Race humaine
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Une race humaine est un groupement naturel d'êtres humains, actuels ou fossiles, qui présentent un ensemble de caractères physiques communs héréditaires, indépendamment de leurs langues et nationalités.
- « Une race est un groupe d'individus qu'on peut reconnaître comme biologiquement différent des autres. »
Cette définition correspond à l'acception du mot race du point de vue de l'anthropologie physique, qui étudie les différences physiologiques entre les groupes humains, la sélection naturelle favorisant, pour un groupe social déterminé, un certain nombre de caractères spécifiques adaptés aux conditions d'environnement propres à une région donnée. La pertinence de la notion de race, appliquée à l'espèce humaine, est vivement contestée par de nombreux anthropologues2.
Compte-tenu de la durée nécessaire pour acquérir divers caractéres physiques sous la pression de la sélection naturelle, leur étude contribue au retracement des grandes migrations humaines de l'Histoire et de la Préhistoire.
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Critères
De nombreuses classifications des races humaines ont été proposées. Elles se basent toutes sur plusieurs critères dont les plus importants sont la pigmentation de la peau, la morphologie (notamment la stature et la forme du crane). Certains auteurs distinguent plusieurs dizaines voire des centaines de « races » mais tous accordent dans leurs descriptions une place particulière à de grands ensembles en nombre limité, le plus souvent basés sur la pigmentation de la peau. Quelque soit la définition qu'on en donne, la notion de race se trouve toujours associée à une classification des différentes populations humaines dans ces ensembles et à l'idée d'une évolution quasi-indépendantes des différentes composantes de l'humanité pendant la préhistoire.
Ce découpage est critiqué pour différentes raisons par d'autres anthropologues qui défendent une vision non-taxinomique de la diversité humaine et souhaitent l'abandon du concept de race, source de confusion3. Les principales critiques portent sur :
- L'arbitraire du découpage. Une caractéristique comme la pigmentation de la peau varie de façon graduelle en fonction de la distance. Le découpage toujours présent dans les inventaires des races humaines entre mélanodermes (« Noirs »), flavodermes (« Jaunes ») et leucodermes (« Blancs ») est donc entaché d'un certain manque de rigueur.
- La faible covariance entre les critères. Ajouter des critères de classement (pigmentation, indice cranial, stature) conduit à définir des groupes de plus en plus petit à l'intérêt descriptif très limité.
- La convergence entre différents groupes sous la pression de la sélection naturelle. La pigmentation de la peau dépend ainsi essentiellement de la latitude alors que la stature dépend du milieu et du mode de vie. Ces caractéristiques n'apportent donc que peu d'information sur l'histoire de l'humanité.
- L'importance des échanges génétiques et des brassages au sein de l'espèce humaine pendant la plus grosse partie de la préhistoire.
Jean Hiernaux résume bien ces critiques quand il souligne que « manifestement, des origines à nos jours, l'évolution humaine est loin d'avoir subi le schème de l'arbre ».
Génétique des populations
Devant les difficultés des découpages basées sur les grands critères physiques, l'anthropologie s'est tournée vers les données de la génétique des populations pour retracer le développement de l'espèce humaine. Parmi ces données, celles qui résultent de l'étude de l'ADN mitochondrial sont particulièrement appréciée, parce qu'il se transmet sans recombinaison d'une mère à ses enfants et ne sont pas affectés par les phénomènes de convergence.
Human-phylo-tree.png
L'arbre phylogénétique4 ci-dessus montre que la diversité humaine correspond à une variabilité du patrimoine génétique de l'espèce d'environ 0,1 % (échelle du bas), variabilité acquise au cours d'une période de 200 000 ans environ. Cette variabilité correspond approximativement au 1/20ème de la différence génétique entre l'Homme, et l'espèce animale la plus proche, le Chimpanzé.
- Genera Genre
- Species Espèces
- Subspecies Sous-espèces
- Africans Africains
- Asians Asiatiques
- Europeans Européens
- Chimpanzee Chimpanzé
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La carte ci-contre représente les premières migrations humaines suivant la théorie assez généralement admise d'une origine africaine de l'espèce humaine.
Notes
1. Dans Gènes, Peuples, et Langues.
2. L'anthropologie se divise couramment en ethnologie, anthropologie sociale ou culturelle d'une part et anthopologie physique ou bioanthropologie d'autre part.
3. Pour une introduction à ces questions destinée au grand public voir André Langaney, Ninian Hubert van Blyenburgh et Alicia Sanchez-Mazas, Tous Parents, Tous Différents, Chabaud, Bayonne, 1992.
4. Cet arbre provient de l'article correspondant du Wikipedia anglophone. L'appartenance de l'homme de Neanderthal à une sous-espèce d'Homo sapiens et non à une espèce distincte du genre Homo est actuellement l'objet d'un débat.
