Parti démocrate (États-Unis)
Le Parti démocrate est un parti politique américain. Il est issu du Parti démocrate-républicain fondé par Thomas Jefferson en 1793.
C'est à l'origine un parti réactionnaire et anti-fédéraliste qui évoluera lentement, du moins au niveau national, vers le centre-gauche de l'échiquier politique américain à partir des années 1890 et plus nettement dans les années 30, avec le président Franklin Roosevelt. Après une dérive plus à gauche encore dans les années 60 et 70 sous l'impulsion des sénateurs Hubert Humphrey, George McGovern ou Edward Kennedy, le parti se recentre nettement vers la droite dans les années 90 sous le mandat de Bill Clinton.
Localement, le parti démocrate reste souvent beaucoup plus conservateur et proche de son adversaire républicain, notamment dans l'ouest, le centre et le sud du pays. Au contraire, certaines branches du parti Démocrate, principalement dans la région de la baie de San Francisco en Californie, dans le Pudget Sound (Seattle et le comté de King dans l'État de Washington, le centre de l'Oregon) et l'Ouest des Grands Lacs (Minnesota et Wisconsin) se situent plus à gauche.
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Aperçu historique
À la suite de la disparition du Parti fédéraliste, le Parti démocrate républicain (connu à l'époque sous le seul nom de Parti républicain) se retrouve le seul parti politique majeur aux États-Unis.
Lors de la présidence d'Andrew Jackson, des clivages apparaissent au sein du parti. Les partisans de Jackson forment les démocrates, les opposants au président se regroupent sous le nom de Parti national républicain dirigé par John Quincy Adams. Le Parti républicain démocrate prend rapidement le nom de Parti démocrate.
De 1833 à 1856, il est principalement opposé au Parti whig, un parti plus libéral et fédéraliste, proche des milieux d'affaires et surtout implanté dans le nord du pays.
Depuis 1856, son grand rival est le Parti républicain qui a supplanté un parti whig moribond.
Le Parti Démocrate est d'abord un partisan du droit des Etats contre les empiètements de l'Etat fédéral. Indirectement, il soutient la cause esclavagiste et les sudistes, largement acquis aux démocrates.
Lors de l'élection présidentielle de 1860, le parti se divise cependant entre démocrates du nord (modérés) et démocrates du sud ( esclavagistes). Chacun présenta un candidat contre le républicain Abraham Lincoln, lequel est finalement élu alors qu'il est minoritaire en voix.
La défaite démocrate entraine la sécession des Etats et des élus du sud qui font du démocrate Jefferson Davis leur nouveau président.
La guerre de sécession va durer jusqu'en 1865, année de la victoire des nordistes. La défaite du sud fait perdre au parti démocrate son socle électoral d'autant plus que les Etats rebelles sont privés du droit de vote lors des premières années de la période de reconstruction.
Après 1877, une fois que tous les anciens Etats confédérés aient été rétablis dans leurs droits et que l'occupation des troupes yankees ait pris fin, le parti démocrate redevient le refuge de tous les anciens esclavagistes et des ségrégationnistes.
Pendant une centaine d'années, le Sud sera un bastion électoral imprenable où le parti démocrate fait souvent figure de parti unique et où les divergences politiques ne s'expriment qu'en son sein, opposant les populistes, les conservateurs et les modérés .
Au nord, le parti démocrate renouvelle son électorat grâce aux immigrants de la Nouvelle-Angleterre, particulièrement des Irlandais catholiques. Dans l'Ouest, il est l'expression des classes populaires immigrés du sud, du nord ou de la vieille Europe, qui sont en butte avec l'administration républicaine au sujet des tarifs douaniers.
Ainsi, face à un parti républicain regroupant les WASP aisés et les afro-américains, le parti démocrate recueille les suffrages des blancs du Sud, des autres minorités ethniques juives et catholiques, des couches populaires et des immigrants récents du nord-est.
La domination républicaine à la présidence de 1865 à 1932 est réelle mais pas totale car quelques présidents démocrates seront élus, comme Grover Cleveland (184-1888; 1892-1896) ou Woodrow Wilson (1912-1916).
Dans les années 1880-1890, le parti démocrate, sous l'impulsion de William Jennings Bryan, va adopter la plateforme du mouvement populiste, et se réorienter économiquement à gauche, tout en restant socialement conservateur. Puis, sous l'impulsion des progressistes, principalement du Président Woodrow Wilson, les démocrates vont se faire les champions de la lutte contre la corruption et les promotteurs de la prise en compte de la volonté populaire. Mais c'est Franklin Roosevelt et son New Deal qui ramèneront durablement les démocrates au pouvoir grâce à un programme progressiste volontariste et keynesien. Il mettra ainsi fin à l'image rétrograde du parti en se faisant le champion de l'Etat Providence à l'européenne.
Uni sous Roosevelt, c'est la question de la ségrégation raciale qui réapparait après la seconde guerre mondiale qui va définivtivement faire éclater la base électorale du Parti Démocrate.
Dés la fin des années 1940, les Démocrates du nord, sous l'impulsion notable du sénateur Hubert Humphrey, se prononcent pour la fin des inégalités de traitement entre Blancs et Noirs d'abord dans l'armée puis dans le pays.
Dans le Sud ségrégationniste, c'est la consternation chez les « Southern Democrats » (que l'on appelle aussi Dixiecrat) qui créaient un parti dissident en vue des élections présidentielles de 1948. C'est Strom Thurmond, le gouverneur Démocrate de Caroline du Sud, qui les représentent contre le Président démocrate sortant Harry Truman. Thurmond obtient 2,7% des suffrages, mais surtout la majorité dans 4 Etats du Sud.
Si, durant les années 1950, le parti démocrate retrouve un semblant d'unité, la politique progressiste de John Kennedy, puis celle de Lyndon Johnson permettent de mettre fin aux discriminations raciales et finissent d'achever l'unité du parti. En 1964, la majorité des états du sud votent pour la première fois pour un républicain, l'ultra-conservateur Barry Goldwater.
En 1968, des Démocrates du Sud, forment l'American Independent Party. Le candidat de l'AIP aux élections présidentielles de 1968, George Wallace, gouverneur de l'Alabama, en obtenant 13,5% des suffrages et la majorité dans tous les Etats du Vieux Sud, prive le candidat démocrate Hubert Humphrey de toute chance de victoire face à Richard Nixon.
Dans le même temps, du fait de l'éloignement des Démocrates conservateurs, le parti se radicalise, et présente en 1972 George McGovern, qui, accusé de complaisance avec le communisme, subira un échec cuisant face à Nixon. Les Démocrates comprennent alors que, sans renier leurs idéaux, il leur faut présenter des candidats susceptibles de rallier les suffrages du Sud. Ils ont aussi conscience que la majorité parlementaire dont ils disposent au Congrès depuis les années 50 ne peut survivre à une désertion des électeurs blancs sudistes lesquels représentent un total de 26 sénateurs.
En 1976, Jimmy Carter, gouverneur quasi inconnu de Géorgie, réussit ainsi la synthèse entre les libéraux du Nord et les Conservateurs du Sud, sans toutefois revenir sur le programme progressiste du parti Démocrate. Mais la vague conservatrice de 1980, qui propulse Reagan à la Maison Blanche et permet aux Républicains d'obtenir, pour la première fois depuis 30 ans, la majorité au Sénat, est un avertissement pour les Démocrates.
Si, comme au début des années 1970, ils semblent se radicaliser sur l'aile la plus libérale du parti, comme le montre la candidature de Walter Mondale en 1984, le mouvement des Nouveaux démocrates va réorienter le parti vers le centre, et permettre la victoire de Bill Clinton, gouverneur de l'Arkansas, aux élections présidentielles de 1992.
En 1994, le parti démocrate qui dominait le congrès depuis le début des années 50 (hormis le sénat entre 1980 et 1986) connait une défaite historique en perdant la majorité dans les 2 chambres ainsi que la majorité des postes de gouverneurs.
En 2005, le parti est toujours minoritaire au Sénat avec seulement 44 sièges et à la Chambre des Représentants et en nombre de gouverneurs (22). Sur les 26 sénateurs élus de l'ancienne confédération, il n'en reste que 4 qui soient démocrates alors qu'ils l'étaient tous dans les années 50. La reconquête du sénat passe par une reconquête du sud conservateur.
L'ancien gouverneur du Vermont, Howard Dean est devenu en 2005 le nouveau président du comité national démocrate (fonction principalement administrative).
Ayant perdu 7 des 10 dernières élections présidentielles, le parti est à la recherche d'une nouvelle stratégie mais demeure tiraillé entre une aile gauche réformiste incarnée par Nancy Pelosi et Edward Kennedy et une aile droite plus conservatrice incarnée par le couple Clinton, Bill Richardson, Joseph Biden ou Joseph I. Lieberman. Ces derniers souhaitent notamment concurrencer les républicains sur le terrain des valeurs et réorienter les positions du parti sur le droit à l'avortement ou la laicité pour arriver notamment à regagner le sud et l'ouest conservateur.
Ils ont à l'esprit que depuis 1964, seuls les candidats démocrates issus du sud du pays (Texas, Géorgie et Arkansas) ont pu être élus à la présidence ce qui symbolise à leurs yeux l'importance de cette région dans toute nouvelle stratégie à venir du parti.
Symboles
Le 15 janvier 1870, un dessin paru dans le magazine Harper caricature pour la première fois le Parti démocrate comme un âne. Depuis, cet animal est couramment utilisé pour représenter les démocrates, même si à l'inverse de l'éléphant du Parti républicain, l'âne n'a jamais été officiellement un logo du parti.
Au début du XXe siècle, les états du Middle West, comme l'Ohio et l'Indiana, adoptent le coq, face à l'aigle des républicains. Au Missouri, les démocrates se présentent sous l'emblème de la statue de la Liberté.
Personnalités démocrates
Présidents des États-Unis
- Andrew Jackson (1829–1837)
- Martin Van Buren (1837–1841)
- James Knox Polk (1845–1849)
- Franklin Pierce (1853–1857)
- James Buchanan (1857–1861)
- Grover Cleveland (1885–1889)
- Grover Cleveland (1893–1897)
- Woodrow Wilson (1913–1921)
- Franklin Delano Roosevelt (1933–1945)
- Harry S. Truman (1945–1953)
- John F. Kennedy (1961–1963)
- Lyndon Johnson (1963–1969)
- Jimmy Carter (1977–1981)
- Bill Clinton (1993–2001)
Candidats aux élections présidentielles
Candidats à la vice-présidence
Voir la liste des candidats démocrates à la vice-présidence
Autres personnalités démocrates
- Wesley Clark
- Hillary Clinton
- Howard Dean
- Jesse Jackson
- Ted Kennedy
- Joseph Lieberman
- Robert Byrd
- Richard Andrew Gephardt
- Antonio Villaraigosa
