Parti national breton
Le Parti national breton, ou Parti nationaliste breton (abrégé PNB) est un parti politique nationaliste breton.
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Création
Il a été fondé en octobre 1911 sous le patronage d'un comité de sept membres dont : Le Mercier d’Erm, Louis Napoléon Le Roux, Georges Le Rumeur, Guéguen. À cette époque, le PNB va rassembler l’essentiel du mouvement politique breton, même s’il existe déjà d’autres groupements comme le Bleun Brug (Fleur de Bruyère) créé en 1905 par l'abbé Perrot avec sa revue Feiz ha Breiz (Foi et Bretagne) qui existe depuis 1899. Ce mouvement pose les bases d'un nationalisme breton. Le PNB de l'époque regroupe des tendances radical et de gauche, ainsi que de droite conservatrice.
À sa création, il met au point et publie un manifeste et propose comme fête nationale le 29 septembre, jour anniversaire du couronnement de Nominoë et de la victoire remportée en 1364 à Auray par Jean de Montfort sur l'armée française de Charles de Blois. La première manifestation active de ce parti a lieu le 29 octobre 1912, lors de l'inauguration sur la place de l'Hôtel-de-Ville de Rennes du monument représentant, d'après l'artiste Jean Boucher, l'Union de la Bretagne à la France où Anne de Bretagne était à genoux devant le roi de France. Au cours de cette manifestation Camille Le Mercier d'Erm fut appréhendé et conduit aux locaux de police municipale. Les buts de ce parti sont alors : « protester toujours et quand même contre l'oppression française ; préparer la résurrection bretonne dans ce mouvement de réprobation vis-à-vis du peuple français qui prive leur pays de l'indépendance nationale à laquelle il a droit ».
Presse
« Breiz Dishual » est l'organe mensuel du Parti national breton et est crée en juillet 1912. Son comité de rédaction est composé de : Yann Brézal, E. Douar-Gwé, Ewan Gouesnou, Pierre Kerguilly, Ronan de Kermené, Noël Kernejo, Fanch L'Hermite, Job Loyant, Mathaliz, Gwenole Molène, Camille Le Mercier d'Erm, Pol Sulliac.
En janvier 1919, paraît le premier numéro de Breiz Atao (Bretagne Toujours), revue à but essentiellement culturel au départ, mais qui apparaît très vite comme l’organe officiel du mouvement autonomiste breton.
La dérive fasciste et la collaboration
La partie attirée par le séparatisme du Parti autonomiste breton dont Olier Mordrel, Yann Sohier, François Debeauvais, va rejoindre le Parti national breton 2, crée au congrès de Guingamp en août 1931. Le 27 décembre 1931, à Landerneau, a lieu le premier congrès du PNB. Breiz Atao reparaît, simple organe de liaison entre les militants (dont Yann Sohier). Il s'inspire de la révolution irlandaise et joue la carte nationaliste.
Le parti national breton comporte, de la même manière que les jeunesses socialistes d'avant guerre, des jeunesses catholiques ou communistes, une formation de jeunes militants en uniforme : les bagadou stourm.
En mars 1933, Debauvais publie dans Breiz Atao un programme nommé Saga élaboré par Mordrel. Dans ce programme en huit parties, Mordrel traite de la constitution d'un état breton indépendant, à qui l'état français devra restituer « une partie des richesses nationales y compris en caisse d'or, colonies, collections d'art, bibliothèques, équipement industriel » ; le ralliement de certaines régions limitrophes est prévu « par voie de plébiscite ». Il prévoit aussi « l'exclusion des étrangers, et particulièrement des races latines et de couleur, de tous les postes responsables de la vie publique. Exception prévue pour le cas des hommes de race nordique ». Plus loin, on lit : « Contrôle de l'éducation de la jeunesse, destinée à faire des hommes physiquement et moralement sains, et rendus au génie jusqu'ici étouffé de notre race ». Yann Sohier exprime son désaccord, et s'éloigne du parti.
Le parti est dissout sous le gouvernement Daladier (octobre 1939) en raison de ses positions idéologiques communes à celles de l’Allemagne nazie. Les biens du parti sont confisqués et les archives détruites. Des extrémistes de ce parti participent aux attentats terroristes de l'organisation Gwenn-ha-Du. Lorsque la guerre éclate, le PNB opte pour une ligne de ferme neutralité. Ce courant, dont l'idéologie anti-démocratique est très complaisante à l'égard de la xénophobie et de l'antisémitisme, influencé par les celtisants allemands, s'apparente à tous les fascismes européens.
En août 1939, alors que le guerre vient de commencer, les deux fondateurs du PNB 2 se réfugient à Berlin « pour tenter d'y jouer la carte de l'indépendance bretonne dans l'éventualité probable d'une défaite de la France ». Il y dirige un prétendu « gouvernement breton en exil » (Bretonische Regierung). Les pangermanistes préconisaient alors l'extension du Reich à toutes les populations germanophones et le démantèlement des grandes puissances européennes selon des critères linguistiques. Ainsi Adolf Hitler s'était-il prononcé en faveur de la création d'un État breton. Le PNB continue d’exister dans la clandestinité. En juillet 1940, au « Congrès » de Pontivy, Debeauvais et Mordrel créent le Comité National Breton. Il décide aussi l’édition d’une nouvelle revue l’Heure Bretonne. 201 numéros paraîtront entre juillet 1940 et juin 1944 (son premier rédacteur sera Morvan Lebesque). En décembre 1940, Mordrel démissionne de la direction du CNB et est remplacé par Raymond Delaporte qui restera à ce poste jusqu’à la fin de la guerre.
La seconde guerre mondiale
Pendant la guerre l'activisme du parti national breton a complètement dominé les autres tendances du mouvement breton, qui dès lors s'en est trouvé discrédité. Certains membres du PNB prennent part au Comité Consultatif de Bretagne, surtout des modérés (Yann Fouéré, Joseph Martray...).
Le parti nationaliste comporte, de la même manière que les jeunesses socialistes d'avant guerre, des jeunesses catholiques ou communistes, une formation de jeunes militants en uniforme : les bagadou stourm. Il bénéficie alors d'un organe de presse tirant à 30 000 exemplaires : l'Heure Bretonne.
Le parti durant l'occupation est tantôt toléré par Vichy, tantôt mis en difficulté. Quelques membres de cette organisation subiront la répression de l'occupant nazi, avec notamment l'internement de Yann Goulet, qui proteste par une grève de la faim avec plusieurs nationalistes. Les allemands arrêtent dès 1940 Olier Mordrel qu'il place en résidence surveillée en Allemagne.
Il reste cependant que des membres importants du PNB (comme Morvan Lebesque, Alan Heusaff) basculent dans une collaboration plus ou moins importante avec les nazis, et adoptent une politique de collaboration active. L'exemple de l'Irlande - voire l'idéal d'une Bretagne indépendante - continuait d'être la référence. De récentes études ont montré les liens étroits entretenus bien avant la guerre, depuis la fin des années vingt, par des dirigeants autonomistes bretons (tel Célestin Lainé, Alan Louarn) avec les services de renseignements militaires de l'Abwehr.
Les relations se tendent de plus en plus entre la direction des frères Delaporte et l'aile dure. La double appartenance aux Bagadoù Stourm et au Service Spécial de Célestin Lainé est bientôt interdite.
Après l'assassinat de l'abbé Perrot, Lainé crée la Bezen Perrot fin 1943 avec les plus durs du service spécial (Alan Heusaff, ...). Il officialise la scission en créant en mai 1944 un nouveau parti national breton dont la ligne est l'alignement total sur l'Allemagne. Création toute symbolique puisque ce parti ne fera rien.
La libération, l'exil, la résistance
À la Libération, Mordrel, Raymond Delaporte, François Debeauvais quittent la Bretagne, pour se réfugier en Allemagne puis en Irlande. Dans ses mémoires, Olier Mordrel prétend avoir négocié le 16 fevrier 1945 une alliance avec le parti de Doriot (PPF) , contre la reconnaissance d'une indépendance bretonne au sein d'une fédération « de type suisse ».
D'autres sont condamnés à l’indignité nationale et interdits de séjour en Bretagne, de nombreux militants nationalistes bretons se retrouvent en banlieue parisienne, ou en exil (comme François Jaffrenou, Roparz Hemon, Alan Heusaff).
Quelques jeunes militants du parti formeront des éléments à la Résistance, notamment le groupe Liberté de Saint Nazaire ou l'anglophilie a été déterminante. Le groupe Liberté a participé, sous le nom de Bataillon de la Poche, à la libération de la poche de Saint-Nazaire en mai 1945.
