Louis Rossel

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Louis Rossel

Louis Rossel (Louis-Nathaniel Rossel), né en 1844 à Saint-Brieuc et mort en 1871 à Satory ; homme politique et militaire français. Il est le seul officier de l'armée française à avoir rejoint la Commune de Paris en 1871 et à y avoir joué un rôle important.

Il est le fils du colonel Louis Rossel et de Sarah Campbell (Écossaise), frère d'Isabella et de Sarah ; issu d'une famille bourgeoise protestante nîmoise, et descendant de Camisards Cévenols (de Saint-Jean du Gard). La famille de Rossel est républicaine : son père, officier, refusa de prêter serment à Napoléon III.

Louis-Nathaniel Rossel est né le 9 septembre 1844 à Saint-Brieuc où son père est en poste en tant que chef de bataillon d'infanterie. Il suit des études au collège de La Flêche (école militaire) dès 1855 et devient polytechnicien en 1864.

Guerre de 1870

Il est, durant le conflit de 1870 opposant la France à l'Allemagne, capitaine du génie à Metz avec la dernière armée française d'importance. Il estime que la guerre peut encore être gagnée mais considère que certains hommes politiques (comme Adolphe Thiers) et des maréchaux (comme François Achille Bazaine) ne le souhaitent pas. François Achille Bazaine, qui dirige le camp de Metz, n'ordonne pas d'offensive et finit par capituler. Louis-Nathaniel Rossel s'oppose alors à ce qu'il considère comme une trahison envers la patrie et le peuple.

À la capitulation, le 29 octobre 1870, il s'enfuit pour rejoindre le gouvernement provisoire basé à Tours. Il souhaite s'entretenir avec Léon Gambetta et y parvient grâce à un ami polytechnicien. Rossel essaye de convaincre Léon Gambetta (déjà favorable à la résistance) de continuer le combat. Mais Léon Gambetta, bien que d'accord, est assez seul au sein de son gouvernement.

Il fait donc rencontrer Louis Rossel au délégué du Ministre de la Guerre, Charles de Freycinet, protestant comme lui. Ce dernier, dans l'incapacité de situer lui-même les armées françaises et de les coordonner, accorde à Louis Rossel le soin d'examiner les armées du nord et de former des officiers. Louis-Nathaniel Rossel s'y rend et revient quinze jours plus tard, estimant que sa mission est inutile et jugeant que la majorité gouvernementale a l'intention de laisser gagner l'Allemagne pour rétablir un ordre conservateur et moral. Rossel revoit alors Léon Gambetta et lui remet un rapport proposant des possibilités de reconduite du combat. Léon Gambetta n'a que peu de poids et ne donne pas suite. Il démissionne le 6 février 1871.

Louis-Nathaniel Rossel, quant à lui, est envoyé par un général au camp de Nevers avec le grade de colonel.

Commune de Paris

Le 18 mars 1871, Paris se soulève, Adolphe Thiers déplace son nouveau gouvernement à Versailles avec l'armée régulière. Il interdit la plupart des journaux contestataires et prend des mesures autoritaires. Pour Louis Rossel, Adolphe Thiers pactise avec l'ennemi et abandonne le peuple.

Louis Rossel décide alors de rejoindre la Commune de Paris le 19 mars 1871. Le 22, il devient chef de la 17ème Légion de la Commune. Le 3 février, il est chef d'état-major. Il considère alors que la Commune court à sa perte si ses soldats ne s'organisent pas. En effet, la plupart désertent ou refusent tout combat alors même que l'armée régulière des Versaillais, très entraînée, se trouve aux portes de la capitale.

Louis Rossel devient Président de la Cour martiale mais démissionne, ulcéré par son manque de moyens et d'écoute. Le Comité de la Commune, allant dans son sens, le nomme ministre délégué à la Guerre en remplacement de Gustave-Paul Cluseret. Mais, malgré tout, les moyens lui manquent et l'armée des communards ne se bat guère (sur 200 000 hommes, seuls 40 000 se battent). Louis Rossel ne souhaitant pas prendre le pouvoir, il démissionne avec éclat mais ne fuit pas la Commune. Certains membres du Comité de Salut public veulent sa mort mais d'autres le considèrent comme leur seul espoir.

Louis Rossel reste à Paris, caché dans un hôtel du boulevard Saint-Germain. Il préfère être « du côté des vaincus, du côté du peuple ». Les Versaillais l'arrêtent, le jugent deux fois. La famille nîmoise de Louis-Nathaniel, des étudiants parisiens, des notables de Nîmes, de Metz, de Montauban, des protestants, Victor Hugo, le maréchal Pierre Denfert-Rochereau et de nombreux intellectuels le défendent, en vain. Adolphe Thiers propose à Louis Rossel de le gracier s'il s'exile à vie. Il refuse, voulant assumer ses responsabilités, ne voulant pas trahir son pays et ses convictions ni soulager la conscience de Thiers. Il est fusillé le 28 novembre 1871, à 27 ans, au camp de Satory.

Louis-Nathaniel Rossel est enterré au cimetière protestant de Nîmes, chez lui, à côté de sa sœur et non loin du tombeau familial Rossel-Dombre-Cadène. De vives manifestations en sa faveur éclatent à Nîmes lorsqu’il y est enterré.

Durant le XXe siècle, Louis Rossel a « inspiré » quelques hommes politiques comme Charles de Gaulle ou Jean-Pierre Chevènement.

Bibliographie

See also: Louis Rossel, 1844, 1855, 1864, 1870, 1871, 18 mars, 19 mars, 28 novembre