Saint-Siège
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Le Saint-Siège est l’incarnation du pouvoir spirituel de l'Église catholique romaine, c'est-à-dire du pape, et de son administration, la Curie romaine. L'État de la Cité du Vatican constitue son support temporel.
Le Saint-Siège est un sujet de droit international. Les accords du Latran (1919) stipulent ainsi (art. II) :
- « L'Italie reconnaît la souveraineté du Saint-Siège dans le domaine international comme domaine inhérent à sa nature, conformément à sa tradition et aux exigences de sa mission dans le monde. »
Cependant, le Saint-Siège possède un tel statut depuis bien avant cette date. Il est à l'évidence sujet de droit international quand il possède les États pontificaux. Après leur perte en 1870, le Saint-Siège se trouve sans assise territoriale et donc sans légitimité autre, en la matière, que son rôle d'incarnation de l'Église catholique. Cependant, ses relations avec les autres pays se pourvuivent. Ainsi, 16 pays possèdent des relations diplomatiques avec lui au moment de la loi des Garanties de 1871. Au moment de la signature des accords du Latran, ils sont 27. De nombreux États envoient des missions extraordinaires auprès du Saint-Siège : l'empereur de Corée en 1904, le négus d'Éthiopie en 1907 et 1908 ou encore l'empereur de Chine en 1910/
Selon l'expression de Mgr Cardinal, le Saint-Siège « existe et opère au sein de la communauté internationale comme la personnification juridique de l'Église. » C'est avec lui et non le Vatican que les États entretiennent des liens diplomatiques. C'est lui qui siège au sein de certaines organisations internationales, comme l'Agence internationale de l'énergie atomique ou l'Union postale mondiale. Ainsi, les ambassadeurs étrangers sont accrédités près le Saint-Siège et non auprès du Vatican.
Le Saint-Siège possède à l'Organisation des Nations unies le statut d'« État non membre », observateur permanent. En 2005, l'observateur du Saint-Siège est Mgr Celestino Migliore. Ce statut a été obtenu grâce au statut de membre de l'Union postale mondiale et de l'Union internationale des télécommunications détenu par le Vatican au titre de la Poste vaticane et de Radio Vatican. L'ONU ayant invité les pays membres de ces organisations à prendre part à certaines de ses sessions, le Vatican y est également convié. En 1957, afin de clarifier la situation, le Secrétaire général de l'ONU, U Thant, et le Saint-Siège s'accordent sur le fait que c'est le Saint-Siège, et non l'ONU, qui entretient des relations avec l'Organisation. En 1964, le poste d'observateur permanent est reconnu au Saint-Siège. Cette présence du Saint-Siège comme État, et non comme ONG (comme par exemple l'ordre de Malte) fait l'objet d'une polémique.
Bibliographie
- Mgr Hyginius Eugene Cardinale, The Holy See and International Order, Colin Smythe, Londres, 1976 ;
- Joël Benoît d'Onorio, Le Saint Siège dans les relations internationales, éd. Cujas, Paris, 1989 ;
- Dominique Le Tourneau, article « Saint-Siège », Dictionnaire historique de la papauté, s. dir. Philippe Levillain, Fayard, 2003.
