Paradoxe des jumeaux

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(texte modifié depuis la pose du bandeau; voir page de discussion) Le paradoxe des jumeaux est une expérience de pensée en relativité restreinte imaginée par Paul Langevin en 1911. Créant la surprise lors de son énoncé, il ne resta un vrai paradoxe qu'entre ce moment et la publication de la relativité générale (1915), qui le leva définitivement. On continue cependant, par habitude, à le nommer « paradoxe » encore de nos jours. Il ne contient plus de contradiction logique, juste un aspect des choses surprenant.

Sommaire

Le « paradoxe »

Un de deux jumeaux entreprend un voyage spatial à grande vitesse tandis que l'autre reste sur terre. Lorsque le voyageur revient finalement sur terre, on observe qu'il est plus jeune que le sédentaire.

Cela pourrait apparaître comme déjà un paradoxe pour certaines personnes, mais la dilatation du temps était mentionnée par la Relativité restreinte depuis déjà 1905. Qu'apportait donc de nouveau la considération de 1911 ?

La chose suivante : si les mouvements ne sont que relatifs, qu'est-ce qui nous autorise à croire que c'est l'un des deux jumeaux qui s'est déplacé plutôt que l'autre ? Et en ce cas l'écart de vieillissement doit s'observer dans l'autre sens !

Contexte

Le paradoxe utilise la dilatation du temps prévue par la relativité restreinte pour un système en mouvement.

Celle-ci s'est toujours vérifiée expérimentalement :

Résolution

L'erreur de raisonnement provient du fait que la situation n'est en fait pas symétrique. Ici, le jumeau voyageur change de référentiel inertiel et donc :

La dissymétrie d'écoulement temporel n'est donc pas paradoxale. En termes plus physiques, le principe de relativité stipule uniquement que deux référentiels en translation rectiligne uniforme sont équivalents, ce qui n'est pas le cas ici. Il y a donc moyen de distinguer les deux jumeaux et de lever le paradoxe.

Restriction la plus fréquente du paradoxe

Certaines personnes peuvent aussi penser dans un premier temps que le fait que le temps n'aille pas à la même vitesse pour tout le monde est lui-même paradoxal; en fait, cette question était déjà patente dès 1905 (et même avant avec les transformations de Lorentz), et il n'était nul besoin d'attendre 1911 pour la mettre en évidence. Le fait que le temps puisse ne pas s'écouler à la même vitesse subjectivement est par ailleurs bien connu dans la vie courante, et le fait que des différences objectives puissent exister aussi n'ont probablement pas de quoi surprendre outre mesure.

Le paradoxe est souvent présenté de cette seconde manière - ou même, en mettant les choses au mieux, dans des termes qui rendent cette seconde interprétation possible. Il serait donc opportun de distinguer par le vocabulaire :

Apport épistémologique

Les contresens eux-mêmes sont instructifs quand on les aborde dans le cadre de l'épistémologie ou des sciences cognitives. Celui sur le paradoxe nous apprend ainsi à éviter deux choses :

  1. attribuer à la Relativité de simples effets de décalage perceptif qui auraient aussi bien lieu en remplaçant la vitesse de la lumière par celle du son. À l'inverse, un effet observé dans le cas d'un signal électromagnétique et qui n'existe pas dans le cas d'un signal sonore est le plus souvent un effet relativiste.
  2. qualifier de paradoxal un effet qui n'est que surprenant.

Autres paradoxes en physique

Voir aussi

See also: Paradoxe des jumeaux, 1911, 1915, Accélérateur de particules, Calculs relativistes, Contradiction, Démon de Maxwell, Expérience de pensée