Ni putes ni soumises
Ni putes ni soumises est un mouvement féministe mixte français, fondé officiellement en 2003, qui en quelques mois a eu une audience importante auprès de l'opinion publique, des médias et des mouvements politiques.
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Objectifs
Ce mouvement lutte contre les violences faites aux femmes :
- viols collectifs ;
- pressions pour porter le voile ;
- pressions pour arrêter l'école ;
- pressions pour se marier tôt, sans pouvoir choisir son mari.
Les points clés de l'appel national de Ni putes ni soumises sur leur site web officiel[1] :
Assez de leçons de morale : notre condition s'est dégradée. Les médias, les politiques n'ont rien fait pour nous ou si peu. Assez de misérabilisme. Marre qu'on parle à notre place, qu'on nous traite avec mépris. Assez de justifications de notre oppression au nom du droit à la différence et du respect de ceux qui nous imposent de baisser la tête. Assez de silence, dans les débats publics, sur les violences, la précarité, les discriminations.
Action
Dans son action, le collectif Ni putes ni soumises a notamment mis en relief deux cas.
Le premier est celui de Samira Bellil, marraine du mouvement, qui a publié un livre appelé Dans l'enfer des tournantes, racontant sa vie en tant que fille soumise à la loi des cités, violée collectivement à plus d'une occasion, la première fois à l'âge de 13 ans. Effrayée à l'idée de dénoncer ses tortionnaires, elle a dû accepter d'être considérée comme un objet sexuel, aliénée et évitée par sa famille et certains de ses amis. Le deuxième cas était celui d'une jeune femme de 17 ans, Sohane Denziane, qui a été brûlée vivante à Vitry-sur-Seine par son ex-petit ami.
Ces deux cas ont servi de symboles aux membres de Ni putes ni soumises lors de leur Marche des femmes des quartiers contre les ghettos et pour l'égalité (marche en fait mixte) à travers la France à partir du 1er février 2003, qui les a portés dans plus de vingt villes et a abouti à une démonstration forte à Paris le 8 mars 2003 avec 30 000 personnes.
Créé officiellement après cette marche, le mouvement était porté auparvant par la Fédération nationales des Maisons des Potes, association proche de SOS Racisme, où dès 2001 s'était mis en place un travail sur les violences faites aux jeunes femmes. La présidente du mouvement est Fadela Amara.
Leur slogan accrocheur, voire provocateur, a donné lieu à controverse, notamment de la part de jeunes hommes de banlieue qui ont craint la stigmatisation.
Impact politique
Des représentants de Ni putes ni soumises ont été reçus par le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin après leur Marche. Leur message a été également incorporé aux célébrations officielles du 14 juillet 2003 à Paris, quand quatorze affiches géantes, chacune d'une femme moderne habillée comme Marianne, le symbole de la République française, ont été accrochées sur les colonnes du palais Bourbon, le siège de l'Assemblée nationale française.
Les cinq propositions suivantes ont été acceptées par le gouvernement français :
- la publication d'un guide éducatif du respect à distribuer dans les projets et les écoles,
- la fondation des maisons sûres loin des cités pour des filles et des femmes dans la détresse immédiate, où elles peuvent être en sécurité et regagner leur anonymat,
- la création de six emplacements pilotes où des femmes pourront être en mesure de faire entendre leur voix,
- l'organisation des conférences de formation pour que les femmes développent leurs forces particulières,
- dispositions spéciales prises dans des commissariats de police pour les filles et les femmes qui ont été les victimes de la violence.
Liens internes
Bibliographie
- Samira Bellil : Dans l'enfer des tournantes, Gallimard, 2003, ISBN 2070429903.
- Fadela Amara et Sylvia Zappi : Ni putes ni soumises, La Découverte, 2003, ISBN 2707141429.
- Loubna Méliane : Vivre libre, Oh! éditeur, 2004. Réédition Pocket, 2005.
