Poliorcétique
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Le terme poliorcétique vient du grec poliorketikos, qui désigne ce qui est relatif à la technique du siège des villes et places fortes, ou l'art et la technique du siège. On l'applique aussi à la défense des villes contre les sièges.
| Sommaire |
Techniques de siège
Sommairement, un siège consiste à cerner totalement (ou parfois presque totalement) une place forte afin d'empècher toute entrée et toute sortie de cette dernière. On espère ainsi s'emparer du lieu par le temps plutôt que par la force, un assaut frontal contre un château fort étant extrêmement difficile et coûteux en vies humaines.
Le plus long siège de l'histoire serait celui de la ville grecque de Troie, raconté par Homère dans l'Illiade, et qui est censé avoir duré 10 ans.
Les techniques couramment employées au cours de l'histoire sont :
- circonvallation et contrevallation romaine, mise en œuvre à la bataille d'Alésia par Jules César ;
- Mines et sapes : Une technique pour venir à bout d'une tour ou d'une muraille était de saper sa base : on construisait une tunnel ou une tranchée (protégée par une structure de bois et de peau humides) qui arrivait sous l'ouvrage. On bourrait alors l'espace de paille, de bois, de cochons morts (les plus gras possibles), de poix ou d'huile, puis on y mettait le feu. La chaleur faisait éclater pierres et mortier, provoquant l'effondrement de la cible. Une fois la poudre noire importée en Europe, elle fut aussi utilisée à cette fin.
- Bombardement. Les engins de sièges sont souvent des engins permettant d'envoyer des projectiles sur ou par dessus les murailles, comme par exemple le trébuchet. On pouvait envoyer de lourdes pierres, mais aussi des cadavres afin de propager des maladies, ou des bombes incendiaires.
- Bélier.
Techniques de poliorcétique par époque
Époque hellénistique
- Démétrios Ier de Macédoine (336 av. J.-C.-283 av. J.-C.), surnommé le Poliorcète, en raison de son habileté à réussir un siège.
- Philon de Byzance (approximativement 280 av. J.-C.-220 av. J.-C.), le premier théoricien de la poliorcétique, et Héron d'Alexandrie.
- Enée le Tacticien, auteur d'une Poliorcétique (vers 360 av. J.-C.-356 av. J.-C.), véritable manuel sur le sujet
Poliorcétique romaine
Voir Alesia
Époque médiévale
Généralités
Tapisserie_motte_dinan.jpg
- La poliorcétique médiévale reprend en grande partie les techniques antiques : les tours mobiles, le chat et le bélier étaient déjà utilisés par les Grecs.
- Cependant, au XIe siècle, les techniques de siège se renouvellent ; au XIVe siècle, les débuts de l'artillerie changent profondément la construction des forts et des murailles : à partir de 1370-1380 se répandent les canons à boulets de pierre.
- La guerre au Moyen Âge est plutôt une succession de sièges que des batailles rangées ; les villes sont des obstacles plus difficiles que les châteaux isolés : le siège de Saint-Jean d'Acre en Terre Sainte s'étend de juin 1189 à juillet 1191. La difficulté de la prise d'une ville réside dans la capacité d'une population nombreuse à résister. Pourtant, dans la guerre médiévale, le contrôle des villes est indispensable à la maîtrise du territoire.
Evolution des techniques
- À l'époque des mottes (Xe et XIe siècles, il était facile de détruire les forteresses de bois.
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- Différentes techniques de siège (1100-1400) étaient utilisées conjointement :
- Les assiégeants construisaient des lignes concentriques autour du château, constituées de palissades de bois de tours et de fossés. En 1203, le roi de France Philippe Auguste fait aménager deux lignes de circonvallation autour de Château-Gaillard.
- L'opération la plus délicate était le franchissement des fossés ; il fallait les combler sous le tir ennemi.
- Tour de siège et beffrois : connus des Babyloniens, ces édifices en bois étaient mobiles et utilisables seulement sur terrain plat, sec et solide. En 885, les Danois en auraient utilisés dans le siège de Paris, de même que les Croisés au XIe siècle, lors de leurs opérations militaires en Terre Sainte (siège de Jérusalem en 1099). La tour avait cinq fonctions principales :
- abriter les assaillants
- protéger l'action des sapeurs
- porter haut les armes lourdes
- donner aux arbalétriers un commandement efficace contre les défenseurs du château
- donner un accès au chemin de ronde
Les tours étaient vulnérables aux projectiles enflammés. Elles étaient donc blindées par des plaques de fer ou un revêtement de cuir.
- Chat : engin d'approche sur roue pour saper les bases de la muraille. On les appelait aussi truie, taupe ou renard.
- Bélier : utilisé dans le monde grec antique, il devait ébranler les murailles. Composé d'une tête de métal et d'une poutre en bois. Il était actionné par balancement grâce à des chaînes et des cordes. Le choc était peu efficace sur un mur de pierre. Des brèches ouvertes pouvaient ensuite être enflammées.
- Escalade : technique très répandue au Moyen Âge, elle se faisait par des échelles. Les assaillants se protégeait sous des pavois. L'escalade était efficace à la suite d'une trahison, d'une attaque-surprise et avec un rapport numérique favorable.
- Sape et mine : mine ou sape souterraine (rare) par creusement d'une galerie. Des poteaux de bois enduits de poix, de souffre, de bitume ou de graisse de cochon étaient introduits dans les brèches pour faire s'écrouler la courtine.
- Les machines de siège utilisées au Moyen Âge :
Liste de sièges célèbres du Moyen Âge
Voir l'article détaillé Liste des sièges.
- Siège de Paris (800)
- Siège de Jérusalem (1099)
- Siège de Saint-Jean d'Acre de juin 1189 à juillet 1191
- Siège de Constantinople de novembre 1203 à avril 1204 (quatrième croisade)
- Siège de Toulouse par Simon IV de Montfort d'octobre 1217 à juin 1218
- Siège de Château-Gaillard (1203-1204)
- Siège de Montségur
- Siège de Constantinople
Époque moderne
Voir aussi
- Castellologie
- Liste des sièges
- Engin de siège
- Bataille d'Alger (Guerre d'Algérie)
- Guerre au Moyen Âge
