Sherlock Holmes
Sherlock Holmes est un personnage de roman policier inventé par Sir Arthur Conan Doyle. Il est fréquemment accompagné du Docteur Watson. Cependant, en 1959, d’après un sondage de la BBC, 59% des Anglais pensaient qu’il avait réellement existé.
Holmes-by-paget.jpg
Sherlock Holmes par Sidney Paget
| Sommaire |
Généralités
Sherlock Holmes est l’archétype du détective. C’est un personnage d’une étonnante puissance de déduction et d’un non moins étonnant sens de l'observation, servis par une culture générale portant sur des sujets parfois hors du commun (il est capable de reconnaître la marque d’un tabac à son odeur ou à la couleur de ses cendres). Chimiste et physicien, il est aussi amateur de cocaïne pour stimuler de temps à autre ses facultés intellectuelles ou tromper son ennui entre deux affaires (la cocaïne ne devient une substance illégale qu’en 1903), ainsi que joueur de violon.
Holmes se débarrasse impitoyablement de toute connaissance ne pouvant lui être d’aucune utilité, afin de ne pas encombrer son esprit. Watson découvre dans Une étude en rouge qu’il ignore même que la Terre tourne autour du Soleil. Se l’étant fait apprendre par Watson, il lui annonce son intention d’oublier le plus vite possible cette « information » qu’il estime inutile à son art. L’Étrange affaire des chats de madame Hudson, apocryphe « autorisé » du physicien Colin Bruce, montre un Sherlock Holmes au contraire passionné de physique au point de redécouvrir toute la physique moderne, mécanique quantique et fission nucléaire y comprises, dès son époque.
Biographie
D’après plusieurs auteurs, Holmes est né le 6 janvier 1854, fils cadet d’un père propriétaire fermier et d’une mère d’origine française, puisque sa grand-mère était une fille du peintre paysagiste Horace Vernet.
Son frère ainé, Mycroft, haut placé dans les services secrets britanniques, est, selon Sherlock, encore plus brillant que lui, mais n’a ni son énergie, ni son goût de l’aventure et de l’action. Travaillant dans un ministère, il passe l’essentiel de son temps libre au Club Diogène. Les deux frères se croisent néanmoins dans quelques aventures, en se livrant lors de l’une d’elles à un dialogue fourmillant de déductions en cascade qui laisse pantois le bon docteur Watson.
Éternel célibataire, « légèrement mysogyne », il vit au 221B Baker Street, dans la pension de Mrs Hudson, adorable vieille dame, excellente cuisinière et pleine d’un bon sens populaire. Pourquoi le 221B ? Mystère ! Après des études variées, le jeune Sherlock Holmes s’installe comme détective à Londres, où il partage rapidement un appartement à Baker Street avec un médecin revenant d’Afghanistan, John Watson, qui devient son biographe.
Carrière
Une étude en rouge (1887) est un roman qui décrit sa première enquête (ou la première enquête publiée (?)) suivi rapidement du Signe des quatre (1890).
L’année suivante, le 4 mai 1891, il disparaît dans les chutes du Reichenbach, près de Meiringen, en Suisse. Tout le monde le croit mort, mais il réapparaît deux ans plus tard (à la demande des lecteurs).
Après plus de 80 enquêtes, il se retire dans le Sussex vers 1910, où il élève des abeilles.
D’après Baring-Gould, il disparaît en 1957, à l’âge de 103 ans.
Personnages
Les aventures de Sherlock Holmes concernent plusieurs centaines de personnages. En voici quelques-uns.
Policiers
- L’inspecteur G. Lestrade
- L’inspecteur Tobias Gregson
- L’inspecteur Alec MacDonald
- L’inspecteur Stanley Hopkins
Méchants
- Le Professeur James Moriarty, Napoléon du crime
- Charles-Auguste Milverton
La Femme
« Pour Sherlock Holmes, elle est la femme », cite le docteur Watson au début d'Un scandale en Bohème. Il s’agit d'Irène Adler, femme d’une grande intelligence - au point d’avoir à plusieurs reprises, et à la surprise du détective, un temps d’avance sur les prévisions de Sherlock Holmes la concernant - et qui est la seule pour laquelle Sherlock Holmes semble éprouver un sentiment admiratif. Mais cette remarquable dame, après avoir été officiellement courtisée par une tête couronnée d’Europe, rencontre le bonheur ailleurs, et ne fait qu’assurer Holmes de sa vive estime. Celui-ci conserve pour principale récompense de cette affaire le portrait de la seule personne de sexe féminin dont il ait considéré les facultés comme à parité avec les siennes.
L' «holmésologie»
Le personnage de Sherlock Holmes a servi de prétexte à un canular littéraire qui dure depuis près d’un siècle : la création d’une science nouvelle, nommée la holmésologie. Des centaines d’ouvrages ont été rédigés sur le sujet.
Le but avoué de cette discipline est de retracer la vie et l'œuvre du détective à partir des écrits du Docteur Watson, ami et hagiographe de Holmes.
Alors que certaines invraisemblances et contradictions dans l'œuvre de Conan Doyle ne s’expliquent que par le fait que celui-ci a écrit ces aventures sur une période de près de 40 ans, la holmésologie prétend trouver dans les écrits de Watson les « véritables » raisons de ces hiatus.
Exemples de contradictions et d’invraisemblances ayant donné lieu à ces travaux :
- La femme de Watson l’appelle James dans une aventure alors que son prénom est John
- Dans une aventure, Watson affirme avoir été blessé à la jambe, dans une autre c’est au bras.
Emplacement du 221 B Baker Street
L’adresse de Sherlock Holmes est mondialement connue : 221B Baker Street. Mais cela n’aide pas à situer la maison.
Le principe consistant à avoir un côté pair et un côté impair dans une rue n’est en effet pas très ancien. Il n’a été rendu obligatoire en Europe continentale que par Napoléon Ier (l’idée de mur métrique n’apparaît que plus tard encore). Londres n’a pas été concernée par cette obligation et n’a adopté ce système qu’après la fin de la Première Guerre mondiale, soit bien après l’emménagement du docteur Watson décrit dans Une étude en rouge, où l’adresse est déjà le 221B. Conan Doyle ne mentionne aucun changement de dénomination de la célèbre adresse par la suite.
Il existe aujourd’hui à Londres deux maisons de Sherlock Holmes ouvertes à la visite du public moyennant finances, et qui n’ont bien entendu pas plus de sens que la « cellule d’Edmond Dantès » que l’on fait visiter au Château d’If. On expose naturellement dans chacune des pièces d’intérêt divers, tels que cinq pépins d’orange. Humour britannique doublé d’un sens des affaires qui ne l’est pas moins.
Bibliographie
L’ensemble des aventures écrites par Arthur Conan Doyle comporte quatre romans et cinquante-six nouvelles, que les holmésiens nomment le « canon ».
- Une étude en rouge, (1887)
- le Signe des quatre, (1890)
- les Aventures de Sherlock Holmes, (1891)
- les Mémoires de Sherlock Holmes
- le Chien des Baskerville, (1902)
- le Retour de Sherlock Holmes
- la Vallée de la peur
- Son dernier coup d’archet
- les Archives de Sherlock Holmes
Ouvrages « apocryphes »
Nombreux, ils visent plus à rendre hommage au célèbre détective qu’à pasticher l'auteur. Maurice Leblanc fait exception avec Arsène Lupin contre Herlock Sholmès.
- la Solution à sept pour cent, où Holmes rencontre le docteur Sigmund Freud
- l’Étrange affaire des chats de madame Hudson, où le physicien Colin Bruce lui fait redécouvrir par la déduction - et présenter - toute la physique moderne. Traduit par Alain Bouquet et dont un chapitre est disponible au format PDF.
- l'Instinct de l'équarisseur, de Thomas Day
Holmes au cinéma
Sherlock Holmes est le personnage de fiction qui a été le plus représenté au cinéma (plus de 260 films).
- Sherlock Holmes Baffled (première apparition de Sherlock Holmes à l’écran, dans un film de 30 secondes en 1900)
- le Frère le plus futé de Sherlock Holmes (1975, comédie avec Gene Wilder)
- le Secret de la pyramide (Young Sherlock Holmes, 1985)
Série télévisée
Wikisource
Liens externes
- Tout sur Sherlock Holmes en français
- La Sherlock Holmes Society of London
- Le who's who des holmésiens du monde entier
