Joseph Staline
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Joseph Vissarionovich Djougachvili (en russe Иосиф Виссарионович Джугашвили, en géorgien : იოსებ ბესარიონის ძე ჯუღაშვილი Iosseb Bessarionis dze Djoughachvili) (21 décembre 1879 - 5 mars 1953), généralement connu sous le nom de Joseph Staline (Иосиф Сталин), a dirigé l'Union Soviétique pendant près de trente ans. Aussi appelé Koba (d'après un héros populaire géorgien). Le nom Staline a été le sien durant les années de clandestinité, il provient du mot russe сталь (stal) qui signifie acier.
Staline est incontestablement l'une des plus grandes figures politiques du XXe siècle. Son personnage et son action sont encore source de vives, voire violentes, polémiques. Son souvenir est néanmoins associé à la victoire militaire de l'URSS contre l'Allemagne nazie dont Churchill dira à la fin de la guerre : « nous avons tué le mauvais cochon (wrong pig) », thème repris par Orwell. Continuateur du système repressif mis en place sous Lénine, il a déporté des millions de personnes, et a fait exécuter la majorité de ses opposants.
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Enfance et apprentissage
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Né à Gori, en Géorgie de parents paysans illettrés, son caractère difficile serait selon certains la conséquence des dures raclées de son père. Cela aurait créé en lui un profond désir de vengeance à l'encontre de quiconque s'opposait à lui. Sa mère, fervente orthodoxe, le pousse vers la prêtrise. Staline entre au séminaire de Tbilissi où il reste jusqu'à vingt ans.
Au séminaire, il est initié au socialisme avant d'être expulsé en 1899. Staline entre alors en clandestinité, se fait arrêter à de nombreuses reprises avant d'être déporté par le régime tsariste en Sibérie. Il s'évade en 1904 et adhère à la fraction bolchevique du P.O.S.D.R.. Il se rapproche de la doctrine de Lénine qui prône un parti communiste fort qu'il proclame avant-garde éclairée du prolétariat. Lénine le fait coopter au comité central du parti en 1912.
L'accession au pouvoir
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Après la chute du régime tsariste lors de la Révolution de février 1917, Staline, à peine de retour d'une longue déportation en Sibérie, prend en main la direction du Parti à Pétrograd. Il prône alors la politique du « soutien critique » au gouvernement provisoire réformiste bourgeois d'Alexandre Kerensky. Néanmoins, dès le retour d'exil de Lénine, il se rangera très rapidement aux Thèses d'Avril. Celles-ci avançaient l'idée que la tâche des bolcheviks était de préparer la révolution socialiste, seule à même, selon Lénine, de donner le pouvoir au peuple et d'arrêter la guerre.
Staline, d'origine géorgienne, est nommé Commissaire aux Nationalités dans la nouvelle administration. Il en gravit les échelons et, devient secrétaire général du parti en 1922, poste dont il va faire le plus important du pays.
Le stalinisme
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Staline, Voroshilov, Yakovlev, Khrouchtchev
Comme Léon Trotski, Staline se réclame à la fois du marxisme et du léninisme. Dans les années 1920, Staline s'empare progressivement du pouvoir en excluant du Parti ceux qui s'opposent à lui et en éliminant - politiquement, puis physiquement - ses éventuels rivaux. En 1926, il est à la tête de l'URSS et du Komintern (IIIe Internationale rassemblant l'ensemble des partis léninistes). En 1928, il expulse Trotski de l'URSS qui s'exile et trouvera asile au Mexique. Staline met fin au timide libéralisme économique entamé en 1922 par Lénine sous le nom de Nouvelle politique économique (NEP). Commence alors une politique de nationalisation systématique ; on envoie les opposants politiques (y compris léninistes) dans des camps de travail : les goulags. Staline théorise sa politique sous le nom de marxisme-léninisme : socialisme dans un seul pays, centralisme démocratique à l'intérieur du Parti, priorité accordée à l'accumulation du capital, au développement des moyens de production et à l'industrie lourde. Certains marxistes se réclamant de Lénine s'opposent alors au marxisme-léninisme de Staline : les trotskistes dénoncent la dictature à l'intérieur du Parti, les bordiguistes dénoncent la politique économique de Staline comme une forme de capitalisme d'État. Voir Procès de Moscou. En 1938, Trotski fonde la IVe Internationale rassemblant tous les partis trotskistes. Il est assassiné par Ramon Mercader, un agent de Staline en 1940.
En août 1939, Staline signe avec Hitler le pacte germano-soviétique, organisant le partage de la Pologne entre l'Allemagne et l'URSS à partir de 1940. Ce pacte prend fin en 1941 avec l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht. De 1943 à 1945, l'URSS arrête puis finit par repousser les troupes de Hitler. L'Armée rouge finit par prendre Berlin. Les pays d'Europe de l'Est traversés sont placés contrôle de l'Armée rouge et y restent après la Conférence de Yalta. Staline leur impose le modèle soviétique, notamment par le coup de Prague en 1948 et des gouvernements fantoches. Il crée en 1947 le Kominform, une nouvelle Internationale dirigée par le PCUS (Parti Communiste d'Union des républiques socialistes soviétiques et rassemblant tous les partis communistes.
Staline meurt en mars 1953. Il est remplacé par Nikita Khrouchtchev à la tête du pays. En 1956, l'URSS rompt officiellement avec le stalinisme, mais réprime dans le sang le soulèvement populaire en Hongrie. Par la suite, seules la République Populaire de Chine de Mao Zedong et l'Albanie de Enver Hodja se réclameront ouvertement de Staline, et ce jusqu'à la mort de Mao Zedong en 1976. Même aujourd'hui (2005), la critique de Staline n'est pas à l'ordre du jour en Chine populaire.
Après 1976, le régime Khmers rouges au Cambodge se réclame de Staline.
Aujourd'hui, plusieurs groupes maoïstes continuent à se réclamer plus ou moins directement de Staline : guérilla népalaise, Sentier Lumineux au Pérou, ou Parti Communiste Marxiste-Léniniste de France.
Bibliographie
- Antoine Auger, Dimitri Casali, Staline et son temps, Editions Mango (5 novembre 2004), ISBN 2740418558
- Roman Brackman, Gérald Messadié, Staline, agent du tsar, L'Archipel (5 mars 2003), ISBN 2841874621
- Hélène Carrère d'Encausse, Staline, l'ordre par la terreur, Flammarion (6 avril 1998), ISBN 2080810731
- Pavel Chinsky, Nicolas Werth (Préface), Staline : Archives inédites, 1926-1936, Berg International (25 novembre 2001), ISBN 2911289382
- Robert Conquest (Trad. Michèle Garène), Staline, Odile Jacob (8 mars 1999), ISBN 2738101747
- Robert Conquest, La grande terreur, précédé des « Sanglantes moissons : Les purges staliniennes des années 30 », Robert Laffont (7 septembre 1995), ISBN 2221069544
- Deutscher, Isaac - Staline Gallimard (Paris, 1973) ISBN 2070296962
- Boris Groys, Staline œuvre d'art totale, Jacqueline Chambon (19 mai 1998), ISBN 2877110370
- Nicolas Jallot, Piégés par Staline : Des milliers de citoyens français derrière le rideau de fer, Pocket (21 octobre 2004), ISBN 226613549X
- Richard Lourie, Martine Leroy-Battistelli (Traduction), Moi, Staline, Noir sur blanc (27 février 2003), ISBN 2882501269
- Jean-Jacques Marie, Staline, Fayard (15 mars 2003), ISBN 2213608970
- Jean-Jacques Marie, Staline, 1878-1953, J'ai Lu (5 février 2003), ISBN 2290328219
- Jean-Jacques Marie, Derniers complots de Staline- 1953, Editions Complexe (24 février 1997), ISBN 2870274750
- Ludo Martens, Un autre regard sur Staline. Bruxelles, EPO, 1994, ISBN: 2-87262-205-5
- Le Monde, Staline, une barbarie moderne, Editions de l'Aube (9 mars 2004), ISBN 2876789507
- Boris Souvarine, Staline. Aperçu historique du bolchévisme. Paris, Plon, 1935 ou Editions Gérard Lebovici, Paris, 1985. Nouvelle édition revue par l'auteur. Réédité par Ivréa (Paris, 1992) ISBN 2851840762
- Adam B. Ulam, Staline, l'homme et son temps - la montée, Gallimard/Calmann Lévy (Paris, 1977) ISBN 2070295141
- Adam B. Ulam, Staline, l'homme et son temps - le pouvoir, Gallimard/Calmann Lévy (Paris, 1977) ISBN 207029577X
- Arkady Vaksberg, Staline et les Juifs, Laffont (20 février 2003), ISBN 2221093739
- Alexandra Viatteau, Staline assassine la Pologne, 1939-1945, Le Seuil (1999), ISBN 2020231719
- Dimitri Volkogonov, Staline, Flammarion (22 janvier 2001), ISBN 2080663194
Citations
- Léon Blum : « Je conviens sans nulle difficulté que la politique de l'Etat soviétique est conduite par un homme extraordinaire. Staline est un homme de génie. Il est génial par ses dimensions, sa puissance intérieure d'efficacité comme par la profondeur de ses desseins. »
- Jeannette Thorez (source : Le Figaro, janvier 1997) : « 85 millions de morts à cause du communisme, c'est un terrible mensonge. J'ai toujours considéré que Staline était un grand homme, un véritable combattant, quelqu'un de raisonnable. »
Voir aussi
- Funérailles de Joseph Staline
- Karl Marx, Friedrich Engels, Lénine, Trotsky
- IIIe Internationale, IVe Internationale, stalinisme, Marxisme-léninisme, Maoisme, Socialisme, Communisme
- URSS
- Parti communiste français, Extrême gauche, Mouvements révolutionnaires, Résistance
- Seconde Guerre mondiale
- parti politique, mouvements politiques, Idées politiques *goulag, procès de Moscou, collectivisation.
- URSS de Staline
