Nazir
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Nazir, nazirat.
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Sémantique
Le verbe hébreu correspondant à cette racine est rzAnF (nâzar) qui, suivant le mode, signifie séparer (10 occurrences bibliques), ou consacrer, c'est-à dire séparer au profit de la divinité (12 occurrences). L'acteur de cette consécration est un nazir, en hébreu : 'ryzinF' : 'nâzi(y)r' ou 'rzinF' : 'nâzir' (16 occurrences]. Il semble qu'il y ait eu deux sortes de nazirs, ceux consacrés à Dieu dès (avant) la naissance comme Samson (Juges 13,6-24), et celles et ceux qui s'engagent volontairement dans le nazirat pour une période limitée qu'il ou elle a fixée en préalable (voir Deutéronome).
Textuel et praxis
Les Textes
- Le Deutéronome (ch. 6,1-21) précise la loi applicable aux nazirs 1. YHWH (« Je suis <-> Yâveh") dit à Moïse : « … 2 … Lorsqu’un homme ou une femme s’acquitte d’un vœu de nazir par lequel il s’est mis à part pour YHWH, 3 il s’abstiendra de vin et de boissons alcoolisées … il ne mangera ni raisins frais ni raisins secs. … ni même peaux de raisins… 5 … le rasoir ne passera pas sur sa tête ; … 6 Pendant tous les jours qu’il a mis à part pour YHWH, il ne s’approchera pas d’un mort ».
La praxis
- Au début de notre Ère, chez les Hébreux, ces prescriptions, bien que semblant peu suivies (numériquement parlant) sont toujours en vigueur et ceux qui les suivent, le font avec rigueur :
- « Si un homme ou une femme formule le voeu d'être nazir en l'honneur de l'Éternel, il s'abstiendra de vin et d'alcool, il ne boira non plus ni vinaigre ni vinaigre d'alcool... ».
- Dans toutes familles pieuses (et la plupart l’étaient) un des enfants devait être nazir. Était, Nazir, en général le premier enfant né (fille ou garçon). Il l’était pour une période, plus ou moins longue, à vrai dire tant qu’il n’avait pas révoqué ce vœu. Si l'ainé refusait ou ne pouvait, le suivant prenait la relève et ainsi de suite. Car ce voeu impliquait de nombreuses obligations : se vêtir de blanc, n’absorber ni vin, ni viande, ne pas porter de cuir, ne pas se couper cheveux et ongles, ne pas forniquer, ne pas commettre de violence en actes ou en paroles, etc. Cette prescription particulièrement contraignante pour des gens jeunes ou même d'âge mûr (surtout sur la durée), énoncée à Moïse, semble avoir régressé, au cours des siècles, au rang de simple coutume, plus ou moins délaissée au fil du temps (pour prendre un exemple, un peu comme aujourd'hui les processions religieuses).
Les nazirs célèbres
Les cas reconnus
Citons parmi beaucoup d’autres : Samson et Samuel.
Le cas de Jésus : était- il nazir ?
La question, déjà posée par plusieurs auteurs, est alors de savoir si Jésus, qui répond à plusieurs des aspects de cette définition, était un nazir- volontaire ou consacré- reste toujours, depuis sa formulation, très controversée.
Arguments contre
Même si aucune description ne nous dit qu'il avait les cheveux longs, cette hypothèse semble improbable, car on lui reproche de passer son temps à table avec ses disciples, on dit même qu'il a transformé de l'eau en ce vin interdit, et s’il s'approche parfois de morts, c’est pour les remettre en vie. Cela l'éloigne des conditions de vie prescrites au nazir (voir à ce sujet le site de Jean-luc Dupaigne).
Arguments pour
Jésus était bien nazir. Pour les tenants de cette thèse (Ambelain et Gérard), les auteurs grecs puis romains auraient faits un terrible contresens. Jésus dit « le nazaréen » serait en fait « naziréen » et donc le plus illustre des nazirs. Rappelons que dans l'hébreux classique, non vocalisé, les voyelles sont représentées, au mieux, par de simples points. Un de ces points pouvant donc "être traduit par a, e, i, o, u ... Ainsi la controverse sur le nom Y.H.V.H que certains traduisent par YaHVéH et d'autres par JéHoVaH... Et pour N.Z.R, ce nom qualificatif, ne viendrait pas de la ville de Nazareth parce que d’une part, la ville n'existait pas à l'époque romaine et que dautre part, il serait absurde que Jésus de sang royal soit originaire d’un simple lieu-dit ! Mais, ce nom viendrait plutôt comme dit ci- dessus, du mot Nazir qui veut dire personne pieuse ayant prononcé les voeux de nazirat. Le Nazirat à cette époque connaissait un regain de faveur et il y aurait eu en Israël des groupes de naziréens. Le chef, (le meneur) de l’un de ces groupes ne serait autre que Jésus. Mais alors, si Jésus, Iesous en latin et Yeshouah (le Sauveur) en hébreu n’est pas de Nazareth, d’où est-il ? Et pourquoi cacher son nom véritable et se revendiquer, avec acharnement, comme “le fils du Père ”. Pourquoi Jésus ne donne-t-il pas le nom de son père? Ce qui était une obligation dans l’Orient ancien. L’explication la plus simplement, est que Yeshouah serait un nom de clandestinité comme tant de résistants, de tout bords, en ont pris à toutes les époques. Jésus faisait de la résistance comme son père dont il se réclame, et révéler le nom de celui-ci était exposer toute sa parenté à de terribles représailles. Pour l’exemple, citons très près de nous Chaban, Leclerc ou Rol qui ont fini par être de véritables noms de famille (Chaban- Delmas, Leclerc de Hautecloque ou Rol- Tanguy). Pourtant, à cette époque, une personne dont on ne connaissait pas les ascendants courrait de gros risques : forcément suspecte, elle ne pouvait faire partie d’aucune communauté et ainsi bénéficier de sa protection. En fait, c’était tout simplement impensable et seul l’occupant romain pouvait s’y laisser prendre ! Ainsi Jésus serait né de père inconnu sinon il aurait rajouté un nom mais à cette époque, les enfants nés de père inconnu étaient une infime exception. D’après la Loi juive, les femmes adultères terminaient souvent lapidées et même le viol d'une femme en ville impliquait sa mort parce qu'en ville elle aurait dû crier pour se délivrer de son agresseur…
Autres arguments
Par contre le sens large de mis à part convient bien à cet homme jugé extraordinaire disciples et ennemis. Aussi le qualificatif nazôréen donné à Jésus pourrait ne pas signifier son origine géographique, mais une orientation théologique.
Essai de conlusion
Apparemment, les données actuelle de la Connaissance (historique, linguistique, religieuse, scientifique...) ne nous permettent pas encore de trancher à ce sujet qui nécessite donc, encore, de plus amples recherches.
Sources
Bibliographie
- Dictionnaire de la Bible de André Marie Gérard
- Les lourds secrets de Golgotha de Robert Ambelain.
Sources internet
- Israelhelp (textes bibliques) : <http://www.israhelp.com/pages.php?numero=613&cadre=1>
- Lexique biblique : <http://jean-luc.dupaigne.name/fr/chr/etymologie.html>
