Saint
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Le saint et le sacré dans l'antiquité
Voir article spécialisé : le pur et l'impur
Sens moderne en Occident
Dans le chapitre ci-dessous, on comprendra Occident tel le définit Sophie Bessis dans son livre L'Occident et les Autres
Les saints sont des hommes et des femmes distingués pour leur haute valeur morale ou leur profondeur spirituelle. Du point de vue croyant, les saints sont choisis par Dieu non par les hommes, et sont perçus comme un homme ou une femme en relation directe avec Dieu susceptible de montrer un chemin de perfection, tandis que les sciences religieuses mettent en relief les processus d'acquisition du statut.
Leur rôle et le culte dont ils font l'objet varient selon la religion.
Christianisme
Église primitive
L'Église primitive affirme, à la suite du Judaïsme, que Dieu seul est saint. Cependant, du fait du baptême, les chrétiens sont associés à cette sainteté. L'apôtre Paul parlera des saints pour désigner les chrétiens vivant dans telle ou telle ville. En ce sens, la sainteté n'est pas acquise après la mort, dans un second lieu (Paradis) ou second temps (résurrection), mais dans l'état de communion à Dieu auquel introduit le baptême. Durant les persécutions, le martyre, tout en étant redouté, paraissait comme la forme aboutie de sainteté.
Catholicisme
Pour les catholiques, les saints sont chargés d'intercéder pour les hommes auprès de Dieu (c'est la « communion des saints »). Les saints sont ceux pour lesquels l'Église catholique romaine déclare être sûre qu'ils sont au Paradis. Ils font donc l'objet d'un culte important dit culte de dulie (du grec δοῦλος, le serviteur) lequel s'oppose au culte de lâtrie (du grec λατρεία, service dû à Dieu) qui n'est dû qu'à Dieu. Dans le cas de Marie, une exception est admise, qui se nomme hyperdulie et qui se manifeste dans les sites d'apparition.
L'Église catholique procède de manière formelle à la déclaration de la sainteté de certaines personnes, par le biais de la Congrégation pour les causes des saints. Cela passe par les étapes de la vénérabilité puis de la béatification puis de la canonisation. On notera que le « procès en canonisation » prend les formes d'un procès légal et que l'équivalent de la « partie civile » (qui défend la thèse de la non-sainteté) est tenu par une personne qui a traditionnellement reçu le surnom d'avocat du diable (terme qui est passé dans la langue courante).
Cette procédure s'est mise en place progressivement sur plusieurs siècles et s'est peu à peu centrée sur Rome. Aussi les saints anciens étaient-ils déclarés tels par les évêques locaux alors que depuis un millénaire la canonisation ne pouvait se faire que par le Pape. Le droit romain prévoit aussi un temps minimum entre le décès de la personne et l'introduction de sa cause à Rome. Cependant les durées sont variables. Claire d'Assise a failli être déclaré sainte lors de ses funérailles par le Pape lui-même. Antoine de Padoue fut canonisé un an après sa mort. Jeanne d'Arc dût attendre près de 500 ans avant d'être canonisée.
La fête de la Toussaint, célébrée le 1er novembre, signifie chez les catholiques qu'au delà du nombre restreint personnes canonisées, c'est à dire dont on affirme sans ambiguïté la sainteté et auxquels un culte peut être adressé, de nombreux chrétiens, voire non chrétiens, ont atteint l'idéal chrétien : la communion avec Dieu.
L'avocat du diable a été supprimé lors de la canonisation du fondateur de l'Opus Dei, Josémaria Escriva de Balaguer.
Voir catholicisme : saints par ordre alphabétique
Orthodoxie
Chez les orthodoxes, la canonisation est moins formalisée. Outre les personnages du Nouveau Testament, qui sont réputés saints d'office, l'existence de miracles attestés par une longue tradition peut mener à la canonisation.
Catholiques et orthodoxes ne sont pas d'accord sur la liste des saints, ne serait-ce que parce que les orthodoxes ne reconnaissent pas la centralité des institutions qui procèdent à la canonisation. Dans certains cas, comme par exemple Augustin d'Hippone, hautement prisé par le catholicisme et gratifié non seulement du titre de saint mais aussi de docteur de l'Église, les orthodoxes considèrent que ses fautes et erreurs sont suffisantes pour le cantonner au stade de bienheureux, à l'égal de Nicolas II (dernier tsar de Russie) mais pas mieux.
- Voir l'article spécialisé : icône
Protestantisme
Tous les protestants ne croient pas la même chose. Mais tous sont d'accord sur le fait que seul Dieu décide de la justification par la foi seule du chrétien. De ce fait, ils s'abstiennent de déclarer quiconque saint d'autant que leur conception de l'après-vie est très variable non seulement selon les dénominations mais aussi selon les individus.
Toutefois, les luthériens reconnaissent saints les personnages du Nouveau Testament sans que cela ne donne lieu au moindre culte, car pour l'ensemble des protestants, le culte n'est dû qu'à Dieu seul : « à Toi seul la gloire » dit un cantique de Luther.
Par tradition, plusieurs pays protestants ont conservé comme patron le saint qui est réputé avoir joué le plus grand rôle dans leur évangélisation : Sainte Brigitte en Suède, Saint Olav en Norvège, etc.
Islam
En théorie, l'Islam réprouve tout culte autre que celui adressé à Dieu. Il parle d'associateurs pour désigner ceux qui pratiquent autrement.
L'Islam africain, sunnite pratique aussi un certain culte des saints nommés marabouts. Le soufisme dont les tariqua sont répandues dans l'ensemble de l'espace musulman connaît aussi des wali toujours traduits par saints dans la littérature d'expression française.
Pourtant, le chiisme reconnaît des saints et leur tombeau donne lieu à des pèlerinages.
Sur les saints en Islam : Femmes et religions en Islam, un couple maudit ? par Sossie ANDEZIAN, dans CLIO, revue francophone d'histoire des femmes. Au cours d'une étude du mysticisme féminin, elle présente le concept de saint et son fonctionnement dans la spiritualité musulmane féminine.
le judaïsme est la croyance des juifs
Hindouisme
Bouddhisme
Extension
Occasionnellement, l'impact du saint dépasse l'espace de sa religion propre. Jésus, Gandhi, François d'Assise et le Bouddha font partie de ce petit nombre. Certains courants de théologie hindouistes prétendent qu'il y en aurait toujours au moins un vivant sur la terre.
