Phallus
Le phallus (ou pénis) est l’organe sexuel masculin de la reproduction. Aujourd’hui, ce mot le désigne plutôt dans sa phase d’érection.
Usages symboliques
Dans de nombreuses civilisations, le phallus est le symbole de la virilité et de la fécondité. Dans certaines tribus des Indiens d’Amazonie, la taille du phallus est directement liée au rang social. Les hommes mettent ainsi un étui pénien indiquant leur rang social.
En Mésopotamie et en Inde (où l’on voue un véritable culte au phallus), le caducée — emblème de fécondité — est représenté par deux serpents s’enroulant autour d’un phallus, verge nue ou fleurie, ou encore arbre de vie. Si l’on trouve généralement un oiseau au sommet de l’arbre de vie, on y trouve un serpent à sa base. Il peut être également représenté par un vase dont jaillit l’eau (symbole de vie). Ici, le vase représente le phallus éjaculant, symbole de fécondité.
En Occident, le phallus a été longtemps un symbole de fécondité, et par extension, un porte-bonheur. Sa représentation était fréquente à la porte des maisons, ou pour désigner la direction du lupanar (Pompéi). On le trouvait aussi en érection sur des colonnes hermaïques, dites ithyphalliques, à la croisée des chemins, ou devant certains temples (Délos). Il est l’attribut le plus constant des satyres qui accompagnent Dionysos, et du dieu romain Priape. Enfin il était souvent porté en amulette apotropaïque autour du cou, chez les enfants romains.
La christianisation a restreint le phallus à l’acte sexuel. Celui-ci étant réservé à l’alcôve, les symboles phalliques se sont vu classés comme obcènes et païens, et ont disparu.
En Galice, on trouve des horreos, blocs de pierre ornés à un bout de la croix catholique et, à l’autre, d’un phallus païen. Ces constructions servent à conserver le grain.
Aujourd’hui, le phallus a été « réintégré » par la psychanalyse comme clé de la structuration psychique individuelle.
Taille du phallus
Pour les Grecs, un homme viril devait être doté d’un petit sexe. Ainsi, pour Aristote, un phallus trop long était signe de stérilité. Aujourd’hui encore, dans certaines tribus indiennes, le statut social est dicté par la taille du sexe masculin, seuls les hommes ayant un petit phallus sont amenés à occuper les places les plus hautes de la structure sociale.
Nombre de personnes se sentent concernées par la taille du pénis en érection. Certains hommes utilisent des accessoires pour augmenter sa taille ou son diamètre, percevant leur pénis comme « trop petit ». Des études statistiques montrent que la plupart des hommes utilisant ce genre d’accessoires ont pourtant un pénis d’une taille habituelle.
Dans nombre de cultures on trouve une « légende urbaine » laissant entendre que la taille du phallus de certains groupes ethniques est plus importante que la norme. Aux États-Unis, ce seraient les Afro-Américains. En Europe, ce seraient les hommes à la peau noire. Il semble toutefois que ce ne soit guère plus qu’une rumeur infondée. Fanon a traité du sujet dans l’ouvrage Black Skin, White Masks, et tend à s’accorder sur le fait que ce soit bien un mythe, statistiques à l’appui.
La seule étude fiable couramment citée dans la littérature est l’« étude Kinsey », de l’UCSF (États-Unis), et une étude italienne, aucune des deux n’a pu établir de corrélation entre le groupe ethnique et la taille du phallus. Il y a une étude en cours menée par le gouvernement indien (destinée à réduire le haut niveau d’échec de l’utilisation du préservatif en Inde), mais il est encore trop tôt pour répondre clairement à la question. D’autre études existent sur le sujet, avec un niveau de sérieux variable, mais elles sont généralement biaisées par la méthode de sélection statistique.
Voir aussi
- Statues Ithyphalliques
