Salsa
La salsa (mot espagnol qui signifie « sauce ») désigne à la fois une danse, un genre musical, mais également une famille de genres musicaux (musique latino-américaine).
| Sommaire |
La musique
Racines musicales cubaines
Le genre musical qu'on appelle aujourd'hui salsa est la fusion du son montuno, et des descargas (jams dans la terminologie du jazz)
Le son montuno à été fondé par le cubain Arsenio Rodriguez vers 1930 à partir du son cubain (apparu au carnaval de Santiago de Cuba en 1892, et issu du changui né vers 1860, jouée par un trio de musiciens : un « tres », des bongos et parfois des claves et un instrument de basse, la marimbula au début), en remplaçant le tres par le piano et les bongos par des congas jouant le rythme rumba du guaguanco.
Diffusion de cette musique à Porto Rico puis New York
La création de l'État Libre et Associé de Porto Rico en 1952
déclenchera de grandes sorties migratoires de cette île vers la côte Est des
États-Unis, et spécialement vers le Spanish Harlem (El Barrio), une partie du quartier « East Harlem » de Manhattan à New York entre la 1re et la 5e avenue et les 96e et 125e rues Est (on les baptise Nuyorican).
Ainsi, de nombreux musiciens portoricains jouent à New York les rythmes latins à la mode.
Ces rythmes proviennent majoritairement de Cuba, alors centre de la vie culturelle des Caraïbes de par sa situation géographique.
Mais après la révolution cubaine achevée en 1959, de nombreux cubains émigrent aussi aux États-Unis (New York et Miami). Cuba, par l'embargo, perd son rôle culturel central, laissant à New York ce rôle de pôle d'attraction.
La musique à New York sera alors majoritairement d'inspiration cubaine, jouée par des musiciens de toutes les Caraïbes.
En particulier le combo de Cortijo et son chanteur Ismael « Maelo » Rivera cumulent les premières en jouant ces rythmes lors d'une tournée dans la grosse pomme.
Les portoricains ne délaissent pas pour autant leurs propres rythmes (bomba, plena...).
Les débuts à New York
New York a vu défiler plusieurs modes venues de Cuba :
Le son cubain (ou rhumba) en 1928, le Mambo en 1949 (après avoir transité par le Mexique), le Cha-cha-cha en 1954, la Pachanga en 1964. Elle a vu naitre le Boogaloo en 1966, proche du Rhythm'n'blues, destiné à contrer la musique des Beatles.
Vers 1967, les musiciens vont revenir à des sources plus latines, le son montuño particulièrement.
Les musiciens new yorkais vont innover en utilisant également des bongos et en ajoutant un ou plusieurs trombones à la section cuivres (Eddie Palmieri et la Perfecta, Willie Colon inspiré par Mon Rivera.
Citons : Lebron Brothers, Richie Ray et Bobbie Cruz,
Willie Colon, acompagné de Celia Cruz, Hector Lavoe puis Ruben Blades, Ray Barretto, Roberto Roena, Cheo Feliciano,
Bobby Valentin, ... (la plupart font partie de la maison de disque Fania , qui est à la Salsa ce que la Motown est à la Soul).
A partir de 1973, sous l'impulsion de la Fania, le nom de Salsa sera massivement utilisé commercialement pour désigner ce mouvement.
Le mot espagnol signifie sauce.
La salsa se diffuse ensuite en
Colombie (patrie de la Cumbia et du Vallenato, et de très nombreux rythmes : Joe Arroyo, Fruko...) et partout dans le monde.
A Cuba, le mot salsa n'est pas utilisé pour parler de musique (il a été adopté pour désigner la danse casino pour les touristes). On continuera à parler de Casino ou de Son; celui-ci sera modernisé par le groupe de Juan Formell, Los Van Van et s'appellera d'abord Songo, avant de devenir la Timba à la fin des années 1980, avec NG La Banda.
La Salsa Romántica
A partir de 1981, l'industrie en crise va tenter d'élargir son public.
La salsa devient Salsa Romántica (ou Salsa Sensual, Salsa Sexy : principalement des reprises de ballades romantiques ou boléros; les textes et les arrangements sont moins aggressifs, plus « mous ».
Les pionniers seraient Orquesta Versalles avec le single
’Todo se derrumbo’, une reprise d'une ballade de Manuel Alejandro, orchestrée
en salsa par Fitto Faster "Palabra".
Le terme Salsa Romántica est du à Louie Ramírez, qui avait sous-titré
l'album ‘‘Noche Caliente’’, ‘‘Los éxitos más románticos de ayer en ritmo de salsa’’.
Willie Rosario qualifiera cette musique de Salsa Monga, elle deviendra Salsa Erótica (puis Salsa de Escritorio suivant Tommy Muriel).
A posteriori, on qualifiera alors la salsa des années 1970 de salsa dura, salsa gorda ou encore salsa clasica.
Parmi les premiers chanteurs de salsa romantica : Eddie Santiago, Frankie Ruiz, Lalo Rodriguez, Willie González; Et leur nombre n'a fait que croitre depuis les années 1990 : Luis Enrique, Jerry Rivera, Rey Ruiz, Marc Anthony, Tito Rojas, Tito Nieves, José Alberto ‘’El Canario’’, Tony Vega, Víctor Manuelle, Domingo Quiñonez, Michael Stuart et tant d'autres...
Lien externe : Origine de la salsa romantique (en espagnol)
Formation typique
La formation typique comprend :
- une section rythmique : basse, piano, timbales, congas, bongos.
- des cuivres : trompettes, trombones, saxophones
- des voix : chant et choeurs
le nombre de cuivres, de voix et de percussions peut varier.
Durant les années 1970, la plupart des groupes tenteront, en faisant varier ces paramètres, de créer « leur » son.
La danse
La salsa est une danse improvisée, qui se danse en couple, en deux fois quatre temps (une pause est marquée sur le 4e temps), les pas suivant le rythme de la musique.
Danse majoritairement populaire et apprise dans la rue, elle s'académise à grande vitesse depuis 1996. Cette année vit la naissance à Puerto Rico de ce que l'on appelait alors le « Congrès Bacardi de la Salsa » devenu « Congrès mondial de la Salsa ». Depuis, les congrès de danse Salsa se sont généralisés au monde entier provoquant une académisation de cette danse et une séparation marquée entre les amateurs et les élèves.
Pas de base
Les pas du cavalier et de la cavalière s'effectuent en miroir : Lorsque le cavalier effectue les pas des 4 premiers temps, la cavalière effectue ceux des 4 derniers, qui sont inversés; par exemple, si le cavalier avance, la cavalière recule, si le cavalier déplace un pied à gauche, la cavalière déplace son pied à droite.
Un des pas de base (parfois appelé « pas de mambo ») s'effectue ainsi : Temps 1 (pour le cavalier, la cavalière commence par le temps 5), on avance le pied gauche en avant puis on décolle le pied droit, Temps 2, on repose le pied droit, Temps 3, on rammène derrière le pied gauche, et Temps 4, on marque un pause (certains comptent « 1,2,3, ET » au lieu de « 1,2,3,4 »).
Les 4 autres temps sont inversés : Temps 5, on recule le pied droit (La cavalière effectue ce pas là, lorsque le cavalier effectue le Temps 1 = avancer le pied gauche, on ne se marche pas ainsi sur les pieds !) et on décolle le pied gauche, Temps 6, on repose le pied gauche, Temps 7, on rammène devant le pied droit, et Temps 8, on remarque une pause.
Les différents styles
Bien qu'elle vienne elle aussi de New York, on peut aujourd'hui distinguer plusieurs styles, notamment: 1.- le style cubain 2.- le style new yorkais (aussi appelé style portoricain) 3.- le style Colombien 4.- le style Los Angeles.
Le style cubain vient de la danse casino des années 1950 et prend ses racines dans le son cubain : très africain, « dans le sol », les gestes sont économisés (on peut danser dans des endroits bondés), les passes épurées, il n'y a pas de jeux de jambes. Le couple se déplace essentiellement en rond. C'est avant tout une danse de rue, populaire, sociale.
Une particularité de ce style réside dans la « rueda de casino », rondes de couples de danseurs, où un meneur annonce les passes à venir, tous les danseurs les effectuant en même temps. Le but étant de changer de partenaire souvent par le biais de ces figures.
Le style new yorkais peut se caractériser de « plus démonstratif ». Il inclut en particulier des jeux de jambes (shines). Il se pratique plus en ligne que le style cubain.
Le mot SALSA
De nombreuses sources désignent le titre du son cubain « Echale Salsita » du Septeto d'Ignacio Pineiro comme étant à l'origine du mot Salsa... Or, si le son est bien l'ancêtre de la salsa, le mot salsa n'est pas encore utilisé pour désigner une musique, et dans ce morceau, il a juste la signification du mot espagnol salsa ("sauce").
Le mot SALSA est utilisé ensuite à plusieurs reprises. Dans les années 1940, les cubains désignent par salseros des musiciens qui jouent dans différents groupes, mais il est encore trop tôt pour parler de Salsa.
En 1962, Pupi Legarreta sort un album intitulé « Salsa Nueva con Pupi Legarreta »
En 1966, lors d'une interview de Richie Ray et Bobby Cruz à la Radio Difusora du Vénézuela Richie répond que leur musique est comme la sauce ketchup, et l'animateur Phidias Danilo Escalona reprend le terme de sauce (salsa).
Cela dit, le mot SALSA n'est vraiment utilisé qu'à partir de 1973, lorsque Izzy Sanabria (illustrateur des pochettes de la Fania) l'utilise dans le Magazine « Latin New York (LNY) » comme un mot nouveau pour désigner la musique latine, et que le label Fania l'utilisera à son tour.
En août, le concert des Fania All Stars au Yankee Stadium est filmé et sortira sous le nom « Salsa » en 1976.
Le 17 novembre 1973 (à 18h30) démarre à la télévision new-yorkaise le « SALSA TV SHOW » sur le canal 41 (WXTU).
Le DJ Polito Vega anime « 100% Salsa » sur la radio WBNX.
Larry Harlow enregistre un album intitulé « Salsa ».
Désormais, cette musique (qui existait depuis quelques années déjà) porte un nom !
Le mot salsa s'est vu donné un tas de définitions différentes : pour certains, il s'agit de la fusion de plusieurs rythmes (mais il s'agit plutôt d'un confusion avec le « melting pot »); pour d'autres : - un genre musical (dérivé du son mutuno) - une étiquette commerciale - une famille plus ou moins large de genres musicaux, (elle inclue la plupart des musiques cubaines, la bomba et la plena de Porto Rico, la cumbia et le vallenato de Colombie, la bachata et le merengue dominicain, mais certains y incluent finalement toutes les musiques tropicales).
Lien externe:
- (en) What is this thing called salsa? (en anglais)
Revues et Livres
La revue de référence :
- (en) Latin Beat Magazine en anglais et espagnol et ses archives sur le net
Quelques livres de référence :
- Figueroa Hernández, Rafael.(1992). Ismael Rivera : El Sonero Mayor. San Juan : Editorial del Instituto de Cultura Puertorriqueña. (en espagnol)
- Quintero Rivera, Angel G.(2002). Salsa, Sabor y Control ! : Sociologia de la Musica « Tropical ». San Juan : Siglo XXI Ediciones (en espagnol)
- Rondón, César Miguel.(1980). El Libro de la Salsa. Caracas : Editorial Nato. (en espagnol)
Voir aussi
- Rueda de casino : salsa dansée en cercle par plusieurs couples
- Timba : musique cubaine de Los Van Van et autres
- Son cubain : racines musicales de la salsa
- Latin jazz
Liens externes
Par ordre alphabétique
- Annuaire de sites salsa (par thèmes)
- Busca Salsa pour la musique (en particulier pour les liens)
- Les pas de bases de la salsa
- rubrique Musique Latine de l'annuaire dmoz
- Salsa Clasica en espagnol
Portails Salsa
- Salsa France pour la musique et la danse
- Salsa Belgique
- Salsa Montréal Pour les évènements, des photos et des articles
- Salsa Suisse
- Annuaire de portails salsa (à travers le monde)
| Image manquante Notes_musique.png | Portail Musique - Accédez à la série des articles de Wikipédia concernant la musique. |
