Suétone

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Gaius Suetonus Tranquillus, dit Suétone, est un historien romain né dans le milieu des années 70 de notre ère et mort vers 130. Il est issu d'une famille de récente chevalerie, probablement romaine.

Il est auteur des célèbres Vies des Douze César (De vita Caesarum)

Œuvres

Peu de choses nous sont connues de la vie de Caius Suetonius Tranquillus. Deux ou trois passages de ses ouvrages, quelques lettres de Pline le Jeune, une mention de Spartien dans la Vita Hadriani, sont les seuls éléments qui nous permettent de reconstituer sa biographie. Suétone naquit probablement à Rome vers 69 ap. J.-C. Son père, Suetonius Laetus, fut tribun légionnaire et assista à la bataille de Bedriacum, où Vitellius triompha d'Othon. Attiré par le barreau, dont les portes lui restèrent cependant fermées, Suétone aurait semble-t-il, enseigné la grammaire, puis brigué un poste de tribun militaire. Il jouit de la protection de son ami Pline le Jeune, qui lui obtient un poste d'archiviste sous l'administration de Trajan. Sous Hadrien, il fut nommé secrétaire ab epistolis, responsable de la correspondance intime de l'empereur. Un passage de Spartien sur les motifs qui lui firent encourir la disgrâce en 422, laisse croire qu'il s'était attiré les faveurs — ou les défaveurs — de l'impératrice Sabina, mais il est plus probable que Suétone se trouva mêlé à quelque intrigue de cour. Il vécut dès lors dans la retraite et se consacra tout entier à ses travaux de grammaire, de littérature et d'histoire.

Il fut un auteur très fécond si l'on en croit la longue liste d'ouvrages qu'un commentateur de l'époque lui attribue. Parmi ceux-ci, des études de moeurs, sur les jeux d'enfants chez les Grecs, sur les spectacles chez les Romains, un traité des Institutions et des moeurs romaines.

Seuls quelques-uns de ces titres nous sont parvenus, et l'histoire, n'a retenu de son œuvre que le De viris illustribus, une série de courtes biographies des figures littéraires romaines les plus connues, dont seule la première partie nous est connue, et ses Vies des douze Césars, biographies beaucoup plus élaborées des empereurs romains, de Jules César à Domitien. Sa réputation est essentiellement fondée sur ce dernier ouvrage qui marque un point tournant dans l'historiographie latine. Le texte de chaque biographie est articulé selon le schéma suivant: description des origines familiales, la carrière avant l'ascension au pouvoir, ses actions publiques, sa vie privée, son apparence physique et les derniers jours de l'empereur. Suétone porte peu d'intérêt à l'histoire et à l'administration de l'empire. En tant que secrétaire intime d'Hadrien, il a pu puiser aux sources contemporaines, il avait accès aux procès-verbaux des séances du Sénat, de même qu'aux sénatus-consultes. Il cite à plusieurs reprises des lettres et des testaments d'empereurs. Mais Suétone, et c'est le principal reproche qu'on lui adresse — son plus grand mérite selon d'autres —, alimente surtout ses textes de la chronique politique et scandaleuse à Rome. Il aurait recueilli en fréquentant la société de Pline le Jeune, nombre d'anecdotes et d'histoires colportées par la rumeur, dont l'authenticité est souvent douteuse, mais qu'il n'a certainement pas inventées et qui donnent une idée assez fidèle de ce qui se disaient au sujet des empereurs à son époque. On a dit que, pour écrire son livre, Suétone avait écouté aux portes et qu'il avait souvent mal entendu ce que l'on disait. Cela est fort possible ; néanmoins, après Tacite et Dion Cassius, ses Vies des Césars nous donnent sur le premier siècle de l'empire des renseignements précieux, qui ne se rencontrent point ailleurs.

L'étoile littéraire de Suétone pâlit lorsqu'on la compare à celle de son contemporain Tacite, auteur des Annales, considéré comme le plus grand écrivain latin après Cicéron. La prose de Suétone est celle d'un compilateur, qui ne manifeste de l'émotion qu'avec circonspection. Il ne possède ni l'intelligence politique ni la pénétration de Tacite, dont l'œuvre est teintée du pessimisme qu'il conçoit devant la décadence des moeurs politiques romaines, qu'il attribue à l'avènement du pouvoir impérial absolu à partir d'Auguste. Mais la critique reconnaît généralement la vivacité des portraits de Suétone, rédigés dans une prose simple et précise, visant avant tout à l'efficacité, et dépourvue de la phraséologie archaïque et précieuse qui encombre la littérature contemporaine. La fortune historique de Suétone fut considérable : au Moyen-Âge, Eginhard, s'en inspire pour écrire l'historien de Charlemagne et de ses héritiers. Ses ouvrages furent rééditées pendant la Renaissance dès la naissance de l'imprimerie.

Voir aussi :

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Historiens célèbres - Auteurs latins

See also: Suétone, 130, 422, 69, 70