Alphabet runique

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L'alphabet runique ou Futhark —terme formé à partir du nom des six premières lettres de cet alphabet— était l'alphabet utilisé par les anciens peuples de langues germaniques (comme les Angles et Nordiques (Vieux norrois)), qui étaient appelées runes.

Il était aussi utilisé en divination et en magie. Au contraire des lettres de l'alphabet latin, les runes ont des sens intrinsèques. Le fait est, cependant, que l'alphabet latin est le fruit d'une longue et lente évolution, héritage des étrusques, dont l'alphabet était lui-meme fruit de l'éritage des phéniciens; tout alphabet ayant lui-meme pour origine les pictogrammes, qui avaient, eux, une signification symbolique. Il est assez improbable que les peuples germaniques aient pu inventer un alphabet à partir de rien quelques millénaires après la naissance des premiers alphabets. Une pièce de monnaie étrusque représentant les attributs d'Athéna retrouvée dans le Valais en Suisse retrace assez bien le chemin qu'avait du parcourir l'alphabet vers le nord avant que les peuples nordiques ne l'adaptent à leurs propres langues.

Les racines indo-européennes du mot rune, *run, signifient « mystère » ou « secret » et ceci est plus visible dans l'un des dérivés raunen signifiant « murmurer » ou « parler en secret ».

D'autres systèmes d'écriture apparentés aux runes existent : les Runes hongroises et l'alphabet runiforme turc dit Runes göktürk.


Pour des informations sur la rune informatique, voir l'article Unités de mesure en informatique.

Note : cet article a été créé en partie depuis la version anglaise. Il est possible qu'il reste des erreurs de traduction.


Sommaire

Système original

Note : les translittérations suivent le modèle traditionnel.

L'alphabet original des runes nordiques, le futhark à 24 lettres, est souvent appelé la « ligne rune » et était organisé en trois groupes de 8 runes chacun, dénommés ätter (familles) ; les ätts de Frey, Hagal et Tyr respectivement, le premier caractère de chaque groupe étant exemplifié par le caractère initial du nom.

Le futhark original nordique de 24 lettres, aussi connu comme le futhark germanique :

f  u  þ  a  r  k  g  w
 h  n  i  j  e/i  p  z/R  s
 t  b  e  m  l  ng  d  o
 

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Futhark original nordique de 24 lettres

Systèmes ultérieurs

Le futhark initial à 24 runes plus une rune sans glyphe représentant « Odhinn » fut ultérieurement raccourci à 16 runes autour de l'an 800 et est généralement vu comme une adaptation servant à simplifier le travail de l'écrivain. La plupart des runes de Scandinavie sont ultérieures à 800 et utilisent les 16 lettres :

f  u  þ   ą  r  k
 h  n  i   a   s
 t  b  m   l   ʀ
 

Ceci est la variante norvégienne/suédoise, aussi appelée rune brindille-courte. La variante danoise est très similaire. On peut lire un exemple de runes danoises dans l'inscription de la Grosse pierre de Jelling.

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Le plus récent futhark nordique à 16 runes :

Les autres futharks nordiques incluent une forme sans branche (probablement pour une sculpture plus rapide) et le futhark médiéval (lequel inclut des runes représentant l'alphabet latin complet).

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Variante de Hälsingland en Suède, sans brindille

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Variante médiévale, incluant l'alphabet latin

Les runes thorn (ᚦ) et wynn (ᚹ) ont été adoptées dans l'alphabet du vieil anglais (sous les formes þ et ƿ). Thorn est encore utilisé dans l'alphabet islandais.

Origine des runes

L'alphabet runique fut créé par les locuteurs de dialectes de langues germaniques afin d'écrire leurs langages. Bien que quelques érudits prétendent que les runes seraient entièrement issues de l'alphabet grec (Morris in Odenstedt 359) ou du latin (Odenstedt 362) la plupart des érudits considèrent que cet alphabet est un mélange aux origines diverses. Seebold5, Krause3, Jensen (571) et Coulmas (1996: 444 ff.) pensent que l'alphabet runique est un mélange d'alphabets italique nordique/alpin avec une influence latine.

Cette pensée majoritaire est certainement plus réaliste que les explications fournies par Morris et Odenstedt.

Quelques lettres ont une origine latine évidente, par exemple les runes pour /f/ et /r/, d'autres qui rappellent — au moins au niveau du format — l'alphabet alpin, par exemple le rune /h/. Il y a aussi des symboles qui peuvent être aussi bien latins que alpins, par exemple la rune /i/-rune. Bernal (36) pense qu'il y avait aussi quelques substrat d'alphabet impliqué ; Miller (62) prétend que les origines de l'alphabet runique sont le méditerranéen archaïque. Les deux n'expliquent pas les raisons de leurs croyances. Dans le même travail, Miller écrit aussi que les paramètres phonétiques sur lesquels l'alphabet runique est basé sont finalement clairement sémitique et sont liés aux scénarios de Byblos et Ugarit aussi bien que l'alphabet phénicien. Plusieurs scénarios runiques différents furent développés au cours du temps, incluant un système anglo-saxon qui avait même des différences pour /k/ et /c/ (anglais moderne /tS/). Ce dernier était symbolisé par le vieux rune /k/-rune ; un nouveau symbole fut créé pour l'anglo-saxon /k/.

Utilisation des runes

Les runes étaient ordinairement utilisées pour des inscriptions dans le bois, le métal ou la pierre. Les runes consistaient principalement de marques verticales et diagonales, avec moins de marques horizontales ou courbées (certaines versions de runes n'en ont aucune). Le dessin des runes aidait à leur sculpture dans le bois. Les mots étaient écrits le long du grain du bois, signifiant que toutes les marques étaient coupées à travers le grain. Ceci est dû au fait que des coupes le long du grain auraient provoqué des cassures dans le bois, ou se seraient refermées si le bois absorbait de l'humidité.

Les runes les plus anciennes qui nous sont parvenus seraient datées de l'an 200, et il est généralement accepté qu'elles ne furent pas inventées avant l'an 1. Ces runes primitives jusqu'aux environs de l'an 650 semblent toutes utiliser le même futhark de 24 runes. La plupart de ces inscriptions sont très courtes et incompréhensibles, et dans presque tous les cas il est difficile de les traduire et d'être certain de leur langue précise. La plupart des runes préservées sont en pierre, cependant quelques fragments existent en bois, écorce et os, et quelques-unes sur du parchemin, le plus fameux étant le Codex Runicus.

Il apparaît que les runes pourraient être beaucoup plus anciennes. Le rune pour le son æ, comme dans sAd, n'était pas utilisé dans l'écriture, car à cette époque les langues germaniques n'avaient pas ce son. Néanmoins, dans chaque liste de caractères il apparaît toujours. Cependant, dans le proto-ouest germain æ semble avoir existé comme un phonème complet.

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Les plus récentes runes suédoises-norvégiennes

Plus tard les runes variaient d'un pays à l'autre. L'éventail du futhark se réduit à 16 ou 18 runes en Norvège et en Suède, où la vaste majorité des runes plus récentes sont trouvés. En Angleterre la futhark augmenta à environ 28 runes (plus quelques-unes utilisées seulement régionalement ou pour des noms propres étrangers).

Presque toutes les runes qui ont été déchiffrées furent utilisées pour écrire des langues germaniques, comme le vieux nordique, le norvégien, le suédois, le vieil anglais, et dans le cas de nombreuses runes anciennes, les langues semblent germaniques mais sont difficiles à identifier plus précisément. La seule utilisation de runes identifiée pour des langues non germaniques est probablement quelques inscriptions en latin écrites avec des runes anglaises, ou plutôt un mélange de lettres latines et de runes anglaises. Il est possible qu'il y ait quelques rares autres cas.

Bien que les runes aient été utilisées pour des travaux d'écriture comme la Bible, elles étaient utilisées plus habituellement pour des inscriptions courtes plutôt que pour un texte complet.

Les runes semblent être tombées en désuétude autour de l'an mil sauf en Scandinavie où elles continuèrent à être utilisée pendant quelques autres siècles. Quelques régions plus isolées de Scandinavie continuèrent à utiliser les runes jusqu'à l'époque moderne. Il y eut quelques renaissances au cours des siècles, le plus souvent par des gens voulant s'associer avec le passé d'une certaine manière. La vague actuelle d'enthousiasme semble partiellement inspirée par J.R.R. Tolkien et partiellement par le mysticisme New Age. Les runes ont une valeur importante pour les adeptes de la religion Ásatrú.

Les runes et leurs associations mythologiques et magiques

Dans la mythologie nordique le dieu Odin est suspendu dans le monde-arbre, Yggdrasil pour neuf jours en sacrifice personnel afin d'apporter le cadeau des runes à l'humanité. D'après Tacite, les anciens peuples germaniques avaient l'habitude de creuser des marques sur des feuilles de bois de fruit et les sélectionner comme lots pour la divination. De plus, chaque rune est associée à un dieu, et par là possède une signification magique particulière, qui peut s'associer à d'autres runes pour former un sort, une amulette ou une bénédiction. Ce point, et plusieurs poèmes runiques associés associant des significations et des images avec le nom des lettres runiques a conduit des occultistes à essayer de reconstruire les systèmes de divination en utilisant les lettres runiques.

Voir l'article Magie runique pour plus de détails.

Runes et Nationalismes

Comme symboles germaniques, les runes furent utilisés par les Nazis. Quelques symboles comme la rune Odal ᛟ sont utilisés sur les drapeaux néo-nazi à la place de la Svastika interdite.

Codage Unicode

En Unicode, il y a 81 caractères runiques : 75 lettres runiques, 3 signes de ponctuation, et 3 autres symboles utilisés dans le calendrier scandinave.

Rune HTML Lettre runique
ᚠ Féhu Féoh Fé F
ᚡ V
ᚢ Uruz Ur Ou
ᚣ Yr
ᚤ Y
ᚥ W
ᚦ Thurisaz Thurs Thorn Th
ᚧ Eth
ᚨ Ansuz A
ᚩ Os O
ᚪ Ac A
ᚫ Æsc
ᚬ Oss-à-branche-longue O
ᚭ Oss-à-ramille O
ᚮ O
ᚯ Oe
ᚰ On
ᚱ Raido Rad Reid R
ᚲ Kauna
ᚳ Cen
ᚴ Kaun K
ᚵ G
ᚶ Eng
ᚷ Gebo Geofu G
ᚸ Gar
Rune HTML Lettre runique
ᚹ Wunjo Wynn W
ᚺ Haglaz H
ᚻ Hægl H
ᚼ Hagall-à-longue-branche H
ᚽ Hagall-à-ramille H
ᚾ Naudiz Nyd Naud N
ᚿ Naud-à-ramille N
ᛀ N-pointé
ᛁ Isa Is Iss I
ᛂ E
ᛃ Jeran J
ᛄ Ger
ᛅ Ar-à-longue-branche Æ
ᛆ Ar A
ᛇ Iwaz Eoh
ᛈ Perthro Peorth P
ᛉ Algiz Eolhx
ᛊ Sowilo S
ᛋ Sigel Sol-à-longue-branche S
ᛌ Sol-à-ramille S
ᛍ C
ᛎ Z
ᛏ Tiwaz Tir Tyr T
ᛐ Tyr-à-ramille T
ᛑ D
Rune HTML Lettre runique
ᛒ Berkanan Beorc Biarkan B
ᛓ Biarkan-à-ramille B
ᛔ P-pointé
ᛕ P-ouvert
ᛖ Ehwaz Eh E
ᛗ Mannaz Man M
ᛘ Madr-à-longue-branche M
ᛙ Madr-à-ramille M
ᛚ Laukaz Lagu Logr L
ᛛ L-pointé
ᛜ Ingwaz
ᛝ Ing
ᛞ Dagaz Dæg D
ᛟ Othalan Ethel O
ᛠ Ear
ᛡ Ior
ᛢ Cweorth
ᛣ Calc
ᛤ Cealc
ᛥ Stan
ᛦ Yr-à-longue-branche
ᛧ Yr-à-ramille
ᛨ Yr-islandais
ᛩ Q
ᛪ X
Rune HTML Ponctuation runique
᛫ Ponctuation simple
᛬ Ponctuation multiple
᛭ Ponctuation en croix
Rune HTML Symbole runique (Nombre d'or)
ᛮ Symbole Arlaug (Nombre d'or 17)
ᛯ Symbole Tvimadur (Nombre d'or 18)
ᛰ Symbole Belgthor (Nombre d'or 19)


La ligne suivante sera affichée en caractères runiques si votre navigateur Internet les supporte : (gravée sur la Grosse pierre de Jelling)

Dans le cas contraire, cherchez un navigateur supportant l'Unicode et une police de caractères contenant les runes, voir ci-dessous.

Exemples d'inscriptions

Bibliographie

  1. Musset, Lucien, 1965, Introduction à la runologie, Paris: Aubier-Montaigne
  2. Bernal, Martin, 1990, Cadmean letters. Winona Lake: Eisenbrauns.
  3. Jensen, Hans, 1970, Sign Symbol and Script. London: George Allen and Unwin Ltd. Translation of Die Schrift in Vergangenheit und Gegenwart. VEB Deutscher Verlag der Wissenschaften. 1958, as revised by the author.
  4. Krause, Wolfgang, 1970, Runen. Berlin: Walter de Gruyter (traduit en français: Les Runes, 1995, Paris: Editions du Porte-Glaive)
  5. Page, R. I., 1987, Reading the past, volume 4: Runes, British Museum Publications (réédité par University of California Press, 1993)
  6. Miller, D. Gary, 1994, Ancient scripts and phonological knowledge. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins Publishing Company.
  7. Seebold, Elmar, 1991, Die Stellung der englischen Runen im Rahmen der Überlieferung des älteren Fuþark In: Bammesberger S. 439-569.

Liens externes

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Wikimedia Commons possède des documents multimédia sur l'alphabet runique.

See also: Alphabet runique, 800, Allemagne nazie, Alphabet, Alphabet grec