Pont suspendu
La technique de construction des ponts suspendus classiques est très ancienne, c'est en fait celle des ponts en lianes, mais avec des câbles en acier et un port bien plus long. Le principe des ponts suspendus est de maintenir le poids du tablier par deux câbles porteurs solidement arrimés aux berges.
La maîtrise de l'acier a permis la construction des premiers ponts suspendus dès la fin du XIXe siècle, le plus vieux pont suspendu est le Pont de la Caille en Haute-Savoie (France), on peut aussi citer le Pont de Brooklyn à New York (1883).
La structure d'un pont suspendu lui permet d'avoir des portées importantes mais en contrepartie, présente un certain nombre d'inconvénients :
- Il nécessite la présence de massifs d'ancrage imposants et lourds, indispensables pour retenir les forces considérables qui s'exercent, ce qui le lie fonctionnellement à la géologie du sol qui va le supporter.
- Le remplacement des câbles devient un travail très dur et fastidieux demandant plusieurs mois ainsi que la fermeture du pont durant ce délai.
Histoire du pont suspendu
Dans les civilisations chinoises, amérindiennes ou africaines, le pont suspendu fut très tôt un moyen de franchissement traditionnel. Il était le plus souvent composé de lianes, et d'un tablier en bois, permettant le passage d'une charge modeste. La portée était faible, mais la structure légère.
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La technique va alors franchir l'Atlantique, pour trouver de nouveaux adeptes chez les anglais, qui possèdent une énorme avance dans la métallurgie. Les chaînes sont considérablement améliorées. En conséquence, les ponts suspendus deviennent très ambitieux. Les premiers ponts anglais sont construits vers 1815, les dimensions ne cessent de croître. En 1826, Telford, un célèbre ingénieur, construit Menai Bridge, de 125 mètre de portée, qui permet le passage des bateaux à voiles. C'est alors le plus grand pont du monde, la plupart des ponts de l'époque se situant entre 70 et 100 mètres de portée. Le pont suspendu est le seul moyen pour attendre de telles longueurs, le pont devient monument à la gloire du progrès, en pleine révolution industrielle européenne.
C'est justement l'essor européen de celle-ci qui exporte le pont suspendu sur le continent. En France, la technologie est connue au travers des exploits anglais relatés dans les journaux. Une mission d'étude des Ponts et Chaussées est menée en 1821, sans aboutissements. Le territoire contient un des fleuves les plus difficilement franchissables à l'époque, le Rhône. Les ponts sont très peu nombreux, 3 dont un rompu (le pont d'Avignon) entre Lyon et l'estuaire. En effet le fleuve est large, très puissant, et ne connaît pas de baisse notable de son flux puisque subissant la fonte des neiges. Sans saison « sèche », il est donc impossible d'édifier des piles selon la méthode éprouvée. Une entreprise, Seguin Frères (Annonay, Ardèche), dirigée par Marc Seguin, propose donc un projet innovant en 1822: le pont suspendu de Tournon. L'entreprise comprend très vite qu'un pont suspendu classique est impossible en France du fait de la qualité médiocre des chaînes. On tente alors de les remplacer par des faisceaux de fils de fer. C'est la naissance du câble. Après plusieurs essais, un refus des Ponts et Chaussées, le projet est finalement accepté. À l'innovation des câbles est ajouté l'utilisation de béton hydraulique pour les fondations, du béton armé (25 ans avant les premiers brevets) pour les superstructures, et des structures de renforcements rigidifient le tablier en bois. Le pont suspendu a pris sa forme moderne.
Quelques ponts suspendus
- Pont Akashi-Kaikyo (Japon), pont suspendu de 3800 m, portée centrale de 1991 m.
- Pont du Bosphore (Turquie) (1988), portée centrale 1000 m.
- Pont de Brooklyn (États-Unis, New York) (1888), portée centrale 488 m.
- Pont Verazzano, (États-Unis, New York).
- Pont du Golden Gate (États-Unis, San Francisco), pont suspendu de 2737 m (portée centrale 1280m).
- Pont Grand Belt (Danemark), en construction, portée centrale 1634 m.
- Pont Humbert (Grande-Bretagne) (1981), portée centrale 1410 m.
- Pont de Manhattan (États-Unis, New York) (1909), pont suspendu de 2090 m (portée centrale 448m).
- Pont de Messine (entre la Sicile et l'Italie), pont suspendu de 5300 m (en projet).
- Pont de Tancarville (France, Normandie) (1959), à trois travées d'une longueur totale de 1400 m (portée centrale 960m).
- Pont de Brotonne (France, Normandie)
Liens externes
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