Pirate


Un pirate est un individu qui pratique de manière répétée le vol avec violence, le pillage et le crime en milieu extérieur. Traditionnellement, le mot était rattaché aux actions en mer sans l'aval d'une nation souveraine. Les pirates s'attaquent principalement à d'autres navires, mais ils s'en prennent parfois à des cibles sur le rivage. Ces actes sont désignés sous le nom de piraterie.

Malgré son origine maritime, on trouve désormais le mot pirate dans des contextes différents, tels que les « pirates de la route », que l'on appelait autrefois « voleurs de grand chemin ».

Par glissement de sens, un « pirate informatique » désigne un individu s'adonnant à des détournements de fonds effectués par Internet, ou des copies d'œuvres sans respecter le droit d'auteur ou le copyright. Il en existe d'autres formes plus crapuleuses comme le phishing, qui consiste à se faire passer pour un autre.

Sommaire

Piraterie maritime historique

La piraterie est un corollaire du commerce maritime et existait déjà dans l'antiquité. Toutes les civilisations anciennes ayant possédé une marine l'ont pratiquée, les phéniciens comme les mycéniens.

Terminologie

Les pirates qui sévissaient dans la mer des Caraïbes étaient appelés boucaniers, du nom de la grille sur laquelle ils grillaient les viandes et les poissons lorsqu'ils étaient à terre (le boucan).

Les pirates hollandais étaient appelés vrijbuiters (« pilleurs ») ce qui donna le français flibustier et l'anglais freebooter par déformation.

Lorsqu'ils agissaient au profit d'une grande nation européenne, par exemple en coulant les navires d'un pays avec lequel cette nation était en guerre, les pirates avaient le statut, supérieur, de corsaire (en arabe moderne قرصان et en turc Korsan).

Voir aussi : piraterie dans les Caraïbes.

Utilisation des corsaires

Les corsaires employaient des méthodes similaires à celles des pirates mais ils étaient munis d'une lettre de marque et de représailles remise par un roi ou un gouvernement pour les autoriser à attaquer les navires d'une nation ennemie. Les pirates barbares de Méditerranée étaient des corsaires, de même que les corsaires maltais, qui étaient autorisés par l'Ordre de Malte. La lettre de marque était reconnue par convention et évitait au corsaire d'être accusé de piraterie, passible de la peine de mort, mais cela ne suffisait pas toujours à leur sauver la vie. Le corsaire le plus célèbre fut Sir Francis Drake, et l'Angleterre fut la principale nation à encourager cette pratique.

Sept nations se sont entendues dans la Déclaration de Paris de 1854 pour abandonner l'usage des lettres de marque. Cependant, les États-Unis et l'Espagne se réservent explicitement le droit, par leur constitution, d'y avoir encore recours.

Organisation sociale

Les pirates des siècles passés ont une image romantique de rebelles intelligents et rusés agissant en groupe en dehors de la vie restreinte par les lois et les obligations telles que nous la connaissons aujourd'hui. En réalité, peu de pirates mangeaient à leur faim ou devenaient riches, la plupart sont morts jeunes.

Toutefois, certains aspects de l'organisation des pirates sont surprenants. Contrairement aux sociétés occidentales de l'époque, de nombreux clans de pirates fonctionnaient comme des démocraties limitées : on élisait et remplaçait les dirigeants par exemple. Le capitaine d'un bateau pirate était souvent un combattant féroce en qui l'équipage avait confiance, plutôt qu'un chef autoritaire issu d'une élite aristocratique. C'était souvent le maître de timonerie (surnommé le second ou le bosco), qui était responsable de l'équipage et qui était chargé de faire régner l'ordre jour après jour, sauf pendant les batailles où c'est le capitaine qui donnait les ordres.

De nombreux groupes de pirates partageaient tout le butin qu'ils obtenaient, en suivant un schéma plutôt compliqué dans lequel chaque homme recevait la part qui lui était réservée. Les pirates blessés au cours d'une bataille recevaient même parfois une prime spéciale.

Les pirates acceptaient aisément d'être bannis des sociétés traditionnelles, notamment parce qu'ils retrouvaient ainsi des personnes qui concevaient la vie de la même façon qu'eux. On sait également qu'ils libéraient les esclaves qu'ils trouvaient dans les navires capturés et leur offrait de se joindre à eux.

Cependant, ces pratiques égalitaires ne se limitaient qu'à très peu des aspects de la vie des pirates, et n'atténuaient pas réellement la rudesse de leur mode de vie.

Pirates célèbres

Les pirates existèrent de tous temps. Pompée se rendit célèbre en nettoyant la Méditerranée des pirates Ciliciens.

Pirates célèbres :

Corsaires célèbres

Les pirates dans l'imaginaire collectif

La piraterie a inspiré de nombreux auteurs et continue de fasciner le public par-delà les siècles, en véhiculant un certain nombre de stéréotypes.

Pirates imaginaires

Stéréotypes sur les pirates

Piraterie moderne

Les pirates d'aujourd'hui sévissent essentiellement dans des régions comme l'Asie du sud et du sud est (en particulier dans la Mer de Chine méridionale), l'Amérique du Sud et la mer Rouge. Ils utilisent des embarcations plutôt petites et rapides et profitent du nombre restreint de membres d'équipage sur les navires cargos. Ils visent plus spécifiquement les cargos qui doivent ralentir pour traverser des passages étroits ou entrer dans les ports : c'est à ce moment qu'ils sont le plus vulnérable aux abordages. Ils savent également transformer leurs embarcations en bateau de pêche ou de transport afin d'éviter et de déjouer les inspections.

En Asie du sud est, la navigabilité n'est pas strictement sécurisée par tous les pays, il y est donc courant de perdre des navires et leur équipage. C'est pourquoi les statistiques concernant la piraterie ne sont probablement pas exactes.

Dans la plupart des cas, les pirates ne sont pas intéressés par la marchandise transportée, mais plutôt par les affaires personnelles de l'équipage et le contenu du coffre-fort, qui peut contenir d'importantes quantités de monnaie destinée à payer le personnel et les taxes portuaires. Il arrive également que les pirates se débarrassent de l'équipage et emmène le navire dans un port afin de transformer son identité et de le revendre.

La piraterie moderne est encouragée par le fait qu'une grande partie du commerce mondial est réalisé grâce au transport maritime. De plus, pour des raisons commerciales, beaucoup de cargos doivent traverser des passages étroits comme le Canal de Suez, le Canal de Panama et le Détroit de Malacca. Plus le commerce international augmente, plus les navires doivent ralentir dans ces passages à cause de la densité du trafic : ils deviennent ainsi très vulnérables.

Les définitions modernes de la piraterie comprennent les actions suivantes :

Le nombre d'attaques pirates a triplé entre 1993 et 2003. Le premier semestre 2003 a été le pire semestre jamais enregistré, avec 234 attaques pirates, 16 morts, 52 blessés et 193 membres d'équipage pris en otage dans le monde. 182 cas de piraterie ont été recensé par le Centre de Surveillance de la Piraterie du Bureau International Maritime (IMB - International Maritime Bureau) pour le premier semestre 2004, dont 50 à proximité de l'Indonésie, la majorité dans le Détroit de Malacca. L'IMB note également qu'en 2004 les tankers (transport de pétrole et de gaz) et les cargos transportant des matières premières sont les cibles les plus populaires avec 67 attaques sur des tankers et 52 sur les cargos.

On parle parfois de pirates dans le cas d'acte politiques et terroristes : c'est le cas des pirates de l'air. Toutefois, il s'agit ici d'une déformation du sens de pirate : l'absence de l'intérêt lucratif d'une action terroriste fait que l'on ne peut pas réellement lier ces malfaiteurs avec les véritables pirates.

La piraterie a toujours utilisé les moyens technologiques les plus avancés disponibles : les pirates modernes ont recours aux armes à feu évidemment (tels que les fameux AK-47 Kalachnikov), à la téléphonie mobile, aux hors-bord, etc. On suppose même que certains pirates peuvent écouter clandestinement les communications des satellites afin d'obtenir des informations sur les navires et de déterminer le risque qu'ils présentent en cas d'attaque.

Enfin, il faut noter que, tout comme il y a quelques siècles, les attaques des pirates se terminent en règle générale par la mort de tout l'équipage du navire visé.

La piraterie et le droit international

Dans le domaine du droit international la piraterie est généralement considérée comme le plus ancien exemple d'utilisation du principe de juridiction universelle. Piller les navires en haute mer, bloquer les routes commerciales ou mettre en danger les communications maritimes était considéré par les états souverains comme étant hosti humanis generis (crimes contre l'humanité). Puisque la piraterie, par définition, est pratiquée en dehors des juridictions nationales, les poursuites engagées par des états souverains contre des pirates constituent une situation juridique exceptionnelle.

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See also: Pirate, 1854, 1993, 2003, 2004, AK-47, Amérique du Sud, Andrew Barton