Question des nationalités au XIXe siècle

Le XIXe siècle va connaître deux mouvements opposés qui vont reconfiguer les territoires nationaux en Europe.

D'une part, on va assister à des mouvements d'indépendance qui vont toucher la Belgique et, surtout, les pays de la péninsule des Balkans qui vont peu à peu s'émanciper de leur tuteur ottoman. D'autre part, un mouvement « inverse » va unifier les États allemands et italiens.

Cependant, il ne faut pas oublier que c'est de l'Europe que va s'engager la dernière vague de colonisation qui, partant de la conquête de l'Algérie va s'étendre à la colonisation de l'Afrique et de l'Asie du Sud-Est principalement à la fin du siècle.

La fin des guerres napoléoniennes et le Congrès de Vienne

Les guerres napoléonniennes ont remodelé l'Europe du XVIIIe siècle. Par ses conquêtes, Napoléon exporte auprès des populations les idées de la Révolution française et de l'Empire. Le code civil est souvent adopté par les pays conquis (et restera la base de la législation, même après le départ des troupes françaises), les principes de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen sont diffusés plus amplement et notamment le principe de liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes.

En 1815, le Congrès de Vienne réunis les vainqueurs de Napoléon et se partage l'Europe. C'est un véritable « Yalta » avant l'heure qui a lieu. Plusieurs puissances vont se distinguer. L'Autriche affirme sa domination sur la Bohême, les États autrichiens, la Hongrie, une partie de l'actuelle Pologne et aspire à s'étendre vers la péninsule balkanique au détriment de l'Empire ottoman ("le vieil homme malade"). La Russie s'étend sur la Finlande, la Pologne et, elle aussi, aspire à plus d'influence sur les états des Balkans, au nom du panslavisme.

Ce congrès fera fi du principe de liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes. Les grandes puissances réunies vont s'accaparer les territoires conquis par la France, sans consulter les populations, bien évidemment.

L'émergence des sentiments nationaux

Le principe de liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes s'accompagne de l'idée de nationalité. Celle-ci n'est pas fondée sur la souveraineté d'un monarque sur une ou plusieurs populations mais sur l'existence d'une culture sociale, historique et linguistique commune à une population.

Cette dernière idée va faire son chemin et va aboutir à la mise en œuvre de deux mouvements opposés.

D'une part, certaines populations vont aspirer à de plus en plus d'indépendance, ce sera le cas de la Belgique vis-à-vis des Pays Bas (1830) et des États des Balkans vis-à-vis de l'Empire ottoman, avec la Grèce en 1830 puis à la fin du siècle la Serbie, le Monténégro, la Roumanie, la Bulgarie...

En 1848, des révolutions éclatent dans toute l'Europe et sera connu sous le nom de « printemps des peuples ». À Paris, dans les villes d'Italie, les populations aspirent à plus de liberté et à la mise en place de régimes plus démocratiques et au moins constitutionnels. En Autriche, à Vienne, ce mouvement se double de la question des nationalités et aboutira quelques années plus tard à l'autonomie de la Hongrie et à la création de la double monarchie autrichienne.

D'autre part, des États vont se constituer au nom d'une culture et d'une « Nation » commune, ce sera notamment le cas de l'Allemagne avec la création de l'Empire allemand en 1871 ou de l'Italie dont l'unification sera achevée en 1870.

La question des nationalités va imprégner la sphère culturelle en consolidant les populations dans une idée de culture nationale. En Allemagne, par exemple, la culture et les mythologies germaniques sont remises à l'honneur dans la peinture, la poésie et la musique.

Pour autant, la question des nationalités en Europe ne concernera que les territoires du continent. Il n'est pas question de liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes pour les populations du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye,...), d'Afrique noire ou d'Extrême-Orient. Pour ces populations, ces peuples, le XIXe ne sera pas celui du printemps des peuples mais le siècle de la dernière vague de colonisation.

A l'aube du XXe siècle, la question des nationalités en Europe reste au cœur des tensions. L'Autriche-Hongrie et la Russie souhaitent voir leur influence se développer sur les territoires des « Slaves du Sud », la Pologne aspire à son indépendance vis-à-vis de la Russie, la Norvège souhaite se libérer de la Suède, la Hongrie de l'Autriche, etc.

Après la Première Guerre mondiale, les traités de paix ne résoudront pas cette question des nationalités en Europe.

Voir aussi

See also: Question des nationalités au XIXe siècle, 1815, Afrique, Algérie, Asie du Sud-Est, Autriche, Balkans, Belgique, Bohême