Pierre (apôtre)

Sommaire

Le récit traditionnel

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Crucifixion de Pierre, vitrail du XVIe siècle, Notre-Dame des Andelys

Selon les Évangiles et le livre des Actes des Apôtres, Simon de Bethsaïde dit (Képhas) = Pierre [début du Ier siècle (v. 10)/Rome, 29 juin 64] est l'un des douze apôtres de Jésus. Le Christ dit : « Et moi Je te dis que tu es Pierre et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes de l'Enfer ne prévaudront point contre elle. » (Matthieu, 16:16-18).

Originaire de Bethsaïde en Galilée, fils de Jonas [Matthieu] ou de Jean [IVème Evangile], de sa profession pêcheur sur le lac de Tibériade en compagnie de son frère André de Bethsaïde (+ v. 64), il est l'un des premiers disciples de Jésus et quitte tout pour le suivre. Sans doute marié, Simon-Pierre était, selon la tradition, le père d'une fille, Pétronille, qui mourut martyre.

Le plus précis sur sa vocation est l'Évangile selon Jean (que l'on pense avoir été écrit vers l'an 100) qui raconte que Jésus a été présenté à Simon par son frère André.

Jean étant probablement avec André l'un des tout premiers disciples de Jésus (bien que le plus jeune puisqu'il meurt, le dernier des apôtres, entre 98 et 117 dans l'île de Patmos), il est compréhensible qu'il ait un souvenir personnel très précis d'événements si importants dans son existence. Enfin, étant écrit chronologiquement en dernier, le IVème Evangile n'a donc pas influencé les autres évangélistes, non témoins directs de cette scène et qui en donnent, effectivement, moins de détails.

Jésus aurait alors donné à Simon le nom de « Pierre » (Képhas). La tradition catholique lui assigne la première place parmi les apôtres (dans les listes de Matthieu, Marc, Luc ainsi que dans les Actes, Pierre est d'ailleurs toujours cité en premier).

Il en est l'un des principaux acteurs, à de nombreuses reprises :

Pierre est l'un des apôtres dont parlent le plus abondamment les Evangiles et le livre des Actes des Apôtres. Un enthousiasme quelque peu velléitaire le caractérise. La dernière partie de sa vie n'est pas relatée dans les livres du Nouveau Testament. Deux épîtres lui sont attribuées qui y sont intégrées.

Dans le Nouveau Testament

Les évangiles en donne un portrait contrasté qui ne cadre pas toujours avec le souvenir conservé dans la mémoire populaire (celle pour qui l'évangile est un unique Diatessaron)

Article spécialisé : Pierre dans les textes

Selon la tradition catholique

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Saint-Pierre trônant, tenant les clefs du Paradis
Selon la tradition catholique, après avoir évangélisé Antioche, il serait parti à Rome, en serait devenu le premier évêque [v.33/64 ("les années de Saint-Pierre")] et serait mort en martyr (crucifié la tête en bas par « humilité » vis-à-vis de Jésus - « Croix de Saint-Pierre ») à l'emplacement du mont Vatican. À l'issue d'une campagne de fouilles, sa tombe a été retrouvée par l'archéologue Jérôme Carcopino dans les années quarante et officiellement reconnue comme telle par le pape Paul VI [1964]. Elle peut être visitée. Il est considéré comme un saint, entre autres, par l'Église catholique et comme le premier pape.

La présence de Pierre à Antioche puis à Rome justifie l'importance et l'ancienneté de la qualité de patriarcat attribuée à ces deux évêchés. Pierre rencontrera avec l'apôtre Jacques, « le frère du Seigneur », Paul (Saül) de Tarse [Saint-Paul, « l'apôtre des Gentils »].

Selon la tradition populaire, saint Pierre serait le gardien des portes du Paradis.

Selon l'histoire

Les origines et les premiers temps du christianisme sont ignorés des historiens du premier siècle. Les Évangiles ne peuvent être considérés comme de l'histoire au sens contemporain du terme ; à vrai dire ce n'est d'ailleurs pas leur objectif : les évangélistes ne sont pas des témoins du dehors, mais avant tout des disciples qui vivent leur foi et, de ce fait, produisent des documents apologétiques destinés à animer la ferveur de leurs auditeurs et à résumer ce qu'ils considèrent important à faire connaître.

On ne dispose que d'allusion vague et tardive (Tacite) aux fidèles de ce qui n'est alors considéré que comme une secte du judaïsme et on ne dispose sur les apôtres d'aucun témoignage écrit contemporain par l'un de ces historiens.

Selon la philologie

La philologie du Nouveau Testament, confessionnelle ou non, conteste une quelconque nomination à un quelconque poste (si ce n'est à la qualité d'apôtre) comme l'existence de successeurs, contrairement à la tradition séculaire des Églises.

En effet, l'examen attentif du verset Matthieu XVI:18 présente les caractéristiques d'une glose ou interpolation dont la datation basse, basée sur la sémantique du mot grec ἐκκλησία / ekklêsia ne peut être antérieure au IIIe siècle et dont la datation haute ne peut être antérieure au VIe siècle par l'examen de l'emploi du datif après la préposition ἐπί / epi.

Voir aussi

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See also: Pierre (apôtre), Actes des Apôtres, André (apôtre), Antioche, Apôtre, Catholicisme, Christianisme, Critique textuelle