Quatre éléments
- Au IVe siècle avant Jésus-Christ, Empédocle d'Agrigente suggère que l'Univers est formé de quatre éléments :
- la terre,
- l'eau
- l'air
- le feu.
- Aristote se range à ce modèle continu de la matière.
- Démocrite, lui l'avait refusé, comme le fera à sa suite Epicure : tous deux sont partisans de l'hypothèse atomiste.
Les alchimistes chercheront à réaliser la transmutation des métaux sur la théorie de quatre éléments, un peu comme nous effectuons nous-même la synthèse de n'importe quelle couleur de l'arc-en ciel ou non à partir de trois couleurs de phosphores. Nous dirions aujourd'hui qu'ils considéraient la matière comme un espace vectoriel de dimension 4. Quoi de plus logique sur un tel modèle que de penser qu'on va arriver à faire de l'or en combinant le côté métallique du mercure avec la couleur jaune du soufre ?
La physique du XIXe, puis du XXe siècle, confirmera l'hypothèse atomiste, tout en faisant découvrir au XXe siècle que des transmutations existent bien dans la nature, ce qui eût été considéré comme une effrayante ânerie au XIXe siècle. « Le plafond d'un homme est le plancher d'un autre », comme on dit.
Au-delà de l'erreur d'Empédocle, d'Aristote et des alchimistes, ils ont probablement droit à un petit accessit pour avoir tout de même identifié correctement à travers ces quatre exemples les quatre premiers états de la matière : solide, liquide, gazeux et plasma. Le cinquième, le condensat de Bose-Einstein, ne sera imaginé et mis en évidence qu'au XXe siècle.
