Ordre du Temple
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L'Ordre du Temple ou Templiers est un ordre religieux et militaire créé lors des Croisades. Fondé en 1118, il disparaît en 1312.
| Sommaire |
Création
En 1118, neuf chevaliers francs, menés par Hugues de Payns offrent à Baudouin II, roi de Jérusalem de créer un ordre militaire qui protégerait les pèlerins, sous le nom de « Pauvres chevaliers du Christ ». Le roi leur accorde une résidence dans son palais situé sur le site de l'ancien Temple de Salomon — aujourd'hui Mosquée al-Aqsa — et leur nom évolue en « chevaliers du Temple » puis en Templiers. L'ordre est officialisé par la bulle pontificale Omne datum optimum le 29 mars 1139.
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Particularités des Templiers
L'ordre des Templiers accueillait les jeunes nobles désireux de s'investir dans la défense de la foi chrétienne au Moyen-Orient. Il formait un ordre militaire à la hiérarchie très stricte. Ses membres faisaient vœu de pauvreté et abandonnaient à l'ordre toutes leurs possessions et héritages. Ils partageaient leur existence austère entre la prière et la guerre et devinrent de fins connaisseurs des mœurs et coutumes guerrières du Moyen-Orient : très riche, l'ordre fit bâtir de nombreuses forteresses indépendantes, les kraks, mi-couvents, mi forteresses. Ils firent également bâtir un réseau de commanderies à travers tous les pays de la Chrétienté à fins de recrutement. Ils se vêtaient simplement et passaient par-dessus leurs effets une robe blanche frappée d'une croix rouge. Leur fortune, leur état d'intermédiaires entre l'Orient et l'Occident, leur découverte de nouvelles pratiques les conduisirent peu à peu à se transformer en financiers et banquiers prospères et à s'éloigner de leur mission première.
Disparition du Temple
La disparition de l'Ordre du Temple est le fait du roi de France, Philippe IV le Bel.
Depuis 1291, les Templiers, comme du reste tous les Latins, ne possèdent plus de places fortes en Palestine. Les projets de croisade générale du grand-maître Jacques de Molay n'aboutirent pas par suite d'un manque d'attention des souverains occidentaux et de la papauté. Alors que les autres ordres militaires peuvent se reconcentrer sur d'autres fronts, les Teutoniques étant en train de bâtir un état théocratique en Prusse et les Hospitaliers de songer à une guerre navale contre l'infidèle par le contrôle du Dodécanèse et de Rhodes, les Templiers se trouvent en porte-à-faux face à leur mission première. Ils restent un ordre militaire mais ne peuvent plus mener leur guerre. De plus, dans un contexte international de renforcement des monarchies qu'incarnent parfaitement Philippe le Bel et son conseiller Guillaume de Nogaret, la puissance d'un ordre militaire possédant des biens à travers toute la Chrétienté et ne répondant qu'au pape inquiète les gouvernants. Les critiques qui ont toujours eu cours sur les ordres militaires, celle de richesse et d'avarice, celle de lâcheté voire de trahison, gagnent en force et se concentrent sur le Temple, qui prête le plus le flanc à ces attaques.
Le 13 octobre 1307, Philippe le Bel fait arrêter tous les Templiers du royaume de France. Le 22 novembre 1307, le pape Clément V par la bulle Pastoralis præminentiæ ordonne l'arrestation de tous les Templiers de la Chrétienté, pour reprendre l'initiative. Le conflit est d'abord celui qui oppose le pape et le roi de France. En effet, le Temple ne relevant que de la papauté, il a toujours été une force sur laquelle celle-ci s'appuyait. De plus la perspective de mettre la main sur les biens des Templiers, pas de fabuleux trésor mais un réseau de commanderies bien administrées, ne déplaît pas au roi, toujours en quête de fonds. L'accusation est mise sur pied par Guillaume de Nogaret, qui recrute des témoins à charge parmi d'anciens Templiers, et qui décide de mobiliser les attaques sur une hérésie supposée des Templiers, ce qui ne peut que forcer le pape à suivre le mouvement. Tous les royaumes latins, à l'exception notable du Portugal, font arrêter les Templiers et mener des enquêtes selon l'ordre de la bulle pontificale. Seuls les Templiers français seront reconnus coupables des crimes d'hérésie et de sodomie qu'on leur impute. Le 12 août 1308 par la bulle Faciens misericordam il définit les accusations portées contre le Temple. Il supprime l'ordre par la bulle Vox in excelso du 3 avril 1312 pour transférer ses biens à l'Ordre de l'Hôpital le 2 mai suivant — bulle Ad providam. Le 18 mars 1314, Jacques de Molay, dernier grand maître de l'ordre meurt sur un bûcher à Paris. En effet il avait d'abord confessé ses « crimes », espérant obtenir de meilleures conditions pour la survie de l'ordre, puis s'était rétracté voyant l'intransigeance de la position royale. Il est donc condamné au bûcher comme relaps (étant retombé dans un crime déjà confessé).
À noter que dans le royaume de Valence l'ordre du Temple ne fut pas fondu dans celui de l'Hôpital (les Hospitaliers), mais que les deux ordres fusionnèrent pour créer l'Ordre de Montesa. Au Portugal, les biens de l'ordre furent donnés à l'ordre du Christ, fondé pour l'occasion, et ses membres retrouvèrent leur premier nom de « chevaliers du Christ ».
Grands maîtres de l'ordre du Temple
- Hugues de Payns 1070–24 mai 1136
- Robert de Craon juin 1136–13 janvier 1147
- Évrard des Barrès 1147–1151
- Bernard de Tramelay 1151–1153
- André de Montbard 14 août 1153–17 janvier 1156
- Bertrand de Blanquefort 1156–2 janvier 1169
- Philippe de Milly 1169–3 avril 1171
- Eudes de Saint-Amand 1171–19 octobre 1179
- Arnaud de Toroge 1179–30 septembre 1184
- Gérard de Ridefort 1184–1er octobre 1189
- Robert de Sablé 1189–13 janvier 1193
- Gilbert Hérail 1193–20 décembre 1200
- Philippe du Plaissis 1201–12 novembre 1209
- Guillaume de Chartres 1210–26 août 1218
- Pierre de Montaigu 1219–1232
- Armand de Périgord 1232– 17 octobre ou 20 octobre 1244
- Guillaume de Sonnac 1245–3 juillet 1250 (Bataille de Mansourah)
- Richard de Bures 1244–1247 (?)
- Renaud de Vichiers 1250–19 janvier 1252
- Thomas Béraud 1252–25 mars 1273
- Guillaume de Beaujeu 13 mai 1273–18 mai 1291 (Saint-Jean-d'Acre)
- Thibaud Gaudin Août 1291–16 avril 1292
- Jacques de Molay Fin 1292–18 mars 1314
Voir aussi
- Liste des commanderies de Templiers
- la prison du Temple, à Paris
- Krak des Chevaliers
Bibliographie
- Alain Demurger, Vie et mort de l'ordre du Temple
- Georges Bordonove, La tragédie des Templiers
- Alain Demurger, Les Templiers. Une chevalerie chrétienne au Moyen Age, Le Seuil, 2005 (édition entièrement refondue de Vie et mort de l'ordre du Temple).
- Jean Richard, Histoire des croisades, Fayard, 1996.
Autour des Templiers
L'histoire des Templiers a été souvent utilisée dans la littérature :
- Les Rois maudits, de Maurice Druon (« le Roi de fer », 1970)
- Le Pendule de Foucault, de Umberto Eco (1988)
- The Da Vinci Code, de Dan Brown (2003)
- Les Chevaliers, de Juliette Benzoni (2002/2003)
L'existence d'un supposé trésor des Templiers a succité bon nombre de supputations :
- Il serait enfoui dans le château de Gisors en Normandie.
- Il serait en relation avec le mystère de Rennes-le-Château.
Les Templiers auraient vénéré une idole, le Baphomet qui serait le Saint-Suaire qu'ils auraient obtenu à Constantinople.
Les Templiers sont aussi la toile de fond d'un jeu d'aventure très instructif :
- Les Chevaliers de Baphomet, par Revolution Software sur Playstation et PC (1996)
