Surface de Dieu
Le premier essai de calcul de la surface de Dieu se situe dans les dernières pages des Gestes et Opinions du Docteur Faustroll, en 1898. Par la suite Boris Vian ou René Daumal notamment ont également fait des recherches sur le sujet.
De son côté, Alfred Jarry prend la précaution d'avertir que Dieu est par définition inétendu, mais [qu'il] nous est permis, pour la clarté de notre énoncé, de lui supposer un nombre quelconque, plus grand que zéro. Cependant que dans ses Divers calculs concernant Dieu dont certains sont faux, Boris Vian partant du postulat que Dieu=D+i+e+u, conclue entre autres solutions possibles, que Dieu = 0...
Certains commentateurs considèrent qu'il faut faire attention de ne pas appréhender ces équations avec un point de vue de mathématicien classique, mais de le considérer comme une suite pataphysique car, dit Georges Petitfaux, qui fut provéditeur général du collège de ’Pataphysique, ce calcul est, du point de vue mathématique, très désinvolte.
Le postulat de départ est aussi de calculer une surface plane, à partir du triangle, représentation symbolique traditionnelle de Dieu. Cependant, pour Faustroll, la trinité divine est davantage contenue dans les trois hauteurs du triangle que dans ses côtés ou sommets.
Dieu est donc supposé sous la figure de trois droites égales, de longueur a et issues d'un même point.
Soit x la médiane prolongement d'une des personnes a, 2y le côté du triangle auquel elle est perpendiculaire, N et P les prolongements à l'infini, de part et d'autre de la droite (a + x).
or
et
P = 0
d'où
x = − a
D'autre part, un triangle rectangle aux côtés a, x et y donne
a2 = x2 + y2
puisque
x = − a
a2 = ( − a)2 + y2 = a2 + y2
d'où
y2 = a2 − a2 = 0
et
La surface du triangle équilatéral sera
Faustroll affirme qu'à première vue du radical
, la surface calculée est une ligne au plus, et constate que la base [du] triangle coïncide avec son sommet. Et de conclure que a est une droite qui joint 0 à
. Aurement dit: Dieu est le plus court chemin de zéro à l'infini, dans un sens ou dans l'autre
Mais, Dieu étant inétendu n'est pas une ligne, et dans l'identité
la longueur a n'est pas une ligne mais un point. La conclusion du calcul de la surface de Dieu sera donc, conformément à la formule du Docteur Faustroll:
- Dieu est le point tangent de zéro et de l'infini.
