Provençal
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lettre i
Le provençal est parlé dans le sud-est de la France. C'est une évolution du languedocien relativement récente puisqu'elle date du XVIe siècle. Il s'en différencie principalement, mais pas uniquement, par les consonnes finales muettes (et en particulier le -s du pluriel). Il est parlé dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de l'Ardèche, des Bouches-du-Rhône, de la Drôme, du Gard, du Var, du Vaucluse et dans les hautes vallées du Piémont italien.
Le provençal est vécu par les Provençaux comme une langue à part entière qui jouit d’un large soutien de la population et des collectivités locales, bénéficiant d’un net regain dans la vie publique depuis quelques décennies (publicités, signalisation routière, festivals, théâtre, édifices...). Il est toutefois spécialement reconnu comme langue menacée par l’UNESCO[1].
Le provençal est une langue de culture possédant son orthographe moderne, fixée au XIXe siècle et illustrée par Frédéric Mistral et ses successeurs, une littérature dynamique et brillante depuis le Moyen Âge, dont la réputation internationale a notamment été couronnée par le prix Nobel de littérature de Frédéric Mistral en 1904 ; il existe spécifiquement pour le provençal des grammaires, des dictionnaires, des méthodes d’enseignement, des maisons d’édition et des centres de recherche. Le provençal est enseigné de la maternelle à l’université en France, dans de nombreux cours associatifs et dans de très nombreuses universités étrangères.
De nombreux mouvements provençaux demandent une reconnaissance officielle du provençal.
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Provençal et occitan
Le provençal est parfois décrit comme un dialecte de l'occitan, qui donc regrouperait toutes les langues d'oc du Sud de la France (à l'exclusion parfois du gascon) dans un ensemble homogène. Il convient tout d'abord de rappeler que la distinction entre une langue et un dialecte est uniquement politique : la linguistique est incapable de définir précisément la différence entre les deux concepts. Il faut d'autre part remarquer qu'un puissant courant militant traverse toute l'Occitanie pour faire reconnaître sa culture et ses spécificités par rapport au jacobinisme français.
C'est pourquoi certains groupes provençaux refusent cette assimilation qu'ils estiment purement fonctionnelle et revendiquent une réelle spécificité culturelle. Par exemple Joseph Roumanille et une partie du Félibrige, porteurs d'une « certaine réalité » de la langue provençale, n'ont jamais considéré que le provençal fut, en quoi que ce soit, un sous-groupe de l'occitan.
Pourtant, lorsque Mistral publie son monumental Tresor dou Felibrige, dictionnaire de la langue d'Oc moderne en deux volumes, le terme provençal inclut tous les parlers occitans. En sous-titre du dictionnaire, il est bien précisé : « Dictionnaire provençal-français, embrassant les divers dialectes de la langue d'Oc moderne », soit, comme c'est précisé dans la note 1, « tous les mots usités dans le midi de la France ».
Différences régionales
Noter qu'il existe de légères différences de proche en proche. Par exemple, pour désigner une mauvaise herbe donnée, les paysans ont souvent à leur disposition deux, trois ou quatre noms différents. Certains noms sont plus usités selon la région, et ainsi, à quelques dizaines de kilomètres de distance, la langue devient sensiblement différente (compte tenu qu'on peut passablement généraliser cet exemple). De plus, il existe de multiples prononciations, variables selon les villages.
- Rhodanien
- le parler du Ventoux et du comtat (Carpentras).
- le parler de la vallée du Rhône (Avignon, Orange, Bollène).
- Maritime
- il existe même des différences minimes entre centres urbains (Marseille, Toulon, Draguignan et haut Var, etc).
- Niçois ou nissart (pays Niçois)
- Provençal Alpin
- Alpin : zone intermediaire entre Provencal et Gavot autour d'une ligne passant par Digne et Nyons (Gap, Sisteron, Tallard, Forcalquier, Seyne les Alpes, ...).
- Gavot (vallées alpines, Drôme, partie de l'Ardèche)
- Provenzale (haut Piémont, Italie)
- Proche du Gavot
Ce dernier étant parfois considéré comme un dialecte distinct du provençal (Vivaro-Alpin) par sa prononciation nord-occitane (CH pour C, J pour G, ...). L'attachement provençal étant plus culturel que linguistique.
Il faut enfin signaler que le francoprovençal est une langue indépendante du Provençal.
Expressions usuelles
- Bòna annada, bèn granada e bèn acompanhada (graphie classique), Bouano annado, bèn granado e bèn acoumpagnado (graphie mistralienne). En français : bonne année, bien prospère, et bien accompagnée (de santé).
- Se fai pas lo civier avans d'aver la lèbre (graphie classique), Se fai pas lou civié avans d'avé la lèbre (graphie mistralienne). En français, littéralement : on ne fait pas le civet avant d'avoir le lièvre. En français proverbial : il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué (Jean de La Fontaine, livre 5, fable 20 L'ours et les 2 compagnons).
Corpus
- Copa Santa (textes en graphie classique et en graphie mistralienne), ou Copa Santa (texte en graphie classique)
- Trésor de la langue d'Oc (centaines d'œuvres littéraires en accès libre)
Voir aussi
Liens internes
Bibliographie
[1] UNESCO, Atlas des langues en péril dans le monde, p.29
Liens externes
- Carte linguistique de la Provence
- L'émission Vaqui de France3 Méditerranée
- Site Langues et cultures
- Centre de REcherche sur la DIversité LInguistique de la Francophonie université de Renne 2
- http://www.uhb.fr/alc/erellif/credilif/Textes/bilinguisme-pf.htm
- L'Escolo de la Mountagno : ressources linguistiques et musicales originales de la Provence alpine
- Dictionnaire Freelang Dictionnaire provençal-français/français-provençal
- La Provence, sa langue, ses traditions, sa culture et son avenir
