Sabir
Un sabir (altération du mot espagnol saber, « savoir »), est une langue de relation utilisée entre des locuteurs parlant des langues maternelles différentes mais placés devant la nécessité de communiquer, d'où l'emploi spécialisé de cette langue dans un domaine donné. Dans un registre comique, Molière y fait allusion, dans le Bourgeois Gentilhomme (1670).
Le type de sabir le plus connu est la linga franca, parlée autrefois dans les ports de Méditerranée. Les mots utilisés étaient principalement empruntés à l'espagnol et à l'italien mais ils pouvaient appartenir de façon plus hétérogène à d'autres langues du bassin méditerranéen comme l'arabe, le maltais ou le français.
Les sabirs ont un lexique sommaire, limité aux besoins immédiats des locuteurs, et une syntaxe simplifiée par rapport aux langues d'emprunt. Les sabirs ne sont jamais des langues maternelles puisqu'ils naissent de la nécessité de communiquer. On emploie le terme de pidgin pour les sabirs d'origine anglaise (le pidgin-english du Cameroun, le bêche-de-mer du Pacifique). Pour les sociolinguistes, un pidgin désigne une langue résultant de l'imitation de la langue dominante de la part d'un groupe linguistique dominé (par la colonisation par exemple) et se distingue du sabir par le fait que celui-ci est d'un emploi plus spécialisé.
