Piano
Le piano est un instrument de musique à cordes frappées, il est donc classé dans les percussions et cordes.
Créé au début du XVIIIe siècle par l'italien Bartolomeo Cristofori sous le nom pianoforte, le piano naît de l'évolution d'un instrument appelé clavicorde (XVe siècle) et du tympanon (Moyen-Âge). Le plus ancien piano conservé dans un musée se trouve au Metropolitan Museum of Art de New York. (Écouter un petit exemple du son d'un piano : son d'un piano)
Le piano est un des instruments à clavier importants de la musique classique également utilisé dans d'autres genres, tels le jazz, le Blues, le Ragtime.
Le pianiste est celui qui joue du piano
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Différentes parties d'un piano
Le clavier
Le clavier sur la majorité des pianos, est composé de 88 touches (7 octaves, et quelques autres notes). Les 52 touches blanches correspondent aux notes non altérées, et les 36 touches noires aux notes altérées (dièse ou bémol).
Certains claviers, notamment chez Bösendorfer, peuvent parfois atteindre 8 octaves. D'autres dits d'étude peuvent descendre à 5 ou 6 octaves.
Une octave sur un clavier correspond à cette alternance de touches : blanche, noire, blanche, noire, blanche, blanche, noire, blanche, noire, blanche, noire, blanche.
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Le mécanisme
Le fait de produire les sons par percussion oblige à utiliser une mécanique complexe.
Contrairement aux instruments à corde pincée (clavecin, etc.), le piano nécessite un mécanisme d'échappement. En effet, lorsque le marteau est propulsé vers la corde par l'action de la touche, s'il y avait liaison directe entre le clavier et le marteau, ce dernier resterait bloqué sur la corde, entraînant un étouffement de la note aussitôt le son produit. Pour éviter ceci, le marteau est propulsé par l'intermédiaire d'une pièce en forme d'équerre, le bâton d'échappement, qui bascule en arrière lorsque sa partie horizontale atteint une butée (réglable). Grâce à ceci, le marteau est libre de repartir en arrière lorsqu'il a percuté la corde, lui permettant de produire son son.
Pour éviter que le marteau ne reparte sans contrôle dans la mécanique, il se bloque dans l'attrape, pièce solidaire du chevalet (pièce de base du mécanisme, à ne pas confondre avec le chevalet de table d'harmonie, qui porte les cordes).
Simultanément, l'enfoncement de la touche actionne l'étouffoir, permettant à la corde de vibrer librement jusqu'au relâchement de la touche.
Le système qui vient d'être décrit (présent sur tous les pianos depuis l'origine) a un grave défaut : rien n'est prévu pour jouer à nouveau la note rapidement.
Pour régler ce difficile problème, Sébastien Érard inventa le système dit --à tort-- double échappement. Dans ce mécanisme, on a ajouté un levier supplémentaire et un ressort placé de manière à repousser le mécanisme vers le bas et le marteau vers le haut. Dans ce cas, lorsque le marteau échappe à l'attrape par relâchement de la touche, il est aussitôt replacé au-dessus du bâton d'échappement, permettant de rejouer sans même avoir relâché la touche entièrement (si le ressort est trop tendu, il arrive même que le marteau refrappe tout seul la corde : c'est le phénomène de grelottage). Ce mécanisme est présent sur tous les pianos à queue modernes et sur aucun piano droit.
Bien évidemment, il n'existe qu'un seul mécanisme d'échappement dans ces pianos, mais le fait de pouvoir rejouer rapidement la note donne l'impression qu'un autre mécanisme prend la suite. Il vaudrait mieux parler de mécanisme de répétition.
Le pédalier
Le pédalier d'un piano est généralement composé de 2 ou 3 pédales.
- À droite, la pédale forte sert à prolonger le son en empêchant les étouffoirs de s'appuyer sur les cordes une fois les touches relâchées.
- À gauche, la pédale douce (ou una corda) déplace le clavier d'un piano à queue et les marteaux de manière à ce qu'il n'y ait plus que deux des trois cordes d'une note qui soit frappée (ou, sur certains appareils, que les trois cordes soient frappées avec la partie moins tassée des marteaux). Sur un piano droit, cette pédale rapproche les marteaux des cordes, ce qui diminue la vitesse de frappe. Dans les deux cas, le son est moins fort, comme avec la sourdine, mais sans déformer le son.
- Sur certains pianos se trouve au milieu, une pédale de soutien (ou de sostenuto, ou tonale) qui permet de tenir les notes déjà appuyées au moment où cette pédale est enfoncée (et non toutes les notes qui sont jouées tant que cette pédale est enfoncée, comme c'est le cas de la pédale forte), ce qui la rend pratique pour tenir des accords. Cette pédale est plus souvent présente sur les pianos de concert que sur les pianos d'étude.
- Sur certains pianos droits, la pédale du milieu est une sourdine servant à réduire le volume sonore grâce à un feutre s'intercalant entre les marteaux et les cordes. Cette sourdine ne joue aucun rôle dans l'interprétation mais est utilisée pour le travail en appartement.
Partie acoustique
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- Les cordes sont faites en acier de diamètre variable (plus mince dans l'aigu). Les cordes de grave sont dites filées dans la mesure où elles sont gainées d'un fil de cuivre destiné à les alourdir (sinon, le piano devrait être bien trop long).
Chaque corde est tendue entre une cheville (qui sert à accorder) et une pointe d'accroche. La cheville est plantée dans une planche en bois nommée sommier. La tension des cordes étant d'environ 800 N, les 250 cordes d'un piano exercent une traction de plusieurs tonnes.
La longueur vibrante de la corde est comprise entre une agrafe (ou une barre du cadre) et le chevalet de table d'harmonie. La corde présente une bien trop petite surface pour produire un son exploitable. Elle transmet donc sa vibration à la table d'harmonie par le chevalet, grâce à la position surélevée de ce dernier par rapport aux agrafes et aux pointes d'accroche. Cette position surélevée permet à la corde d'appuyer sur la table d'harmonie et de transmettre plus facilement son énergie vibratoire.
Les notes les plus graves n'ont qu'une corde par note, les intermédiaires ont deux cordes, les aiguës trois, parfois quatre (deux sur les pianos anciens, d'où le nom d'una corda donné à la pédale douce).
Les cordes sont frappées par des marteaux, anciennement munis d'une petite tête en bois recouvert de cuir (pianoforte), actuellement munis d'une grosse tête recouverte de feutre tendu.
- la table d'harmonie. C'est une mince planche de bois (idéalement plus mince au bord qu'au milieu). Elle est renforcée par des côtes en bois (barres d'harmonie). Elle est mise en vibration par l'intermédiaire des chevalets, eux-mêmes mis en charge par les cordes.
Les chevalets doivent être le plus au centre possible de la table, car les bords de la table sont fixés et ne peuvent pas vibrer. C'est la raison pour laquelle, sur les très grands pianos, les cordes n'atteignent pas le bout de la table, et pour laquelle on croise les cordes sur les pianos modernes (cela évite que les notes extrêmes soient trop près du bord de la table).
Structure
Classiquement, le piano repose sur de grosses poutres, nommées barrage. Sur le piano droit, elles se situent derrière l'instrument.
Sur le piano ancien, il n'y a pas d'autre structure de renforcement. C'est ce qu'on appelle -à tort- des pianos à cadre bois.
Sur le piano moderne, on a commencé à ajouter, du côté des cordes, de petits renforts métalliques, puis de grandes poutres métalliques parallèles (sur les pianos à cordes parallèles), puis un cadre monobloc en fonte, permettant le croisement des cordes.
Sur certains pianos droits économiques, le cadre métallique est fait de telle manière qu'il n'y a plus besoin de barrage (cadre autoporteur).
Le piano est entouré d'une caisse en bois, nommée ceinture.
Entretien et réglages
Contrairement à une idée reçue, le piano nécessite un grand nombre de réglages, en sus de l'accord.
Sachant que chaque note comporte une soixantaine de pièces, et que toutes peuvent avoir du jeu, ou nécessiter un réglage tridimensionnel, c'est un travail assez long et délicat, que certains accordeurs ne savent pas faire, ou refusent de faire.
Principales pannes mécaniques
| Symptôme | Cause | Remède |
|---|---|---|
| Étouffement insuffisant | Étouffoir portant mal sur toutes les cordes de la note | Régler l'étouffoir par torsion de sa tige |
| Étouffement insuffisant ou excessif | Départ prématuré ou trop tardif de l'étouffoir | Régler la hauteur par action sur la vis de fixation de la tige |
| Le marteau reste bloqué sur la corde | Échappement trop tardif | Baisser la butée d'échappement en la vissant |
| Le marteau a du mal à atteindre la corde. Jeu incertain | Échappement trop précoce | Monter la butée d'échappement |
| Les touches ont du jeu latéral | Usure des feutres de guidage de la touche | Tourner la pointe ovale de guidage de la touche jusqu'à disparition du jeu, ou remplacer les mortaises de feutre. |
| Le marteau se bloque dans l'attrape | Attrapage trop précoce | Régler l'attrape par torsion de sa tige |
| Le marteau se promène librement dans la mécanique | Attrapage insuffisant | Régler l'attrape |
| Le marteau rejoue la note tout seul après relâchement de la touche | Ressort de répétition trop tendu (piano à queue) | Régler la vis de réglage du ressort |
| Le marteau se remet mal en place | Ressort de répétition trop mou | Régler la vis de réglage du ressort |
| Bruit de casserole | Accord non fait | Accorder |
| Les cordes d'une note ne sont pas toutes mises en vibration | Le marteau frappe à côté, ou sa surface n'est pas adaptée au plan des cordes | Réaxer le marteau en agissant sur sa vis de fixation, ou poncer sa tête (piano neuf) |
Technique d'accordage
En principe l'accord du piano se fait selon le tempérament égal.
Le piano s'accorde pour une certaine hauteur de diapason. Dans les temps anciens, on utilisait le la des physiciens (435 Hz), puis on est monté au la des musiciens (440 Hz), pour atteindre des valeurs encore plus hautes.
Pour trouver la hauteur des notes, on peut s'aider d'un diapason ou d'un accordeur électronique.
Pour accorder une note, on utilise une clé d'accordeur, clé munie d'un embout carré ou étoilé à 8 branches, d'une taille correspondant à celle des têtes des chevilles.
Le maniement de la clé est délicat : il ne s'agit pas de tourner simplement la clé, car la cheville est tassée dans son logement.
Il faut commencer par libérer la cheville, en l'inclinant de manière à l'éloigner de la corde, puis on l'accorde en tournant la cheville, jusqu'à obtenir un son un peu plus haut que le son désiré. Ensuite, on atteint la justesse en tassant la cheville en direction de la corde. C'est ce geste qui est le plus difficile à acquérir, et qui nécessite beaucoup d'entraînement. S'il est mal fait, l'accord ne tient pas.
Sur un piano, les notes aiguës sont produites par plusieurs cordes. Cela fait que si deux de ces cordes produisent un son très légèrement différent, la sonorité est affreuse. Pour trouver la justesse de l'unisson, on commence à accorder une corde en fonction du diapason, en bloquant les autres cordes de la note avec un coin d'accordeur, puis on libère une autre corde, et on cherche à faire disparaître le battement. Ce battement est facile à reconnaître à l'oreille : on entend une sorte de « oua-oua-oua ». Plus on est proche de l'unisson, plus la fréquence du battement diminue, jusqu'à disparaître.
Modèles de pianos
- Piano droit
- Piano à queue (jusqu'à 3 m environ)
- Piano demi-queue (jusqu'à 2 m environ)
- Piano quart-de-queue (jusqu'à 1,80 m)
- Piano crapaud (piano à très courte queue)
- Piano girafe (à queue verticale)
- Piano carré, ou piano-table (piano rectangulaire, pouvant servir de table quand les couvercles sont fermés, prisé par la petite bourgeoisie au 19° siècle)
- Piano mécanique
- Piano numérique
- Clavier maître (il s'agit d'un clavier de piano qui ne produit pas de son, contrôlant un équipement MIDI - par exemple un échantillonneur ou un synthétiseur.)
- Piano préparé (piano modifié - fréquence des notes, petits objets ou autres intercalés entre le marteau et les cordes, ou glissés sous les cordes - en général en vue de l'exécution d'une œuvre précise, dite « pour piano préparé »)
- Piano jouet (utilisés dans certaines pièces de musique contemporaine, comme dans les interprétations de John Cage par Margaret Leng Tan, ainsi que par certains artistes populaires tel que Pascal Comelade)
Célèbres fabricants de pianos
- Bechstein (1853)
- Bösendorfer (1828)
- Érard (1777)
- Fazioli (1978)
- Feurich (1851)
- Gaveau (1847)
- Kawai (1930)
- Petrof (1864)
- Pleyel (1807)
- Samick (1958)
- Sauter (1819)
- Schimmel (1885)
- Steinway & sons (1853)
- Yamaha (1889)
- Young Chang (1956)
(Nota : Pleyel, Érard et Gaveau sont aujourd'hui des marques fabriquées par Rameau à Alès, dans le Gard)
Autres significations
- Du fait de sa large diffusion, on a surnommé de nombreux instruments de musique piano :
- Piano est également un terme italien indiquant une nuance - doucement - opposée à Forte signifiant fort.
- Piano est aussi une commune française de la Haute-Corse
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