Soufisme
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Le soufisme (arabe : تصوف [taṣawwuf]) est une doctrine et une pratique mystique de l'Islam qui apparut au VIIIe siècle de l'ère chrétienne et dès les premiers temps de l'avènement de l'islam et qui se fonde essentiellement sur le Coran et la sunna (tradition prophétique). Ce mouvement serait le résultat de ce verset coranique tenu pour être un encouragement au dhikr, à la mystique :
- Reste en la compagnie de ceux qui, matin et soir, invoquent leur Seigneur en désirant sa Face.
- Le Coran (XVIII ; 28)
"L'islam est la religion de l'Unicité de Dieu, de l'amour et de la paix. Il symbolise l'éffort permanent, le combat incessant pour l’excellence du comportement, et la sincérité du cullte; le Soufisme en est le cœur. C'est la voie de la Connaissance de Dieu, et de la sérénité de l'âme." Sidi Hamza Al Qadiri Al Boutchichi
Ce courant ne va pas jusqu’à créer de véritables monastères, car le Coran récuse clairement la vie monastique.
- Ils (Les chrétiens) ont inventé la vie monastique – que Nous n’avions nullement prescrite – poussés par le désir de plaire à Dieu.
- Le Coran (LVII ; 27)
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Etymologie
L’hypothèse la plus courante est que le mot soufi et ses dérivés viennent de l'arabe souf signifiant laine (صوف [ṣūf], laine). C’est celle que retient Ibn Khaldoun. Le soufi porte en général un vêtement de laine en signe de modestie comme le prophète et les pauvres. La modestie et la pauvreté sont évoquées dans d'autres noms donnés à certains d'entre eux : derviche (farsi: درويش [derwiš], mendiant) ou fakir (arabe: فقير [faqīr], pauvre).
Une autre hypothèse serait que ce mot dérive de l'arabe safâ (صفا [ṣafā] clair ; limpide) ou sâf (صاف [ṣāf] clair ; limpide) ou sufwa (صُفْوة [ṣufwa] élite ; les meilleurs).
Enfin le mot vient peut être d’un groupe de croyants qui vivaient pauvrement à l’abri de la mosquée du prophète et appelés les gens de l’auvent (أَهلُ الصُّفَّةِ [ahl aṣ-ṣuffa], les gens de l’auvent).
Les pratiques
Le soufisme est reconnu par les quatre écoles juridiques (madhhab) sunnites et par les chiites comme une expression de la foi islamique. Cependant certaines confréries sont à la limite , voire sortent des limites de l’islam quand elles y amalgament des croyances extérieures. Dans ce cas, et bien que se réclamant de l’islam, leur membres se voient parfois refuser le titre de musulmans. Les Wahhabites et les Salafites refusent le soufisme dans son ensemble, en le considérant comme une innovation hérétique (bid`ah).
À cause de son caractère initiatique le soufisme est parfois comparé à la franc-maçonnerie, mais il est sans doute plus juste de le comparer au bouddhisme zen ou au gnosticisme.
Un membre initié du soufisme est généralement appelé un soufi, bien que ce terme désigne un individu parvenu à la réalisation spirituelle totale. Un aspirant à une telle réalisation intérieure devrait être appelé moutaçawwuf (مُتَصَوِّف [mutaṣawwuf]).
Les maîtres soufis se sont servis de la terminologie coranique pour décrire différents degrés de réalisation spirituelle. Ils distinguent trois phases dans l'élévation de l'âme vers la connaissance de Dieu : d'abord l'âme gouvernée par ses passions. Le postulant à l'initiation, qui est considéré comme étant à ce stade, est appelé mourîd (مُريد [murīd], novice; nouvel adepte; disciple). Vient ensuite le degré de l'âme qui se blâme elle-même, c’est-à-dire qui cherche à se corriger intérieurement, l'initié qui parvient à ce stade est appelé salîk (farsi: سالك [sālik], voyageur) itinérant, allusion au symbolique « voyage intérieur ». Puis le troisième et dernier niveau est celui de l'âme apaisée, réintégrée à l'Esprit: l'initié arrivé à ce stade est appelé mouradh (parfait).
Les soufis sont organisés en confréries (turuq, pluriel de tarîqa; chemin,voie) fondées par des maîtres spirituels (chaykh) généralement descendants du prophète Muhammad par son cousin Ali et sa fille Fâtima. Chaque soufi doit faire état d'une « chaîne » (silsilah) qui le rattache par différents intermédiaires à l'enseignement du Prophète. L'exercice spirituel que les soufis privilégient est le dhikr (remémoration, souvenir); il s'agit d'une pratique consistant à évoquer Allah (Dieu) en répétant Son nom de manière rythmée et en restant centré sur Sa pensée. Le dikhr est considéré comme une pratique transformatrice de l'âme, car on juge que le nom d'Allah possède une sorte de valeur théurgique qui agit sur l'âme.
Les premiers groupes de soufis s'organisèrent à Koufa et à Bassora dès le VIIIe siècle de l'ère chrétienne, puis à Bagdad au IXe siècle. Le soufisme est surtout implanté dans les régions tardivement converties à l'Islam : en Asie centrale, en Inde, où il fut l'un des fers de lance de l'islamisation, et dans le monde turc.
Le soufisme est un courant ésotérique qui professe une doctrine affirmant que toute réalité comporte un aspect extérieur apparent (exotérique ou zahir) et un aspect intérieur caché (ésotérique ou batin). Il se caractérise par une forme de renoncement aux biens matériels (piétisme) et une volonté de recherche de l'extase, ou plutôt de « l'extinction » (al-fana'), c’est-à-dire l'annihilation de l'ego pour parvenir à la conscience de la présence de l'action de Dieu en soi :
- Mes cieux et ma terre ne peuvent Me contenir, mais le cœur de mon serviteur croyant Me contient .
- Hadith divin (قُدْسِيّ [qudsīy], sacré; saint)
Le petit moi individuel doit être sacrifié pour laisser place à l'Esprit, étincelle divine en l'homme :
- Il l'a formé harmonieusement puis lui a insufflé de Son esprit.
- Le Coran (XXXII; 9)
Le soufisme se présente donc comme l'aspect intérieur de l'Islam.
Les confréries soufies furent persécutées par certaines autorités du sunnisme car jugées hétérodoxes par certains docteurs de la loi musulmane et alliées au chiisme. Aujourd'hui encore le wahhabisme cherche à diminuer l'influence des confréries soufies dans le monde, le soufisme étant considéré comme un instrument pour sortir du cadre d'une forme d'orthodoxie très stricte et littéraliste définie par les autorités spirituelles du wahhabisme. En Perse la dynastie des Séfévides était issue d'une dynastie soufie.
Au XIXe siècle, le soufisme s'est développé en Afrique et au Maghreb dans une réaction contre la colonisation des européens ; il y persiste encore.
Principaux membres
- A'd od-Din Mahmud Shabestari
- Djallal el Din Rûmi
- Nûruddîn Abdurrahmân Isfarâyinî
- Sidi Hamza al Qâdiri al Boutchichi
la réalité du soufisme serait intérieure. Aussi le soufi se confond dans sa forme extérieure à la classe des gens en recherche authentique. Il se confond aux maîtres des écoles de sagesse qui de l'Anatolie à New Delhi préexistent bien avant l'islam. L'état d'absolue humilité qui caractérise la pensée soufie rend délicate sa séparation de l'emballage du moment.
Voir aussi
Liens connexes
- Derviche
- Qawwali
- Sidi Hamza al Qâdiri al Boutchichi article sur le guide actuel de la Tariqa Qadiria Boudchichiya
- Confréries soufies
- Confrérie des Mourides
Liens externes
- Aux sources de l'Islam
- www.soufisme.org Site de la Revue Soufisme d'Orient et d'Occident - Voie Qadiryia Boutchichia
- www.tariqa.org Site de la Voie soufie Qadiryia Boutchichia
- www.saveurs-soufies.com
- http://www.tasawuf.ws, site de soufisme et de la Tariqa Alawiya
- http://www.onelittleangel.com/sagesse/religion/soufisme.asp, site consacré à des citations de saints, théologues, poètes et philosophes, notamment soufis.
- Les origines du Soufisme: Comme la doctrine Soufie, le panthéisme est adopté par d’autres religions et philosophies faites par des hommes. Cela est confirmé par S. R. Sharda dans son livre, « Pensées Soufies ».
- Sufi Méditation et Guérir
- Un article sur la réfutation des préjugés contre le soufisme
- [1] Site de l'association des Foqaras de Bordeaux membres de la confrérie Allawiya dont le chef spirituel est Cheikh Khaled Bentounes
Références
- Faouzi Skali, La Voie soufie, éd. Albin Michel (coll. Spiritualités vivantes)
- Faouzi Skali, Le Face à face des cœurs, éd. Pocket
- Karim Ben Driss, Sidi Hamza al-Qadiri Boudchichi: le renouveau du soufisme au Maroc, éd. Al Bouraq
- Revue Soufisme d'Orient et d'Occident, éd. Al Bouraq
- Éric Geoffroy, L'Instant soufi, éd. Actes Sud (coll. Le Souffle de l'esprit)
- C. Bonaud, Le soufisme, al-tasawwuf et la spéritualité islamique, Paris, Maisonneuve & Larose/Institut du monde arabe, 1991
- Michel Malherbe, Le soufisme est l'une des composantes majeures de la spiritualité universelle. Excellent résumé dans le livre Les religions de l'humanité au chapitre de l'Islam, éd. Criterion
- Cheikh AbdAlah Penot, Le livre des Haltes, traduction partiel d'un ouvrage du Cheikh AbdelKader alJaziri, edition alif
