Pierre Châtelain-Tailhade
Pierre Châtelain-Tailhade, alias Valentine de Coin-Coin, Clément Ledoux, Jérôme Gauthier, journaliste
Né en 1904 à Vitry-sur-Seine.
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Parcours
En 1925, il est déclaré insoumis et se réfugie en Belgique. Il collabore à cette époque au journal pacifiste La Nature humaine, au Merle Blanc, et au Canard enchaîné. Il épouse en 1927 la fille de Laurent Tailhade, polémiste anarchiste. Outre la moitié de son nom, provenant de son beau-père, il en hérite aussi sa verve et sa véhémence libertaire.
Journaliste au Canard enchaîné
Il écrit au Canard enchaîné à partir de 1932, et malgré une interruption de 1936 à 1938, de façon régulière jusqu'à la seconde guerre mondiale. On ne retouve pas sa signature à la Libération. Il semble qu'il ait connu en 1944 quelques ennuis qui lui fermèrent momentanément le chemin des rédactions, sans doute en raison de son ultrapacifisme, et de son antisémitisme attesté par certains de ses amis. Il reprit sa collaboration au Canard enchaîné dans les années 50, sous le pseudonyme de Valentine de Coin-Coin pour la rubrique « Le courrier des Canettes » (un pastiche des courriers du cœur du moment que l'on trouvait dans les journaux féminins), qui deviendra au fil du temps, une rubrique plus sérieuse exprimant un certain progressisme en matière de mœurs (en collaboration avec Alexandre Breffort, il est possible aussi que sa fille Yvette Châtelain-Tailhade y participa). En 1953, sous les pesudonymes de Jérôme Gauthier, et d'Arsène ex-Lupin, et de Cousin Jérôme, il tient la rubrique « Faits divers » où les trois personages sont spécialisés dans l'indignation antipolicière, antimilitariste et anti-étatique. En 1954, sous le nom de Clément Ledoux (et même en 1966, sous celui de « la Doucette Clément »), la critique radiophonique, et à partir de 1965 la critique télévisuelle ("la boîte à images". Il tint des années 50 à 70, sous différents pseudonymes, et par des articles d'une grande diversité, une place centrale au Canard enchaîné.
Injure à l'armée
Le 1er mars 1961, lors de la guerre d'Algérie, il signe un article intitulé « les fils de généraux ne meurent pas dans leur lit », où il dépeint les officiers de l'armée française comme « des professionnels du carnage » à « l'esprit demeuré », « se prévalant d'un alibi de province : la patrie ». Trois mois plus tard, il fut poursuivi en justice par le ministre des armées Pierre Mesmer pour « injures publiques à un corps constitué ». La rédaction du journal réplique par un article collectif dans le numéro du 31 mai 1961, par des dessins, des florilèges de citations littéraires et politiques (de Clémenceau...à Charles de Gaulle, de Montaigne...à Albert Camus), constituant autant « d'insultes à l'armée ». Elle ajouta des témoignages de soutien de lecteur, les réactions souvent hostiles de la presse française et étrangère; des pages spéciales intitulées « L'ex-Canard enchaîné », puis « Le canard emmesmerdé ». Le 11 janvier 1963, les magistrats déclarèrent Jeanne Maréchal (directeur de publication) coupable d'injures publiques à l'armée et la condamnèrent à 1 000 francs d'amende ainsi qu'aux dépends. Le rédaction du Canard enchaîné se félicita du retentissement donné à cette affaire en soulignant que ce jugement assurait à l'hebdomadaire une promotion énorme par rapport à celle d'une campagne publicitaire classique. Le numéro du 16 janvier 1963, qui suivait le jugement, réalisa le plus fort tirage de l'année. Pendant cette période, il notoirement hostile à l'OAS
Il mourut en mars 1977. Il était le dernier de la rédaction du Canard enchaîné à avoir connu le fondateur Maurice Maréchal.
Bibliographie
- Bonsoir plaisir. Ed.de Paris, 1955. (sous le pseudo.de Valentine de Coin Coin).
