Politique d'Haïti
La politique à Haïti reste donc une organisation pré-étatique où domine le rôle archaïque du «grand homme», le «gwo nèg» dans sa version locale, un chef dont l'autorité est reconnue s'il peut procurer à son entourage les moyens de la vie et de la survie mais qui lui est retirée dès lors qu'il ne le peut plus, ou ne le veut plus.
2004
La crise politique et sociale
Haïti connait depuis le début février une aggravation des tensions entre opposants et partisans du président Jean-Bertrand Aristide. Les affrontements ont fait au moins 70 morts et plusieurs centaines de blessés.
- 1er février, manifestation à Port-au-Prince réclamant la démission du président Aristide.
- 5 février, prise de contrôle de Gonaïves par un groupe d'insurgés.
- 7 février, dans la capitale, manifestation de soutien au président Aristide de plusieurs dizaines de milliers de personnes.
- 10 février, l'opposition politique et la « société civile » regroupées au sein de la plate forme démocratique prennent leurs distances vis à vis de l'insurrection armée.
- 16 février, avec le soutien de paramilitaires de l'ex-dictateur Raoul Cedras, les insurgés s'emparent de la ville de Hinche au centre-est du pays.
- 17 février, le ministre des affaires étrangères français, Dominique de Villepin, appelle la communauté internationale à envisager l'envoi d'une force de paix internationale (proposition refusée par les États-Unis).
- 18 février, les insurgés se dotent d'un commandant en chef Guy Philippe, ancien commissaire de police.
- 20 février, au cours d'une manifestation de l'opposition à Port-au-Prince, des journalistes sont blessés par des partisans armés du président Aristide.
- 21 février, un plan international de règlement de la crise est accepté par le président Aristide, mais l'opposition maintient son exigence de la démission du président.
- 22 février, les insurgés s'emparent de Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays.
- 23 février, le départ du président Aristide semble se préciser.
- 29 février, après deux jours de tensions et de pillage dans la zone portuaire de Port-au-Prince, sous la pression internationale, en particulier de la France et des États-Unis, le président Aristide donne sa démission et quitte le pays. Des marines américains, et des gendarmes parachutistes français sont envoyés sur place. Le président du de la cour suprême Boniface Alexandre assure l'intérim. Le président des États-Unis demande une résolution de l'ONU pour l'envoi d'une force internationale pour garantir la paix et la sécurité en Haïti.
