Opéra Garnier

Image manquante
Facade_opera_Garnier.jpg
Façade de l'Opéra

L'Opéra Garnier, ou Palais Garnier, est un des éléments structurants du paysage parisien, situé dans le IXe arrondissement de Paris. Occupant le bout de l'avenue de l'Opéra, il s'impose comme monument de l'architecture éclectique du XIXe siècle, dans la continuité de la reconstruction de Paris instaurée par Napoléon III et le Baron Haussmann.

Il a longtemps été appelé l'Opéra de Paris, mais depuis la construction de l'Opéra Bastille en 1989, il porte le nom de son architecte.

Sommaire

Historique

Le 29 décembre 1860, un concours est organisé pour la construction de ce qui deviendra le nouveau lieu culturel de la grande société parisienne. À travers ce concours, Napoléon III veut écarter Charles Rohault de Fleury, architecte en chef, donc logiquement destiné à réaliser l'opéra. En effet, l'empereur souhaite que ce soit Viollet-le-Duc qui prenne en charge la construction. Mais c'est finalement l'architecte Charles Garnier (1825-1898), grand Prix de Rome en 1848, qui est choisi. Son projet allie plusieurs styles harmonieusement agencés. Le jour de la présentation des plans, l'impératrice Eugénie, qui est aussi favorable à Viollet-le-Duc, déclare : « Qu'est-ce que c'est que ce style ? Ce n'est pas un style. Ce n'est pas du grec, ni du Louis XV, ni du Louis XVI ! » Ce à quoi Charles Garnier lui répond : « C'est le style Napoléon III, Madame. »

L'opéra Garnier est donc le prototype du style Second Empire, qui devient le style préféré de la bourgeoisie à la fin du XIXe siècle.

L'inauguration a lieu le 15 janvier 1875, après 15 ans de travaux. Son édification est interrompue par de nombreux incidents, notamment la guerre avec la Prusse, la chute du Second Empire et la Commune. Les travaux doivent aussi être stoppés par la rencontre d'une nappe phréatique sous le site, ce qui oblige à la construction d'une grande cuve en béton remplie d'eau soutenant la scène afin de résister à la pression des eaux d'infiltration. Cet incident est d'ailleurs évoqué dans Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux.

En mai 2004, le Grand Foyer retrouvera la splendeur de ses prestigieux décors imaginés par Charles Garnier et inaugurés pour la première fois en janvier 1875.

« ...et j’étais impatient de voir déjà ses longs rideaux d’or, moirés de veines légères, se draper dans leur plis somptueux et communiquer au foyer une splendeur de bon aloi... » — Charles Garnier

Le tapissier français Charles Jouffre s’est vu confier la restauration des grandes tentures et rideaux de ce chantier prestigieux dont le Grand Foyer de l’Opéra Garnier était privé depuis 70 ans, après le malheureux incendie de 1928.

Le bâtiment

Image manquante
Opera_house.jpg
L'escalier de l'opéra Garnier

Charles Garnier, qui aime faire de l'architecture d'apparat, souhaite ériger l'opéra en un monument éclectique, produit d'un architecte qui se veut artiste avant d'être technicien — tendance de l'époque. Il veut une façade qui puisse être un spectacle permanent pour les Parisiens.

L'opéra occupe une surface de 11 000 m² et une scène pouvant accueillir jusqu'à 450 artistes. Il étonne par la diversité des matériaux utilisés. Il possède une armature métallique, mode de construction en expansion dans le seconde moitié du XIXe siècle. Son architecture allie plusieurs styles, dont le principal est le style baroque, très en vogue dans les constructions théâtrales. Les sources d'inspirations sont le Grand Théâtre de Bordeaux et les palais baroques italiens.

S'il utilise le fer, comme le veut la tendance de l'époque, il ne s'en sert que comme un outil technique, et le cache avec des décorations de tradition très classique. D'ailleurs, il a affirmé penser à Michel-Ange en dessinant les plans de l'opéra.

Charles Garnier a tenu à superviser toute la conception du bâtiment, et a choisi lui-même les 73 sculpteurs — dont Jean-Baptiste Carpeaux qui fera scandale avec La Danse — et 14 peintres ainsi que les mosaïstes qui ont participé à la décoration.

Image manquante
Salle_Opera_Garnier.jpg
La salle de spectacle

La salle de spectacle est dans les tons rouge et or, et son plafond est peint par le peintre préféré de Napoléon III, Lenepveu. Ce dernier a été repeint par Marc Chagall en 1964, « imposé » par André Malraux, minstre de la culture à l'époque ; il évoque, entre autres, les grandes œuvres lyriques et chorégraphiques du répertoire. La salle en forme de fer à cheval — selon le modèle des théâtres italiens — est ornée d'un immense lustre de cristal pesant 6 tonnes. Elle compte 1 900 sièges recouverts de velours rouge.

Le grand escalier est non moins remarquable, puisqu'il est réalisé dans du marbre de différentes couleurs. L'escalier est à double révolution, et ses dix premières marches forment une cage d'escalier pompeuse.

À l'extérieur comme à l'intérieur, le jeu de la pierre blanche et des marbres colorés avec les bronzes dorés des statues souligne la majesté des proportions, et offre au spectateur une profusion de couleurs. Pour expliquer ce choix de diversité chromatique, l'architecte explique qu'il veut contre-balancer la tristesse de l'urbanisme haussmannien.

Aujourd'hui, l'opéra est principalement destiné aux représentations de ballets.

Voir aussi

Articles connexes

Image manquante
CommonsLogo.png


Wikimedia Commons possède des documents multimédia sur Opéra Garnier.

Lien externe


Image manquante
Wikimedal.png


Cet article a été défini comme article de qualité faisant honneur à l’encyclopédie Wikipédia libre, universelle et gratuite. Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion ainsi que celle de la liste des articles de qualité.


Image manquante
Effel_tower_logo.jpg


Portail de Paris - Accédez d'un seul coup d’œil à toute la série des articles de Wikipédia concernant Paris.

See also: Opéra Garnier