Parthénon
World_Heritage_Sites_in_Greece5167.jpg
Le Parthénon — en grec ancien Παρθενών / Parthenôn, proprement dit le « local des vierges » (παρθένος / parthénos), (et non pas temple de la Parthénos, donc d'Athéna, car un tel édifice s'appellerait Parthenion) — est probablement le plus connu des monuments grecs classiques. Il est aussi généralement considéré comme le plus achevé au point de vue architectural.
| Sommaire |
Histoire
Symbole de l'Acropole d'Athènes, il servait à abriter la statue de la déesse Athéna Parthénos. Après l'évangélisation de la Grèce, il a été transformé en église au VIe siècle ap. J.-C. puis en mosquée en 1460, ce qui l'a conservé presque intact jusqu'au XVIIe siècle.
Il a été en partie détruit lors d'une attaque vénitienne de la ville tenue par les Turcs en 1687, lorsqu'un boulet de canon a fait exploser les munitions qui y étaient entreposées. En 1800-1801, il a été pillé par Lord Elgin qui a rapporté la plus grande partie de sa célèbre frise en Angleterre. Elle se trouve aujourd'hui à Londres, au British Museum. Le Louvre possède aussi quelques fragments de ce bâtiment.
La Grèce demande à la Grande-Bretagne — jusqu'à présent en vain — la restitution de ces sculptures
Le Parthénon : un trésor et non un temple
Contrairement à l'idée généralement acceptée, le Parthénon n'est pas un temple mais un trésor : ce n'est pas un édifice de culte mais un monument destiné à abriter l'ex-voto colossal qu'est la statue d'Athéna Parthénos, œuvre de Phidias, et conçu par ce dernier tout entier dans cette perspective. Sa fonction secondaire, comme trésor, fut d'accueillir les réserves de métal monnayé d'Athènes et le trésor de la Ligue de Délos.
Que le Parthénon n'est pas un temple se déduit des observations suivantes :
- La statue d'Athéna Parthénos qui occupe la salle principale à l'Est n'est pas une statue de culte mais une offrande : elle ne fait l'objet d'aucun rite connu, aucune prêtresse n'y est attachée.
- Si le Parthénon était le temple d'Athéna Parthénos, il devrait plutôt s'appeler Parthénion (de la même façon que l'Artémision est le temple d'Artémis, l'Héraion le temple d'Héra, etc.)
- L'Athéna qui fait l'objet du culte principal sur l'Acropole, notamment lors de la célébration des Panathénées, est Athéna Polias, dont la statue cultuelle, le xoanon (en bois), est conservée à l'Érechthéion.
- A l'origine, le terme de Parthénon ne désigne que la salle Ouest du bâtiment, qui contient les offrandes et les réserves de métal monnayé, auparavant conservées dans le Vieux Temple d'Athéna Polias.
Le Parthénon est donc du point de vue de sa fonction comparable aux chapelles votives de Delphes (le Trésor des Athéniens par exemple), d'Olympie ou de Délos : c'est un trésor, à la fois parce qu'il est construit autour de la statue d'Athéna Parthénos et parce qu'il comporte une chambre-forte.
Édification du bâtiment
Il a fallu quinze ans pour bâtir le temple (de -447 à -432), qui a demandé le travail de centaines d'artisans / artistes (les deux notions ne sont pas clairement séparées chez les Grecs de l'Antiquité (cf. art grec). Phidias en a conçu les plans et la décoration, sous la direction de l'architecte Ictinos et de l'entrepreneur Callicratès.
Le Parthénon a été bâti sur l'espace laissé vide par les pillages et les incendies du sac d'Athènes par les Perses en 480. Le financement du projet, comme pour le reste des constructions de l'Acropole, s'est fait en utilisant (ou détournant) les ressources de la ligue de Délos. Le Parthénon, avec la statue d'Athéna et les Propylées, a coûté 2 000 talents, somme colossale. Plutarque rapporte dans sa Vie de Périclès (14, 1-2) que celui-ci proposa de prendre à sa charge les dépenses, pourvu qu'on inscrivît son nom sur le monument. L'anecdote est douteuse, mais témoigne des résistances rencontrées à l'époque face à ce projet pharaonique.
Données architecturales
Le Parthénon mesure 70 mètres sur 31, des dimensions somme toute modestes face aux gigantisme des grands temples précédents, comme l'Héraion de Samos ou l'Artémision d'Éphèse, qui font tous plus de 100m. Il est en marbre du Pentélique.
Il prend la forme d'un temple dorique périptère (entouré d'une colonnade — ou portique — extérieure au mur d'enceinte) octostyle (à huit colonnes en façade). Bâti selon un plan rigoureux, il compte deux fois plus de colonnes en longueur, soient 17 (8 × 2 + 1 pour l'angle) × 2 pour les longueurs et 8 × 2 - 4 (colonnes d'angles) pour les façades, pour un total de 46 colonnes.
Il est assez atypique pour l'époque, qui connaissait majoritairement des temples hexastyles. Roland Martin, dans le volume consacré à la Grèce antique de la collection L'Univers des formes, parle du « moins classique des temples grecs ».
Corrections optiques
Un sytème de correction optique très précis permet de donner l'illusion d'une verticalité et d'une horizontalité parfaite alors que les stylobates et les architraves sont incurvés. De plus, les colonnes ne sont pas parallèles mais sont inclinées vers un point de fuite situé en hauteur (ce qui se voit d'autant plus que la colonne est loin du centre du temple). Enfin, les colonnes elles-mêmes sont modifées pour ces raisons optiques : les colonnes d'angles sont plus épaisses (car, se détachant sur le vide, elles sembleraient sinon trop minces) et elles sont, ce qui est très courant, légèrement renflées au ⅓ de la hauteur (l'œil ayant tendance à voir à cet endroit un étranglement).
Outre le coté esthétique, ces corrections ont aussi, plus prosaïquement, des avantages techniques : elles facilitent l'écoulement des eaux par la courbure du sol, et renforcent la structure de l'ensemble par l'élargissement des colonnes d'angle.
Disposition des pièces
L'édifice comporte quatre pièces. Dans l'ordre, depuis l'entrée jusqu'au fond :
- le pronaos, sorte de vestibule ;
- le naos (ou cella), où l'on conservait la statue de la déesse ; il se divise en trois nefs, une centrale et deux collatérales. La statue d'Athéna est décrite plus bas ;
- le parthénon : c'est une pièce éponyme propre à ce bâtiment, qui désigne la chambre des vierges, sans que l'on sache très bien à quoi renvoie ce nom. Plus tard, elles ont été remplacées par des statues de jeunes filles, des korés, qu'on a retrouvées dans l'opisthodome ;
- l'opisthodome : pièce faisant pendant au pronaos mais fermée ne communicant pas avec le naos. On y entreposait les trésors.
Décorations
À l'instar des autres temples grecs, le Parthénon était richement décoré et polychrome. Les siècles passant, il ne reste plus grand-chose de sa splendeur outre la blancheur nue du marbre, qui aurait étonné les Grecs, et la frise, maintenant au British Museum.
La statue d'Athéna
Elle est a été perdue (il en reste cependant des copies) mais les descriptions parlent d'une statue chryséléphantine (d'or et d'ivoire) de douze mètres de hauteur composée d'une carcasse de bois sur laquelle étaient posées des plaques d'ivoire. Ce matériau étant fragile et pouvant se dessécher, on l'entretenait au moyen d'une eau huilée qu'on gardait à disposition dans un bassin. La couche d'huile laissait une pellicule protectrice empêchant l'évaporation et donnant un lustre à l'ivoire.
Athéna était en armes, portant casque et bouclier. Sur ce dernier était représenté le combat contre les Amazones. Or, Périclès et Phidias y auraient été inclus comme personnages, ce qui, pour l'époque, était scandaleux, l'art religieux devant rester anonyme et ne pas glorifier l'auteur.
Les frises
Ordre dorique oblige, la frise extérieure est faite de triglyphes (trois bandes verticales) alternant avec des métopes (parties plates) sur lesquelles sont sculptées des scènes traditionnelles :
- sac de Troie (façade nord ; il n'en reste presque plus rien : trois métopes sont conservées) ;
- centauromachie (façade sud) ;
- gigantomachie (façade est) ;
- amazonomachie (façade ouest).
Le naos (ou cella) possède sa propre frise extérieure, d'ordre ionique cette fois-ci, donc en continu. C'est celle-ci qu'on nomme généralement « frise du Parthénon » ou « Frise des Panathénées » car c'est en effet ce qu'elle représente (une grande Panathénée, fête de la naissance d'Athéna). De structure complexe, mesurant 160 mètre de long, comprenant 360 personnages, elle représente une procession comprenant hommes, héros éponymes des tribus grecques, dieux, chevaux d'une cavalcade, de divers objets cultuels. De nombreux chars pour les apobatai (pluriel d'ἀποϐάτης / apobátês) sont aussi présents. Ce sont des guerriers en arme sautant en marche des chars pour y remonter après avoir couru à côté ; ces athlètes participaient à un concours et le meilleur d'entre eux recevait comme prix une amphore d'huile tirée des oliviers sacrés. Il est possible que cet exercice d'essence religieuse provienne du fait qu'Érichthonios passait pour l'inventeur du char.
Parmi les mortels se trouvent peut-être — les exégètes ne s'accordent pas — les ergastinai / ἐργαστῖναι, femmes chargées de tisser le péplos dont on habillait une statue de bois d'olivier d'Athéna Polias (Πολιάς, « protectrice de la cité », gardée dans l'Érechthéion) pendant les Panathénées. Il est notable que des mortelles soient représentées : en effet c'est une des rares cérémonies auxquelles elles étaient conviées.
La frise n'a, comme les autres formes d'art religieux pour les Grecs, aucune valeur esthétique en soi : c'est une représentation. De plus, elle était trop haut placée pour être admirée. C'est cependant, pour un public moderne, l'une des frises grecques les plus achevées. De plus, bien que parfois d'interprétation délicate, elle renseigne sur la vie quotidienne et dépeint des scènes de la procession avec luxe de détails.
Les frontons
Le temple possède deux frontons triangulaires sculptés. L'un représente Athéna, l'autre la querelle entre Athéna et Poséidon pour l'attribution de l'Attique (voir aussi à Athènes).
Bibliographie
- B. Holtzmann, L'Acropole d'Athènes, Monuments, cultes et histoire du sanctuaire d'Athèna Polias, Paris, 2003.
| Image manquante Discobole_reduit.png | Hellenopedia - Accédez d'un seul coup d’œil à toute la série des articles de Wikipédia concernant la Grèce antique |
