Quotient intellectuel


Le QI ou Quotient Intellectuel désigne le résultat à un test psychométrique de mesure d’efficience mentale.

Sommaire

Construction des tests

On distingue :

Les tests sont étalonnés lors de leur conception pour que les résultats suivent une courbe à peu près en cloche, pour laquelle toutefois rien n'autorise à parler de courbe de Gauss, celle-ci étant associé au hasard, doit la présence est en la matière hypothétique. L'étalonnage fixe par construction la Moyenne (ou Espérance) et l'écart type. Tous les tests fixent la moyenne à 100, par contre il existe des variantes sur l'écart-type : il est le plus souvent de 15 (on parle alors de QI Standard), parfois de 16 ou de 24.

Le QI obtenu dépend bien évidemment du type de test utilisé : un QI de 115 dans un test par rang avec Moyenne de 100 et Ecart-Type de 15 correspond à un QI de 124 dans un autre test par rang avec Moyenne de 100 et Ecart-Type de 24. Par convention, quand aucune autre précision n’est apportée, le QI considéré est le QI Standard (M=100, SD=15). Attention cependant : tous ne respectent pas cette convention (voir Mensa).

Par construction, ce procédé est criticable, notamment par rapport à l'échantillon de population qui sert à l'étallonage : si on le prend dans un lieu (un pays, une région, ...) et à une époque précise, on risque de rendre sensible le test à des phénomènes culturels (plus ou moins grande familiarité préalable avec les notions utilisée par le test, par exemple), avec le risque de tirer des conclusion érronées lorsqu'on utilise le test plus tard ou dans un autre pays ; si on élargit la population de référence dans le temps et l'espace, on risque d'introduire une inhomogénéité produisant d'autres biais.

Dans la pratique, si le QI constitue un indicateur, un repère valable de quelque chose (en deux heures d’entretien avec une personne, il n’arrive pour ainsi dire jamais qu’on confonde un QI de 140 et un de 110), il lui manque les trois caractéristiques qui définissent un instrument de mesure dans le monde scientifique :

Cela ne supprime pas pour autant l’intérêt de ce type de tests, mais rappelle qu’ils n’ont pas dans leur état actuel le caractère précis de la mesure d’une température ou d’une longueur.

Historique simplifié

Quelques résultats et quelques erreurs communes

Hérédité

« Retour à la moyenne »

Une autre « loi » avancée par Eysenck, et très citée par Cyril Burt était celle dite « du retour à la normale » : les enfants auraient toujours un QI intermédiaire entre celui de leurs parents et celui de la population. Elle est évidement absurde : la variance du QI se réduirait de façon visible de génération en génération et serait devenue nulle depuis le temps qu’il y a des générations. Si cette remarque a été opposée à Eysenck ou à Burt, ils ne semblent pas en avoir tenu compte.

« Courbe en cloche »

Si les tests de QI fournissent des courbes en cloche, c’est tout simplement parce qu’ils sont... construits et étalonnés pour le faire : ils comportent un petit nombre de questions très difficiles (pour débusquer les capacités exceptionnelles), un petit nombre de questions très simples (pour identifier rapidement les personnes ayant un retard intellectuel) et le gros des autres questions sert à départager l’immense majorité de ceux qui sont dans la moyenne. La loi de Gauss ne s’y applique ni plus ni moins qu’à toute information bruitée.

Il n'y a donc pas lieu de s'émerveiller en voyant la courbe des résultats, et surtout il serait érroné d'en tirer la moindre conclusion quantitative (par exemple : les gens deux fois plus intelligent que la moyenne représente x % de la population).

QI de machines ?

On peut programmer assez facilement un ordinateur en LISP ou en SLIP pour lui faire compléter quelques petites séries simples analogues à certaines rencontrées dans des tests de QI :

1 3 5 7 ... 
 1 5 11 19 ...
 1 15 3 12 5 ...
 

(Les réponses 9, 29 9 sont trouvées par des programmes dont le listing ne dépasse pas trois pages.)

Voir toutefois la question plus ardue du Test de Turing.

Réserves sur le QI

Limitations

Que mesure-t-il ? Qu'est-ce que l'intelligence ?

Mais même sans définition satisfaisante, le consensus est que les tests de QI ne donnent une image (floue) que d'une partie de ce qu'on entend communément par « intelligence ». Par exemple, les capacités intellectuelles plus difficiles à appréhender que la résolution rapide d’un problème logique donné sont souvent déterminantes dans la vie réelle et ne sont pas prises en compte dans le test.

Le quotient intellectuel constitue en fait surtout un classement d’un individu par rapport à une population donnée, et ne renseigne QUE sur son écart par rapport à la norme. Il ne s'ensuit pas que cette information soit pour autant dénuée d'utilité.

La mesure du QI n’est pas indépendante du contexte socio-culturel

Philippe Dumas défend l’idée que l’exposition intensive des tout jeunes aux objets des TIC (Technologie de l’Information et de la Communication) est un des facteurs-clé de l’effet Flynn.

Pour Francis Heylighen, utiliser les appareils du quotidien, tels que les fours à micro-ondes et les thermostats, exige un type plus abstrait de raisonnement. Une plus grande complexité de la vie est susceptible de stimuler une plus grande complexité d’esprit. L’utilisation croissante des ordinateurs dans l’éducation est susceptible d’augmenter la connaissance générale, le raisonnement abstrait et l’agilité intellectuelle.

Anecdotes

Quelques avis convergents

Ibuka Masaru

Un des deux fondateurs de la société Sony, M. Ibuka Masaru, a beaucoup insisté lui aussi sur le fait que l’on s’occupait mal (y compris au Japon, pourtant bien placé en ce domaine) de l’éveil intellectuel des très jeunes enfants. Il a consacré au sujet un livre, traduit en France sous le nom Tout se joue avant la maternelle.

Jean-Charles Terrassier

Le psychologue niçois Jean-Charles Terrassier a consacré l’essentiel de sa vie à la question des enfants dits surdoués et aux conditions familiales qui ont permis leur éveil. Il s’impliqua dans une association pour aider ces enfants, l’ALREP (Association nationale et internationale de Loisirs, de Rencontres et d’Éducation pour les enfants et adolescents intellectuellement Précoces), et dans la mise en place d’une école à leur usage. Un ministre de l’Education, Lionel Jospin fit fermer celle-ci.

Bertrand Russell

"M. Watson (voir behaviorisme) estime qu’il n’y a nul besoin de mesurer par des tests l’intelligence d’un homme, puisque selon la définition qu’il en donne cette intelligence est très précisément indiquée par son revenu. Je m’avoue pour ma part incapable de partager cet avis, mais - mes propres revenus étant modestes - mon point de vue ne sera probablement pas considéré par lui comme bien intéressant" (Essais sceptiques).

Un avis sur le quotient intellectuel... par Fidel Castro

« Un pays frère, le Venezuela, a eu un jour la bonne idée de créer un ministère de l’Intelligence. Oh, on a beaucoup ri de ce ministère et de son ministre ! Je crois que j’ai été un des rares dans le monde à ne rire d’aucun des deux, et j’ai même eu l’occasion de discuter avec le ministre de ses théories selon lesquelles l’intelligence se développe dans les premières années de vie, pendant une période donnée. Certains chercheurs ont même mis au point des techniques pour élever le quotient intellectuel, parce que ces être humains que nous sommes possèdent une capacité mentale qui n’est pas négligeable. En tout cas, l’appareil est installé dans nos têtes. Mais on dit que l’homme n’utilise en fait que 10 ou 12 p. 100 de sa capacité intellectuelle. Et les tests prouvent que certaines méthodes d’enseignement aident à en utiliser 15 ou 16 p.100, ou plus. Alors, gare aux menteurs, gare aux escrocs, gare aux exploiteurs, quand l’homme – et pourvu qu’il y arrive - parviendra à utiliser 50 p.100 de sa capacité intellectuelle ! »

Hélas, la raison pour laquelle a surgi la rumeur que « nous n’utilisons que (10, 15, 20)% de notre cerveau pour penser » remonte à une découverte de l’entre-deux-guerres selon laquelle il y a dans le cerveau 9 fois plus de cellules gliales (que l’on croyait alors simplement nourricières) que de neurones (qui traitent directement l’information), ce qui a peu à voir. Il est cependant intéressant de savoir que la possibilité d’éveiller de façon précoce l’intelligence, et de la mesurer dans un premier temps en termes de QI, soit évoquée sous beaucoup de latitudes.

Il faut remarquer aussi qu’un gain d’intelligence profiterait malheureusement tout autant aux escrocs, aux menteurs et aux exploiteurs qu’à leurs victimes, ce qui changerait donc assez peu les situations et ne ferait qu’élever un peu le niveau de complexité de la compétition entre eux.

Bibliographie

Liens externes

See also: Quotient intellectuel, Alfred Binet, Behaviorisme, Carl Friedrich Gauss, Cellule gliale, Charles Darwin, Entre-deux-guerres, Espérance, Eugénisme, Francis Galton