Revenu minimum d'insertion
Le Revenu minimum d'insertion (RMI) est une allocation française constituant un minimum social. Il s'adresse aux personnes sans ressource en âge de travailler mais n'ayant pas droit aux allocations chômage.
Il fut créé le 12 octobre 1988 à l'initiative du président socialiste François Mitterrand par le Gouvernement Michel Rocard et visait à insérer les personnes les plus en difficulté1 dans le monde du travail.
1« les nouveaux pauvres », d'après l'expression du rapport du Père Joseph Wresinski.
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Attribution du RMI
Le bénéficiaire du RMI doit remplir les conditions suivantes :
- avoir plus de 25 ans ou avoir au moins un enfant à charge ;
- s'engager à signer un contrat d'insertion dans les trois mois de la première allocation ;
- résider en France et disposer de justificatifs de séjour réguliers depuis au moins 5 ans ;
- ne pas être élève, étudiant ou stagiaire ;
- disposer de ressources inférieures à un plafond fixé par décret.
Trois lieux permettent de demander le RMI :
- le Centre Communal ou Intercommunal d'Action Sociale (CCAS ou CIAS)
- le Service départemental d'action sociale
- les associations ou organismes à but non lucratif agréés à cet effet par le président du Conseil général.
Débat sur l'utilité des minima sociaux
L'opportunité et la forme des revenus sociaux est contestée par certaines familles politiques. Le point de vue libéral est que les revenus sociaux sont immoraux, car ils rémunèrent l'oisiveté en absence de contrepartie travaillée et nécessitent de lever un impôt sur le fruit du travail des personnes actives. Les libéraux ainsi qu'un certain nombre de conservateurs font également remarquer que les revenus sociaux constituent une trappe à pauvreté, c'est-à-dire qu'ils n'incitent pas ceux qui en bénéficient à obtenir un travail qui leur permettrait de s'extraire de leur pauvreté.
Les sociaux-démocrates considèrent que les minima sociaux ont pour but d'éviter de couper totalement les personnes en difficulté (par exemple sans emploi suite à une récession) de la société et de pouvoir les réinsérer (notamment en période de croissance économique) ; ils font également valoir qu'une redistribution des revenus est efficace pour soutenir la consommation. Les groupes politiques situés plus à gauche (notamment à l'extrême gauche et chez les communistes) considèrent que les mesures restreignant l'accès aux revenus sociaux — par exemple en imposant l'acceptation d'emplois faiblement payés — n'ont pour but que de pouvoir contrôler la population des précaires et de fournir aux employeurs une main d'œuvre bon marché.
Évolution du RMI
En 1994, on dénombrait 783 443 bénéficiaires du RMI, en juin 2004, 1 039 300.
En 2004, le Gouvernement Jean-Pierre Raffarin (3) créa le Revenu minimum d'activité (RMA) destiné à remplacer le RMI. Le RMA renforce considérablement les obligations d'insertion du bénéficiaire.
Bibliographie
- Chômage et RMI en pleine croissance, Libération n° 7275, 1er octobre 2004
- Loi n°2003-1200 du 18 décembre 2003, portant décentralisation du revenu minimum d'insertion et création du revenu minimum d'activité
- Les demandeurs d'emploi bénéficiaires du RMI : Portrait statistique, D. Gréco, L'Observatoire de l'ANPE, Noisy-le-Grand, Les Essentiels, juin 2002
- Le RMI treize ans après, Économie et Statistique, INSEE, 346-347, 2001
Liens
Voir également
- Revenu minimum d'activité
- Minimum social
Liens externes
- Revenu minimum d'insertion (RMI), un article du site Service-public.fr
