Poitiers
| Poitiers | |
|---|---|
| Pays | Image manquante France
France_flag_large.png drapeau de la France |
| Région | Poitou-Charentes (Chef-lieu) |
| Département | Vienne (Préfecture) |
| Arrondissement | Poitiers (Chef-lieu) |
| Canton | Chef-lieu de 7 cantons |
| Code INSEE | 86194 |
| Code postal | 86000 |
| Maire Mandat en cours | Jacques Santrot 2001-2007 |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération de Poitiers |
| Longitude | 00° 20' 10" E |
| Latitude | 46° 34' 55" N |
| Altitudes | moyenne : 75 m minimale : 65 m maximale : 144 m |
| Superficie | 4211 ha = 42,11 km² |
| Population sans doubles comptes | 85 800 hab. (2004) |
| Densité | 2 037 hab./km² |
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Poitiers est une commune française, située dans le département de la Vienne et la région Poitou-Charentes.
Ses habitants sont appelés les Poitevins. Pictaviens est une forme savante du XIXe.
Devise de la ville : « Sainte, sale et savante.»
| Sommaire |
Géographie
Situation
La ville de Poitiers est située sur le Seuil du Poitou , passage peu élevé entre le Massif armoricain à l'ouest et le Massif central à l'est. Il s'agit donc d'une voie de passage facile entre le Bassin parisien et le Bassin aquitain, à 340 km au sud-ouest de Paris et à 220 km de Bordeaux. Au site favorable s'ajoute donc une position privilégiée sur une route commerciale et militaire.
Site
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Le site de Poitiers est un vaste promontoire en spatule enserré entre les vallées de la Boivre et du Clain, qu'il domine d'une cinquantaine de mètres de haut. Ce promontoire est relié au plateau par un pédoncule étroit, au lieu-dit la Tranchée. Il tire son nom du fossé creusé pour couper ce passage et isoler ainsi le site du pays environnant. Le premier creusement daterait de l'oppidum gaulois, et il fut maintenu jusqu'au XVIIIe siècle. L'aspect défensif du site est donc prépondérant, mais l'intérêt du site provient également d'une vaste superficie (2,3 km sur 1,3 km, soit 250 ha) très facilement défendable, jusqu'à l'invention de l'artillerie du moins. Ces deux caractères, étendue et facilité de la défense, ont fait que le site de la ville n'a pas été déplacé à l'époque romaine, comme cela est souvent arrivé (Alésia, Lutèce). Ce vaste espace permettaient en outre de faire pâturer les troupeaux à l'abri, puis à partir du Moyen-Âge, d'aménager des jardins potagers et des vignes.
Les rivières étaient franchies sur des gués entretenus, sur les sites des actuels pont Joubert et pont Saint-Cyprien. En cas de siège, ils étaient démolis.
Actuellement, la ville de Poitiers s'étend sur le plateau de part et d'autre des vallées, notamment en direction de l'est (campus universitaire, centre hospitalier, zones commerciales et d'habitation) et du Nord (technopole du Futuroscope).
Histoire
Pour un article plus détaillé, voir Histoire de Poitiers
Poitiers a laissé son nom à deux grandes batailles :
- la bataille de Poitiers en 732, victoire des Francs de Charles Martel sur les Arabes
- la bataille de Poitiers (1356), qui eut lieu à Nouaillé-Maupertuis, victoire des Anglais commandés par le Prince noir contre les Français de Jean Ier le Bon.
Voir l'article Poitou pour les autres batailles du seuil du Poitou
Antiquité
La ville existait déjà à l'arrivée de César, sous la forme d'un oppidum gaulois, nommé Limonum, ce qui pourrait signifier les boues. Les Romains l'aménagèrent au Ier siècle de notre ère, la dotant d'arènes, de plusieurs thermes, d'aqueducs, le tout donnant un statut de premier plan à la ville.
Il est probable qu'au second siècle de notre ère, la ville fut la capitale de la province d'Aquitaine.
À la fin du IIIe siècle, une épaisse muraille construite à la hâte ceint la ville, qui est réduite au sommet du promontoire.
Saint Hilaire évangélise la ville au IVe siècle. Les fondations du baptistère Saint-Jean datent de cette époque.
Voir aussi Vestiges archéologiques de Poitiers
Moyen Âge
À l'époque médiévale, Poitiers tire parti de son site défensif, et de sa situation géographique, loin du centre du pouvoir franc. Siège d'un évêché depuis le IVe siècle, la ville est également la capitale du comté du Poitou, dont les comtes dirigent une importante principauté regroupant le Poitou et l'Aquitaine.
Au IXe siècle, le nom de Grand-rue apparait dans les chartes. C'est la plus ancienne trace d'un nom de rue conservée en Europe. Cette rue correspond à la ligne de plus faible pente, et donc la moins fatigante, pour monter du gué (actuel pont) Saint-Joubert au plateau, et elle est un itinéraire remontant à l'Âge du Fer. Grossièrement orienté est-ouest, il servit d'axe decuman au quadrillage orthogonal des rues à l'époque romaine. C'est également au IXe siècle que l'abbé Mellebaude fait construire l'hypogée des Dunes.
Aliénor d'Aquitaine fit construire une nouvelle muraille au XIIe siècle longue de 6000 mètres, enserrant tout le promontoire. Elle accorda une charte communale à la ville en 1199, et le premier beffroi d'Europe fut construit. Elle fit également des travaux au palais des comtes-ducs et construire un nouveau marché.
La route de Saint-Jacques-de-Compostelle passant par Poitiers, la ville accueille de nombreux pélerins, qui y font halte pour vénérer les reliques de Sainte Radegonde ou de Saint Hilaire.
Au XIVe siècle, la ville échoit en apanage au troisième fils de Jean II le Bon, le duc de Berry (commanditaire des Très riches heures du duc de Berry). Il embellit le palais médiéval des comtes de Poitiers, en y aménageant notamment le donjon (dit tour Maubergeon).
Pendant les heures les plus noires de la guerre de Cent Ans, la ville accueillit le Parlement royal en 1418. C'est également à Poitiers que Jeanne d'Arc fut examinée en 1429 avant de recevoir le commandement de l'ost royal. Profitant de la faveur royale et de la présence de nombreux érudits parisiens exilés, Poitiers obtient la création d'une Université en 1431. Celle-ci compte 4 000 étudiants à la fin du XVe siècle.
Du XVIe siècle à nos jours
La ville s'assoupit peu à peu à la Renaissance, et gagne une image de ville vieillote, aux rues tortueuses, qui n'a pas su évoluer. De fait, peu de changements ont lieu à cette époque dans le tissu urbain, à part le percement de la rue de la Tranchée, et la construction de ponts qui remplacent les anciens gués. Quelques hôtels particuliers sont construits à la Renaissance : hôtels Jean Baucé, Fumé, Berthelot, notamment.
Les poètes Joachim du Bellay et Pierre Ronsard sympathisent à l'Université de Poitiers, avant de monter à Paris. Seul esprit de valeur qu'elle ait produit après le XVIe siècle, Descartes n'en parle que pour la dénigrer.
La ville tire sa prospérité essentiellement de ses fonctions administratives : justice royale, évêché, monastères, et l'intendance de la généralité du Poitou. C'est d'ailleurs de l'intendance que viennent quelques évolutions à la fin du XVIIIe siècle : le vicomte de Blossac, intendant de 1750 à 1784, fait aménager un jardin (voir espaces verts de Poitiers) à la française. Il fait également abattre la muraille d'Aliénor d'Aquitaine et aménager des boulevards sur leur emplacement.
Au XIXe siècle, de nombreuses casernes sont construites, faisant de Poitiers une ville de garnison. La gare est construite dans les années 1850 et sera bombardée lors de la Seconde Guerre mondiale.
Économie et transports
- Technologies de pointe et recherche scientifique (Futuroscope)
- Les transports en commun à Poitiers
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Culture
Monuments
Bien que la ville ait connu un déclin à l'époque moderne, elle conserve des monuments de toutes les époques.
Préhistorique
Le dolmen de la Pierre levée, devant lequel passa ensuite la voie romaine Poitiers-Avaricum (Bourges)-Lugdunum (Lyon).
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Antiques
- Baptistère Saint-Jean, du IVe siècle, un des plus anciens monuments chrétiens conservés en France ou peut être le plus ancien. Il fût bati vers 360.
- Vestiges (maigres) des arènes romaines, construites au début du Ier siècle de notre ère, parmi les plus grandes de Gaule ; son grand axe mesurait 150 m, le petit 130 m
- Hypogée des Dunes
Médiévaux
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- Architecture religieuse
- Église Sainte-Radegonde, qui faisait partie de l'abbaye Sainte-Croix, le premier couvent de femmes fondé en Europe par la reine Radegonde, épouse de Clotaire Ier, roi des Francs
- Église Saint-Hilaire le Grand
- Église Notre-Dame la Grande, romane, à la façade sculptée exceptionnellement riche
- Cathédrale Saint-Pierre,
- Église de Montierneuf
- Architecture militaire
- Vestiges de la muraille d'Aliénor à la Tranchée
- Tours de cette même muraille dans la vallée de la Boivre (actuels établissements de la poste)
- Tours du château de Jean de Berry, au confluent du Clain et de la Boivre
- Architecture civile
- Palais de Justice, ancien palais des comtes de Poitiers, avec notamment la Tour Maubergeon, l'ancien donjon réaménagé à la fin du Moyen Âge ;
- nombreuses maisons à colombages, notamment rue de la Chaîne, place du marché Notre-Dame, rue de la Regratterie, rue des Vieilles Boucheries
- Hôtels particuliers de riches bourgeois : Hôtels Fumé et Berthelot (rue de la Chaîne, abritent l'actuelle Université d'Histoire et de Sciences humaines), du Puygarreau
XIXe et XXe siècle
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- Réplique d'une statue de la Liberté, établie sur l'ancienne place du Pilori, en souvenir du général Berton qui y fut guillotiné en 1822
- Statue Notre-Dame des Dunes
- La Mairie ou Hôtel de Ville
C'est au XIXesiècle que furent démolis de nombreux monuments poitevins :
- les restes imposants des arènes romaines
- le beffroi médiéval
- le complexe conventuel et les nombreuses églises de l'abbaye Sainte-Croix (avec notamment la percée de la rue Jean Jaurès).
Ces destructions s'ajoutent à la suppression des murailles médiévales, par l'intendant de Blossac, pour permettre l'aménagement de boulevards.
Musées
- Musée Sainte-Croix
- Musée Rupert de Chièvres
Établissements culturels
- Médiathèque François-Mitterrand
- Espace Mendès France, centre de culture scientifique, technique et industrielle
Manifestations culturelles
- Les rencontres cinématographiques Henri Langlois, festival de court-métrage
- Le festival du spectacle de rue, Poitiers Presse Papiers, qui meurt à petit feu
- La Semaine Estudiantine, organisée au printemps pas les Bitards
Éducation
La ville de Poitiers a une ancienne tradition universitaire. L'Université de Poitiers a été fondée en 1431 et a accueilli un grand nombre de penseurs renommés. Poitiers est actuellement l'une des villes les plus étudiantes de France, en considérant la proportion d'étudiants à la population totale. Elle accueille des facultés de sciences, géographie, histoire, langues, des écoles d'ingénieurs (l'ENSMA et l'ESIP). Depuis 1991, l'ENSMA et une partie de la faculté des sciences (le SP2MI) ont été relocalisés sur le site du Futuroscope afin de développer cette technopole. Le CESCM (Centre d'Études supérieures de civilisation médiévales) est un pôle de recherche de référence dans son domaine, il est hébergé dans l'hôtel Berthelot du XVe siècle. Depuis 2001, la Ville de Poitiers accueille le premier cycle ibéroaméricain de Sciences Po.
Espaces verts
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Le plus célèbre est le parc de Blossac siège d'un petit zoo. La communauté d'agglomération de Poitiers mène un effort d'extension des espaces verts, notamment le long des vallées du Clain et de ses affluents. Ces terrains autrefois construits sont souvent en zone inondable. Ces nouveaux espaces verts s'ajoutent aux squares et jardins publics plus anciens.
Voir Espaces verts de Poitiers
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Administration
Poitiers est chef-lieu de sept cantons :
- Le 1er canton est formé d'une partie de Poitiers et de la commune de Migné-Auxances (14 577 habitants);
- Le 2e canton est formé d'une partie de Poitiers et de la commune de Buxerolles (18 099 habitants);
- Le 3e canton est formé d'une partie de Poitiers et de la commune de Mignaloux-Beauvoir (22 467 habitants);
- Le 4e canton est formé d'une partie de Poitiers et de la commune de Saint-Benoît (18 090 habitants);
- Le 5e canton est formé d'une partie de Poitiers et des communes de Croutelle, Fontaine-le-Comte, Ligugé et Vouneuil-sous-Biard (15 932 habitants);
- Le 6e canton est formé d'une partie de Poitiers et de la commune de Biard (14 162 habitants);
- Le 7e canton est formé d'une partie de Poitiers et des communes de Chasseneuil-du-Poitou et Montamisé (23 728 habitants).
Poitiers fait partie de la Communauté d'agglomération de Poitiers (CAP) qui regroupe les communes de Biard, Buxerolles, Chasseneuil-du-Poitou, Fontaine-le-Comte, Mignaloux-Beauvoir, Migné-Auxances, Montamisé, Poitiers, Saint-Benoît et Vouneuil-sous-Biard. Au 1er janvier 2005, les communes Béruges et Croutelle sont entrées dans l'agglomération.
Jumelages
Poitiers est jumelé avec une ville anglaise, Northampton. Une rue et un arrêt de bus portent ce nom. Une dalle, sur la place de la mairie, symbolise ce jumelage. Poitiers est également jumelé avec les villes de Marburg en Allemagne, Lafayette aux États-Unis, Coïmbra au Portugal, Iaroslavl en Russie.
Blasonnement
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Malte-Brun, dans la France illustrée, tome V (1884), rapporte deux blasonnements :
- D'argent, au lion de gueules, à la bordure de sable, chargée de 12 besants d'or, au chef d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or.
- D'or, au lion grimpant de sable, à la bordure du même, chargée de 12 besants d'or, au chef d'azur, semé de fleurs de lis d'or.
- Les trois fleur de lys d'or remplacent (ou surchargent) les trois besants du chef lorsque la ville est rattachée au royaume de France. Elle les conserve sous domination anglaise.-
Le Grand Larousse encyclopédique en 10 volumes rapporte le premier de ces blasonnements, énoncé différement :
- D'argent au lion de gueules, à la bordure de sable besantée d'or ; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. - C'est le blason actuellement utilisé par la municipalité de Poitiers.
Liens externes
- Site officiel de la ville de Poitiers
- Site de l'Office de Tourisme
- Site de l'Université
- Poitiers sur Wikitravel
Bibliographie
Vous pouvez consulter l'ouvrage Poitiers, une histoire culturelle, 1800 - 1950, de Thierry Pasquier, vient de paraître aux éditions de l'Actualité scientifique Poitou-Charentes (Espace Mendès France, Poitiers).
