Suite (mathématiques)
Le présent article concerne la suite en tant que concept mathématique. Voir l'article Suite pour les autres sens.
En mathématiques, une suite d'un ensemble E est une famille d'éléments de E indexée par l'ensemble des entiers naturels
ou par une partie A de
. Autrement dit une suite est une application de
vers E ou de A vers E. On note classiquement une suite (un), ou
.
De manière vulgarisée, on pourrait dire qu'une suite est une liste d'objets mis en ordre, chacun ayant un numéro d'ordre.
Cas particuliers :
- si
, alors la suite est dite réelle,
- si
, alors la suite est dite complexe,
- si A est une partie finie, alors la suite est dite finie.
- si (un) est une suite, si
on dit que (un) est une suite presque nulle, ou nulle à partir d'un certain rang.
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Notations
Soit A une partie de
.
Soit
une suite d'éléments de E. Nous notons un, l'image u(n) de l'entier n par u.
Ainsi, les images de
sont notées
.
On dit que un est le terme de rang n, ou d'indice n de la suite u.
Nous notons en général la suite u :
qui est donc une application.
Lorsque
, nous notons plus simplement la suite :
.
Lorsque
, nous pouvons noter la suite
ou encore
.
L'ensemble des suites d'éléments de E, indexées par une partie A de
se note
ou EA.
Remarque
Nous ne devons pas confondre la suite
avec l'ensemble des valeurs de la suite
qui est l'image directe de
par u. Par exemple, considérons la suite
, l'ensemble des valeurs de la suite est { − 1,1}.
Exemples
La suite nulle est la suite dont tous les termes sont nuls :
Pour des raisons de commodité, pour tout élément k de E on identifie k et la suite :
Posons
;
est la suite des inverses des nombres entiers. Celle-ci peut être représentée par:
Terme général et récurrence
Une suite étant une application de A (partie de
) dans E , il est intéressant, voire primordial, de connaître l'image de n pour tout n de A. Si un est donné comme expression de n et permet un calcul direct du nombre, on dit que l'on connait le terme général de un.
Cependant, si
, la nature de l'ensemble de départ permet de définir la suite par une relation de récurrence : le terme d'indice n est donné comme fonction de n et des termes d'indices k, k ≤ n. Il suffit alors de donner
pour en déduire tous les termes. En pratique, la détermination de
va nécessiter le calcul de tous les termes de
à
, soit une opération bien longue. En programmation, cette récurrence a donné lieu à la création des fonctions récursives. Une partie de la recherche sur les suites va consister à déterminer le terme général d'une suite connaissant sa relation de récurrence.
Exemple : la suite définie par u0 = 1 et, pour tout entier n, un + 1 = (n + 1)un est la suite des factorielles : un = n!
Somme des termes d'une suite
Si E est un groupe additif, on note :
ou
la somme :
.
Voir aussi : Série (mathématiques).
Exemples de suites
Suite arithmétique
- Voir article détaillé : Suite arithmétique
C'est une suite à valeurs dans un groupe additif, définie par récurrence par
son terme général est alors
Suite géométrique
- Voir article détaillé : Suite géométrique
C'est une suite à valeurs dans un corps, définie par récurrence par
son terme général est alors
Suites arithmético-géométriques
- Voir article détaillé : Suite arithmético-géométrique
C'est une suite à valeurs dans un corps, définie par récurrence par
- Si a = 1, la suite est arithmétique
- Si
son terme général est alors
Suites récurrentes linéaires à coefficients constants
- Voir article détaillé : suite récurrente linéaire
Une suite récurrente linéaire est définie par une relation de récurrence :
où a0, a1, …ap − 1 sont p scalaires (a0 non nul). L’entier p est appelé l’ordre de la récurrence. Sont entièrement connues les suites à récurrence linéaire d’ordre 1 (suite géométrique) et 2 (voir suite récurrente linéaire). Une suite récurrente linéaire d’ordre 2 célèbre est la suite de Fibonacci. L’étude des suites récurrentes linéaires d’ordre p fait appel à la notion d’espace vectoriel et au calcul matriciel.
Quelques suites célèbres
Il est assez surprenant que ce soit dans l'univers des suites d'entiers que l'on trouve les suites les plus célèbres :
- la suite de Fibonacci où chaque terme est la somme des deux termes qui le précèdent et dont on connait le terme général et sa relation avec le nombre d'or
- la suite de Conway, piège de test de QI, où chaque terme est la description à voix haute du terme précédent
- La suite de Syracuse ou de Collatz définie par une relation de récurrence simple : le terme suivant est obtenu en prenant, ou bien la moitié du terme précédent si celui-ci est pair, ou bien le triple du terme précédent augmenté de un si celui-ci est impair. Cette suite reste encore une énigme pour les mathématiciens.
Limite de suite
- Voir article détaillé: Limite de suite
Suite convergente
La notion de limite d'une suite est classique en topologie et les cas de convergence dans
ou
est un cas particulier de cette définition.; . « Moralement », l'idée est qu'une suite a une certaine limite lorsque ses points se rapprochent de la valeur limite lorsque l'indice devient grand.
Définition générale :
Soit E un espace muni d'une topologie
. On note
l'ensemble des ouverts contenant u.
On dira que la suite
est une suite convergente vers
si
-
,
tel que
,
.
Cette définition se traduit plus simplement pour des suites convergente dans
ou
Suite réelle convergente
On dira que la suite u est convergente vers u * lorsque pour tout
, il existe
tel que pour tout
, n > N:
On dit alors que u tend vers u * , et on le note :
Suite complexe convergente
La même définition s'applique en écrivant, à la place d'une valeur absolue, un module.
Limites infinies
Pour les suites réelles, on élargit le champ des limites possibles aux deux limites infinies
et
avec les définitions suivantes
Définition 1 :
On dira que la suite u est divergente vers
lorsque pour tout
, il existe
tel que pour tout
, n > N:
- un > M
On dit alors que u tend vers
, et on le note :
Définition 2 :
On dira que la suite u est divergente vers
si, pour tout
, il existe
tel que pour tout
, n > N:
- un < − M
On dit alors que u tend vers
, et on le note :
Propriétés
Les propriétés sur les limites
- Unicité
- Opération
- Complétude
vont dépendre de l'espace sur lequel on travaille et sont détaillées dans l'article Limite de suite
Suites réelles et relation d'ordre
Suites monotones
On dit qu'une suite réelle est monotone lorsqu'elle est croissante ou décroissante (strictement ou non).
Suite croissante: On dira que la suite
est croissante lorsque :
Suite strictement croissante: On dira que la suite
est strictement croissante lorsque :
Suite décroissante:On dira que la suite
est décroissante lorsque :
Suite strictement décroissante: On dira que la suite
est strictement décroissante lorsque :
Exemples :
Critères
Propriété 1 : critère de croissance
Propriété 2 : critère de décroissance
Limites de suites monotones
Suite monotone bornée
L'axiome de la borne supérieure, permet de démontrer facilement :
Si
est croissante (resp. décroissante) et majorée par M (resp. minorée par m), alors
est convergente et
.
De cette propriété, découle la remarque suivante :
Si :
-
est croissante
-
est décroissante
-
tel que :
on a
alors :
- (u) et (v) sont convergentes et
Suite monotone non bornée
Si
est croissante (resp. décroissante) et non majorée (resp. non minorée ), alors
tend vers
(resp.
)
Suites adjacentes
Deux suites réelles
et
sont dites adjacentes lorsque :
- l'une est croissante
- l'autre est décroissante
- la suite
converge vers 0
On complète souvent cette définition par la condition supplémentaire : la suite croissante est inférieure à la suite décroissante. Si cette précision permet de mieux visualiser ce que sont deux suites adjacentes, elle n'est qu'une conséquence des 3 conditions précédentes.
L'intérêt des suites adjacentes est qu'elles permettent d'une part de prouver l'existence d'une limite, d'autre part de fournir un encadrement de celle-ci aussi fin qu'on le souhaite. Ceci grâce aux deux propriétés suivantes:
- Si deux suites réelles
et
sont adjacentes, alors elles convergent et ont la même limite
.
- De plus, en supposant
croissante et
décroissante on a :
Suites particulières
Suites de Cauchy
- Voir article détaillé : Suite de Cauchy
Dans ce paragraphe, on supposera que
est un espace métrique.
Une suite
est dite de Cauchy lorsque :
,
tels que :
,
,
et
On démontre que
- Toute suite convergente est une suite de Cauchy.
- Toute suite de Cauchy est bornée.
- Dans un espace complet, toute suite de Cauchy est convergente
Suites extraites
Soit
une suite à valeurs dans un espace
.
Si
est une fonction strictement croissante (une telle fonction s'appelle une extractrice), on dit que la suite
est une suite extraite (ou sous-suite) de la suite
.
Grosso modo, c'est la suite
pour laquelle on n'a gardé que certains termes (une infinité quand même).
Ces suites extraites se révèlent intéressantes quand on cherche à déterminer des valeurs d'adhérence.
Suites équivalentes
Définition
Soient
et
deux suites à valeurs réelles.
et
sont équivalentes si et seulement si
telle que
tel que 
On note alors
Remarque
Si
à partir d'un certain rang, alors
si et seulement si
Suites prépondérantes
Définition
Soient
et
deux suites à valeurs réelles.
On dit que
est négligeable devant
si et seulement si :
telle que
, ce qu'on note un = o(vn)
Exemple
Considérons
et
Posons
On a alors :
D'où
Voir aussi

