Race

En biologie, une race désigne une subdivision d'une espèce fondée sur des caractères physiques héréditaires, représentée par une population.


Cet article concerne plus particulièrement l'acception courante du mot race utilisé seul, qui désigne des populations individualisées d'une même espèce animale ou végétale. Cependant, dans le cas d'espèces botaniques, le terme de variété est généralement préféré.

L'anthropologie physique, quant à elle, s'intéresse aux races humaines.

En élevage, le terme race se rapporte à des populations individualisées d'une même espèce ayant des caractères morphologiques et physiologiques héréditaires bien distincts des autres populations, c'est-à-dire ayant un génotype moyen individualisé et que l'homme s'est attaché à maintenir parfois depuis très longtemps, mais qu'il peut faire évoluer dans le temps en fonction d'impératifs économiques ou de modes.

C'est ainsi que se construisent :

Dans la pratique, définir un certain nombre de races implique de choisir des critères pour les définir. Ces critères correspondront en général à un but, et les classifications pourront être différentes en fonction des objectifs poursuivis. Ainsi, la distinction de races chevalines, félines ou canines répond à un souci de segmentation mercatique : l'acheteur typique d'un Saint-Bernard n'a pas le profil de celui d'un caniche ou d'un chihuahua. Celui d'un percheron ne s'intéresse pas en général aux performances de course sur terre battue.

En règle générale, chaque race d'élevage est définie par un standard, c'est-à-dire un ensemble de critères qui définissent l'individu idéal. La race se maintient uniquement grâce à l'énorme pression sélective exercée par l'homme et par l'isolement, sur le plan génétique, de la population constituant la race considérée.

Ces espèce se fondent notamment sur :

Exemples de races :

Race et génétique

La définition actuelle du terme « race » est issue de la génétique, science qui a débuté par la découverte des lois sur l'hérédité par Mendel en 1866. Il convient de bien distinguer deux notions :

Dans certains cas simples, les gènes s'expriment de manière visible, comme par exemple les pois étudiés par Mendel, qui peuvent être lisses ou ridés, ou les drosophiles (mouches étudiées par Morgan, prix Nobel en 1933) dont les yeux peuvent être rouge ou blanc, selon un gène spécifique. Dans ces deux cas, on peut donc clairement définir des races :

Cependant, la notion se complexifie en dehors de ces cas, car d'une part tous les caractères ne sont pas visibles, certains sont d'ordre biochimique (comme la capacité à sentir une molécule donnée, le groupe sanguin...), et d'autre part un individu d'une espèce (végétale ou animale) présente un nombre important de gènes, donc autant de possibilité de définir des races. On pourrait à la limite choisir de définir un nombre quelconque de races allant de 1 au nombre d'individus distincts de la planète.

La définition précise du type standard et la pression de sélection exercée par l'homme conduit à une homogénéité plus forte (par rapport aux gènes gouvernant les phénotypes recherchés) de la population. Les animaux ou les végétaux ne correspondant pas au standard de la race sont éliminés (au moins du cycle reproductif).

Race et biologie

Dans la classification des êtres vivants, l'espèce (c'est-à-dire un ensemble d'individus généralement interféconds) est la dernière subdivision (ou taxon) unanimement admise. Au-delà, on parle de sous-espèce ou variété pour les végétaux, termes qui se fondent sur des critères de ressemblance morphologique. Hors espèces domestiques, bien peu de biologistes actuels se hasardent encore à nommer ces subdivisions races, ce qui supposerait la définition d'un standard de conformation et la démonstration d'une pression sélective favorisant le respect de ces standard.

Si l'on souhaite disposer d'un plus grand nombre de rangs de taxons, leur nom se forme par l'addition du préfixe « sous- » (« sub- ») aux noms des rangs principaux ou secondaires. Une plante peut ainsi se voir classer dans des taxons aux rangs suivants (par ordre décroissant): regnum, subregnum, divisio ou phylum, subdivisio ou subphylum, classis, subclassis, ordo, subordo, familia, subfamilia, tribus, subtribus, genus, subgenus, sectio, subsectio, series, subseries, species, subspecies, varietas, subvarietas, forma, subforma.

Cet extrait du Code international de nomenclature botanique montre bien la complexité et la progressivité des catégorisations nécessaires en biologie. Si la plupart des spécialistes s'accordent au niveau des espèces, savoir si une population montrant des caractères particuliers doit être une sous-espèce, une variété ou une forme, fait souvent débat. Les individus d'une sous-espèce restant toujours interféconds, on observe souvent à l'intérieur d'une espèce des populations en cours d'isolement, présentant parfois des différences morphologiques, parfois des différences écologiques (écotypes) sans nécessaire corrélation avec leur état de différenciation génétique.

Ces subdivisions sont donc assez hasardeuses et complexes ; il n'est pas rare de les voir remises en cause en fonction de l'importance plus ou moins grande donnée à un caractère discriminant. De plus, l'interfécondité permettant la reproduction croisée entre deux sous-espèces, le choix de classer un individu dans tel ou tel groupe peut être totalement arbitraire. Elles ne peuvent donc être définies sans ambiguïté qu'en cas de parfait isolement des deux sous-espèces ; géographiquement, par exemple. Cela explique les réticences des biologistes face à la définition de races humaines.

Voir aussi


Dans un sens vieilli le terme de race désigne l'ensemble des individus appartenant aux différentes générations d'une famille, d'une dynastie. Exemples : la race d'Abraham, la race des Capétiens, etc. Au sens figuré, la race désigne des groupes de personnes ayant des intérêts et des comportements communs. Le terme a également désigné au XVIIe siècle les générations :

« Chez cette race nouvelle
Où j'aurai quelque crédit
Vous ne passerez pour belle
Qu'autant que je l'aurai dit. »
(Corneille, Stances à Marquise)

See also: Race, 1866, 1933, ADN, Abraham, Anthropologie, Biochimie, Biodiversité, Biologie