60 heures par semaine, les heures comptent double. Ceci a deux effets majeurs : avant tout cela incite les sociétés à limiter le temps de travail. Deuxièmement, elle rend ces heures supplémentaires plus attractives pour le travailleur. Les syndicats américains considèrent souvent les heures supplémentaires comme un avantage, quand ils en négocient la répartition parmi les travailleurs syndiqués.
Aux États-Unis, les salariés ne sont pas couverts lors des heures supplémentaires. Au moment où les lois ont été écrites, les salariés étaient principalement issus des classes moyennes et des classe supérieures, et ces individus avaient suffisamment de revenus pour qu'il n'y ait pas besoin de protection légale.
Par contraste, aujourd'hui, même les salariés et les travailleurs indépendants sont parfois marginalisés par des entreprises qui dégraissent, surtout lors d'une conjoncture économique défavorable, quand les travailleurs qualifiés sont en surnombre. En augmentant le temps de travail d'un salarié, son salaire horaire est automatiquement réduit, donc le travail devient moins cher. Beaucoup de sociétés américaines ont licencié autant de travailleurs que possible, avec un facteur de sous emploi pouvant atteindre 2 à 3, et amenant leurs employés en faire plus d'heures pour compenser les travailleurs manquants. Alors que beaucoup d'observateurs ont critiqué cette situation comme immorale, elle persiste, afin de permettre aux entreprises de dégager les bénéfices que les marchés financiers réclament.
En conséquence, une image paradoxale et dérangeante a émergé, récemment, aux États-Unis et dans d'autres pays occidentaux : La société est formée de poches de chômage et de poches de travailleurs débordés.
