Paludisme
| Image manquante Médecine.png image:médecine.png |
| Médecine |
| Mise en garde médicale |
| Sciences fondamentales |
| Anatomie - Physiologie |
| Embryologie - Histologie |
| Génétique - Bioéthique |
| Biologie - Bactériologie |
| Histoire de la médecine |
| Pathologie |
| Symptômes - Syndromes |
| Santé - Maladies |
| Domaines d'étude |
| Médecine générale |
| Spécialités médicales |
| Spécialités chirurgicales |
| Spécialités techniques |
| Professions paramédicales |
| Thérapeutique |
| Médicaments |
| Pharmacologie |
| Dictionnaire médical |
| A B C D E F G H I J K L M |
| N O P Q R S T U V W X Y Z |
| Méta |
| Le projet Médecine |
| Participez ! |
Le paludisme (du latin palus, paludis, marais), appelé aussi malaria (de l'italien mal'aria, mauvais air), est une parasitose due à un protozoaire transmise par la piqûre d'un moustique, provoquant des fièvres intermittentes. Il est la cause d'environ deux millions de décès chaque année dans le monde, principalement dans les régions tropicales et en Afrique sub-saharienne (voir les régions à risques).
La cause de la maladie a été découverte le 6 novembre 1880 à l'hôpital militaire de Constantine (Algérie) par un médecin de l'armée française, Alphonse Laveran, qui reçut le prix Nobel de médecine et de physiologie en 1907. C'est en 1897 que le médecin anglais Ronald Ross prouva que les moustiques étaient les vecteurs de la malaria.
Le parasite Plasmodium (surtout P. falciparum et P. vivax, plus rarement P. ovale et P. malariae) est transmis par la piqûre de la femelle d'un moustique appelé anophèle (genre Anopheles), qui se reproduit dans les zones marécageuses. Le parasite sévit, à l'état endémique et infecte les cellules hépatiques de la victime puis circule dans le sang.
| Sommaire |
Épidémiologie
En 2004, le paludisme est la maladie la plus répandue dans le monde : on recense 300 à 600 million1 de personnes contaminées, et il tue plus d'un million de personne par an, la plupart en Afrique. C'est la première cause de mortalité des enfants de moins de cinq ans en Afrique.[1]
Cycle du plasmodium
Lors d’un repas de sang, le moustique injecte le parasite à l'homme. Le parasite est alors sous la forme d'un sporozoïte. Il circule dans le sang pour pénétrer dans le foie une heure après. Il s'y multiplie ensuite par divisions cellulaires pendant 10 à 15 jours. Cette phase va aussi permettre au parasite de survivre longtemps dans l'organisme, alors qu'il aura disparu du sang. C'est ce qui explique les rechutes à longue échéance pour deux Plasmodium : P. vivax et P. malariae.
Quand ils se libèrent du foie, ils ont changé de forme et deviennent des mérozoïtes. Ceux-ci circulent dans le sang et vont infecter les globules rouges. Ils se nourrissent de l'hémoglobine et se multiplient. Puis ils se libèrent en faisant éclater les hématies. Ce sont ces éclatements brutaux et synchrones qui sont à l'origine des accès de fièvre. Le temps qui s'est écoulé entre la pénétration d'un parasite dans un globule rouge et l'éclatement de celui-ci lors de la sortie des parasites est de 72 heures pour Plasmodium vivax et P. falciparum (fièvre tierce) et de 96 heures pour P. malariae (fièvre quarte). La destruction de ces cellules provoque une anémie et dans le cas du paludisme cérébral, la mort intervient à la suite d'une obstruction des vaisseaux sanguins du cerveau par les globules rouges infectées.
Les mérozoïtes libérés vont parasiter d'autres globules rouges et le cycle asexué continue.
Après quelques cycles asexués apparaissent des parasites de forme spéciale, les gamétocytes qui restent dans le sang périphérique, ce sont des formes sexuées produites par le Plasmodium.
Les parasites lors de cette phase n'ont aucune chance de survie dans l'homme. Ils restent vivants jusqu'à 20 jours puis disparaissent. Ils ne pourront poursuivre leur évolution que chez le moustique. A ce moment si une anophèle pique une personne malade, elle absorbe des gamétocytes contenu dans le sang.
Symptômes chez l'homme
Après une quinzaine de jours, suite à un séjour dans une zone à risques : fatigue générale, tremblements, perte d'appétit, vertiges, frissons, spasmes.
La crise de paludisme, appelé également accés palustre, est caractérisée par des accès fébriles, avec une fièvre à plus de 40°C avec frissons suivis d'une chute de température accompagnée de sueurs abondantes et d'une sensation de froid. La crise correspond au réveil des parasites et peut se manifester tous les trois à quatre jours.
Lorsque les crises se répètent pendant plusieurs années, elles peuvent dégénérer, entraînant une grande fatigue permanente, une anémie, une jaunisse, un grossissement puis un éclatement de la rate.
Diagnostic
Le diagnostic de certitude repose sur la mise en évidence du parasite dans le sang, par frottis sanguin ou goutte épaisse.
Quatre espèces de plasmodium sont pathogènes pour l'homme, mais différenciées par leur répartition géographique et par leur effet pathologique :
- Plasmodium falciparum, responsable de la forme letale et coupable de plus de 90% des décès,
- Plasmodium vivax,
- Plasmodium malariae,
- Plasmodium ovale.
La maladie se traduit essentiellement par une fièvre intermittente. Le traitement et la prophylaxie individuelle font appel aux dérivés de la quinine.
Traitement et prévention
Il n'existe aucun vaccin contre le paludisme, l'unique moyen de lutter est une bonne prévention (prophylaxie), passant par un schéma thérapeutique à respecter. La prévention passe aussi par la lutte contre les anophèles : insecticides, assainissement des zones marécageuses, lutte biologique.
Si la malaria est diagnostiquée rapidement, elle peut être traitée par la quinine (depuis le XVIIe siècle). On utilise maintenant quinacrine, chloroquine et primaquine, réduisant ainsi le besoin de quinine.
Certaines formes du Plasmodium ont développé des résistances à ces médicaments, ce qui complique le traitement. En Afrique de l'Ouest, où les vagues de malaria sont particulièrement virulentes, le Lariam est maintenant recommandé malgré ses effets secondaires.
Des recherches portant sur l'Artemisia ont abouti à la synthèse d'une molécule bon marché à laquelle aucune résistance n'est connue : l'OZ 277. Un traitement à grande échelle devient envisageable.
Les précautions à prendre
La prise de médicaments antipaludéens, même en respectant un schéma thérapeutique correct, ne suffit pas à protéger à 100 % contre le risque de paludisme. Il faut aussi se protéger des moustiques, les empêcher de rentrer en contact avec leurs victimes, afin d'éviter la piqûre de l'insecte.
- Évitez les déplacements en zone à risque sans protection, dormez toujours avec une moustiquaire, même à la belle étoile.
- Portez des vêtements longs et amples, serrés aux poignets et aux chevilles, avec des chaussures fermées, imprégnées de répulsif.
- Appliquez des répulsifs cutanés sur tout le corps.
- Utilisez des insecticides, à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur.
- Dormez avec l'air conditionné ou sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide.
- Protégez toutes les ouvertures par des moustiquaires appropriées.
L'utilisation de produits anti-insectes (tel le DEET) et de moustiquaires réduit les risques d'infection, mais la chimio-prophylaxie reste indispensable (Nivaquine, Savarine, Lariam, Malarone. Attention ne buvez pas d'alcool en ayant pris ces médicaments).
Des traitements préventifs mal suivis
Selon un rapport français du Centre national de référence pour l'épidémiologie du paludisme d'importation et autochtone, à partir d'une étude portant sur les 8 000 Français ayant contracté la maladie en l'an 2000, près de la moitié n'avait eu recours à aucune prophylaxie.
En 2002, seuls 10 % des voyageurs français, en déplacement dans une zone à risque, ont suivi un schéma thérapeutique correct. En 1990, ce pourcentage était d'un tiers, cela explique, en partie, la forte recrudescence des cas de paludisme en France, cas atypique en Europe, où dans les autres pays, la progression est stable ou en régression.
Malaria et Histoire
Moustique.jpg
En Inde, les Veda font état des fièvres paludiques et les médecins Charaka et Sushruta en font une description et lui associent la piqûre de moustique.
La malaria n'a disparu que relativement récemment de France métropolitaine. Elle était encore présente en 1931, dans le marais poitevin, le golfe du Morbihan et en Camargue.
Elle a été éradiquée de Corse, où elle était présente dans la plaine orientale, en 1944 lorsque les troupes états-uniennes la firent disparaître en traitant massivement la zone au DDT. Elle n'y était pas présente cependant de toute éternité, inconnue du temps de la présence romaine, elle y fait son apparition accompagnant les Vandales lors de leur raids sur l'île qui connaîtra ses deux épidémies à Plasmodium vivax en 1970 (31 cas) et 1971 (19 cas). Depuis, tous les cas observés en France (1 025 cas en 1986) sont des paludismes d’importation.
Les régions à risques
Le paludisme touche quatre-vingt-dix pays, essentiellement les plus pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. En 1950, le paludisme a été éradiqué de toute l’Europe et d’une grande partie de l’Amérique centrale et du Sud. La maladie touche également les voyageurs : sur cent mille touristes se rendant dans une zone impaludée, trois mille rentrent dans leur pays infectés par l’une des formes connues de Plasmodium.
Le paludisme est présent dans environ 90 pays (2), qui sont essentiellement des pays en développement situés en Afrique, Asie et Amérique latine.
- L'Afrique est un continent particulièrement touché par le paludisme ; il concerne 95 % des cas importés en France. Le danger est quasi nul en Afrique du Nord, mais majeur en Afrique de l'Est, en Afrique subsaharienne et en Afrique équatoriale.
- En Asie, le paludisme est absent des grandes villes et plutôt rare dans les plaines côtières. Le danger est majeur dans les zones rurales du Cambodge, de l'Indonésie, du Laos, de la Malaisie, des Philippines, de la Thaïlande, du Vietnam et en Chine dans le Yunnan et à Huainan.
- Dans les Antilles, le paludisme sévit à Haïti et près de la frontière dominicaine.
- En Amérique centrale, il existe quelques micro-zones, mais le risque est relativement faible.
- En Amérique du Sud, le risque est faible dans les grandes villes, mais réel dans les zones rurales en Bolivie, en Colombie, en Équateur, au Pérou et au Venezuela, et majeur dans toute la zone amazonienne.
Notes
1. l'estimation est difficile du fait du manque de fiabilité des statistiques dans les pays concernés ; en 2002, des chercheurs de la revue Nature estimaient à 515 millions le nombre de malades, soit deux fois plus que les estimations de l'OMS [2]
2. http://siteresources.worldbank.org/INTMALARIA/Resources/HayLancetJune04.pdf
déclaration obligatoire
En France, cette maladie est sur la liste des Maladies infectieuses à déclaration obligatoire
Voir aussi
Bibliographie
[1] Dakar donne de la voix contre le palu, M-L.J., Libération n°7414 p12, 12 mars 2005
[2] Un fléau sous-estimé, A.S., Libération n°7414 p12, 12 mars 2005
Liens externes
- (fr) Une thèse de médecine sur la malaria (2000) : Paludisme : historique, mythes, croyances et idées reçues
- (en) Projets de la Banque mondiale
| Image manquante Wikimedal.png | Cet article a été défini comme article de qualité faisant honneur à l’encyclopédie Wikipédia libre, universelle et gratuite. Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion ainsi que celle de la liste des articles de qualité. |
