Pierre Choderlos de Laclos

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Série : Littérature
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Pierre Ambroise Choderlos de Laclos (Amiens, 1741 - Tarente, 1803) est un écrivain et officier militaire français. Il est un cas unique dans la littérature française, et fut longtemps considéré comme un écrivain aussi scandaleux que le marquis de Sade ou Restif de la Bretonne.

Il était un militaire sans illusions sur les relations humaines, et un écrivain amateur, cependant son projet phare était de «faire un ouvrage qui retentit encore sur la terre quand j'y aurai passé» et de ce point de vue il a largement atteint son but, car la renommée de son livre maître «Les Liaisons dangereuses» est telle, qu'il peut être considéré comme un des livres parmi les plus connus au monde. C'est un des chefs-d'œuvre de la littérature romanesque du XVIIIe siècle, qui met en scène les intrigues de l'aristocratie.

Il a inspiré une très grand nombre de travaux critiques et analytiques, et pièces et de films. Le roman a été plusieurs fois porté au cinéma, par Roger Vadim, Stephen Frears ou Milos Forman.

Sommaire

Biographie

Pierre Ambroise Choderlos de Laclos est né à Amiens, chef-lieu du département de la Somme, le 18 octobre 1741. Il était le deuxième fils d'un secrétaire à l'intendance de Picardie et d'Artois, de petite et récente noblesse — une famille de robe récemment anoblie.

La carrière militaire

Être militaire était pour lui une véritable vocation, Choderlos choisit donc le métier des armes bien que ses perspectives de promotion ne fussent pas très grandes. Il choisit l'artillerie, qui est une arme technique qui convenait bien à son esprit matheux, et est admis en 1760 à l'École de la Fère — ancêtre de l'École polytechnique.

Il est nommé successivement sous-lieutenant en 1761 puis lieutenant en second en 1762. Rêvant de conquêtes et de gloire, il se fait affecter à la Brigade des colonies, en garnison à La Rochelle. Mais le traité de Paris en 1763, met fin à la guerre de Sept Ans, obligeant la jeune lieutenant Laclos à étouffer, faute de guerre, ses ambitions guerrières et à mener une morne vie de garnison : à Toul en 1763, à Strasbourg de 1765 à 1769, à Grenoble de 1769 à 1775, puis à Besançon de 1775 à 1776.

Il est nommé capitaine à l'ancienneté en 1771 et le restera durant dix-sept ans jusqu'à la veille de la Révolution. Cet artilleur, froid et logicien, à l'esprit subtil, s'ennuie parmi ses soldats grossiers, et pour occuper son temps, il s'investit dans la littérature et dans l'écriture. Ses premières pièces sont écrites en vers légers et sont publiées dans «L'Almanach des Muses». S'inspirant d'un roman de Mme Riccoboni, il écrit un assez mauvais opéra-comique «Ernestine» qui n'aura qu'une seule désastreuse représentation, le 19 juillet 1777 devant la reine Marie-Antoinette.

Lors de cette même année 1777, il reçoit la mission d'installer une nouvelle école d'artillerie à Valence — elle recevra notamment Napoléon. De retour à Besançon en 1778, le lieutenant Laclos est promu capitaine en second de sapeurs. Durant ses nombreux temps libres en garnison, il rédigea plusieurs œuvres, dans lesquelles il apparaît comme un fervent admirateur de Jean-Jacques Rousseau et de son roman La Nouvelle Héloïse qu'il considère comme «le plus beau des ouvrages produits sous le titre de roman». En 1778, il commence l'écriture des Liaisons dangereuses.

Les liaisons dangereuses

En 1779, il fut envoyé en mission dans l'île-d'Aix pour assister le Marquis de Montalembert dans la direction des constuctions de fortifications contre les Anglais. De fait, il passe beaucoup de temps à rédiger Les Liaisons dangereuses. et aussi un [[Epître à Mme de Montalenbert|Epître à Mme de Montalembert]]. Promu en cette fin d'année capitaine de bombardier, il demanda un congé de six mois qu'il occupa à Paris à écrire, il sait que désormais son ambition littéraire doit passer avant son ambition militaire pour laquelle il se sent frustré.

Son ouvrage en gestation contient ses frustations militaires, celles de n'avoir pu jamais faire valoir sur le terrain guerrier ses qualités de militaire, mais aussi les nombreuses humiliations qu'il estime avoir subi toute sa vie, de la part des vrais aristocrates, mais aussi de femmes qu'il pense innaccessibles. Son ouvrage est donc aussi pour lui une sorte de vengeance et une thérapie par l'écriture.

En 1781, promu capitaine-commandant de canonniers, il obtint une nouvelle permission de six mois, lors de laquelle il achèvera son chef-d'œuvre. Il confia à l'éditeur Durand neveu la tâche de publier en quatre volumes son ouvrage, qui fut proposé à la vente le 23 mars 1782. Le succès fut immédiat et fulgurant; la première édition comprenait 2000 exemplaires qui furent vendus en un mois, et dans les deux années qui suivirent, une dizaine de rééditions furent aussi proposées et vendues.

Cependant la publication de son ouvrage sulfureux, considéré comme une attaque contre l'aristocratie, est jugé comme une faute par le commandement. Ordre lui est donné de rejoindre immédiatement sa garnison en Bretagne, puis il est envoyé à La Rochelle en 1783 pour participer à la construction du nouvel arsenal. C'est là qu'il fait la connaissance et séduit Marie-Soulange Duperré, et la met enceinte. Il a 42 ans, elle a 24 ans, mais réellement amoureux, il l'épousera en 1786 et reconnaîtra l'enfant. Marie-Soulange sera le grand amour de sa vie et lui donnera deux autres enfants.

Choderlos de Laclos ne ressemble en rien au séducteur de Valmont et n'en a aucunement les tares. Il n'était en rien un séducteur, et il a été décrit comme «un monsieur maigre et jaune» à la «conversation froide et méthodique». Point de conquêtes, sa vie sentimentale se limite à son épouse Marie-Soulange pour laquelle il fut un époux fidèle et pour ses enfants, un père attentionné.

Par la suite, il participa à un concours académique dont le sujet était «Quels seraient les meilleurs moyens de perfectionner l'éducation des femmes !», ce qui lui permit de développer des vues plutôt pro-féministes sur l'égalité des sexes et sur l'éducation donnée aux jeunes filles. Dans ce texte restée inachevé, il dénonça l'éducation donnée aux jeunes filles qui ne visait alors, selon lui, «qu'à les accoutumer à la servitude, et à les y maintenir».

La Révolution

En 1788, il quitte l'armée et après une période de recherche personnelle du meilleur moyen de favoriser son ambition, et diverses tentatives pour approcher un grand seigneur, il entre au service du duc d'Orléans dont il partage les idées d'évolution de la royauté.

La Révolution qui éclate est enfin pour lui l'occasion de vivre intensément. Dès le début il mène des intrigues en faveur de son maître et organise complots et machinations. Les 5 et 6 octobre 1789, il travaille aux journées versaillaises et rédige avec Brissot, la pétition qui fut la cause du massacre du Champ-de-Mars. Le 17 juillet 1791, il négocie le rachat des six cents piques du 14 juillet.

Il se rallie à l'idée républicaine et quitte le duc d'Orléans pour un poste de commissaire au ministère de la Guerre où il a la charge de réorganiser les troupes de la jeune République. Grâce à ses activités, il participe de façon décisive à la victoire lors de la bataille de Valmy. Après la trahison de Dumouriez, Robespierre le fait emprisonné comme orléaniste, mais il est libéré lors de Thermidor.

Il met alors au point, lors d'expériences balistiques, un «boulet creux», chargé de poudre. Choderlos de Laclos est donc également l'inventeur de l'obus. En 1795, espérant sa réintégration dans l'armée, il rédige un mémoire intitulé «De la guerre et de la paix» qu'il adresse au Comité de salut public, mais s'en effet immédiat. Il tente aussi d'entrer dans la diplomatie et de fonder une banque mais sans plus de succès.

Finalement, il fait la connaissance du jeune général Napoléon Bonaparte, le nouveau Premier Consul, artilleur comme lui, et se rallie aux idées bonapartistes. Le 16 janvier 1800, il est nommé général d'artillerie et il est affecté à l'Armée du Rhin, où il reçoit enfin la baptème du feu à la bataille de Bilberach. Affecté à l'Armée d'Italie, il meurt le 5 septembre 1803 à Tarente, non pas glorieusement lors d'une bataille, mais de la dysenterie. Il fut enterré sur place.

Bibliographie :

Liens externes :


See also: Pierre Choderlos de Laclos, 16 janvier, 1741, 1760, 1761, 1762