Négritude

Le terme est forgé en 1935 par Aimé Césaire dans le numéro 3 de la revue L'Étudiant noir. Il revendique l'identité noire et sa culture, d'abord face à une francité perçue comme oppressante et instrument de l'administration coloniale française (Discours contre le colonialisme, Cahier d'un retour au pays natal). Le concept est ensuite repris par Léopold Sédar Senghor, qui l'approfondit, opposant « la raison hellène » à l'« émotion noire ». Jean-Paul Sartre définit alors la négritude comme : « la négation de la négation de l'homme noir ».

D'après Senghor, la négritude est "l'ensemble des valeurs culturelles de l'Afrique noire". Pour Césaire, "ce mot désigne en premier lieu le rejet. Le rejet de l'assimilation culturelle; le rejet d'une certaine image du noir paisible, incapable de construire une civilisation. Le culturel prime sur le politique."

Par la suite, des écrivains noirs ou créoles comme Wole Soyinka ont critiqué ce concept, jugé trop réducteur. Césaire lui-même s'en est écarté, jugeant le terme presque raciste.

René Maran, auteur de Batouala, est généralement considéré comme un précurseur de la négritude.

Voir aussi

See also: Négritude, 1935, Aimé Césaire, Birago Diop, Jean-Paul Sartre, Léopold Sédar Senghor, Racisme, René Maran, Wole Soyinka, Léon Gontran Damas